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Critique


De AlHolg, le 12 juin à 07:00

"Ils auraient pu sauver leur vie s'ils s'étaient occupés de leurs affaires."

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Présentée sous le titre Antefatto(1) en ouverture et en compétition de la 4e Semaine internationale du film fantastique et de terreur de Sitges(2), cette dernière production dans laquelle Mario Bava apparaît au générique en tant que chef opérateur est restée dans les annales comme le film préféré du cinéaste. Mais aussi et surtout comme le précurseur du slasher, un sous-genre abondamment éclaboussé à sa suite notamment par Black Christmas, The Texas Chain Saw Massacre, ou les franchises Halloween et Friday the 13th. Tourné en janvier-février 1971 à Sabaudia, paisible localité balnéaire située sur le littoral méditerranéen du centre de l'Italie(3), Reazione a catena succède au Il rosso segno della follia(4) où l'ancienne chanteuse Laura Betti, découverte chez Fellini et proche de Pasolini, tenait également un second rôle d'occultiste frustrée.
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Une femme infirme est assassinée dans sa luxueuse maison, pendue par son propre époux qui dissimule son crime en suicide. Le meurtrier est lui-même bientôt mortellement poignardé et son cadavre est emmené par son tueur inconnu. L'exécution de la première victime, la comtesse Federica Donati propriétaire de la baie sur laquelle sont construites un petit nombre de résidences, est-elle liée au projet de promotion immobilière caressé par l'affairiste Frank Ventura ? Et quel rôle éventuel aurait pu y jouer son disparu mari Filippo ? Peu après, quatre jeunes touristes en salace escale dans la baie sont sauvagement trucidés à l'arme blanche.
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Des multiples appellations(5) qui l'on successivement affublé, l'originelle (trad. : réaction en chaîne) est probablement la plus représentative de la logique mécanique du scénario co-écrit par Dardano Sacchetti(6). Un concept itératif inauguré six ans plus tôt par Mario Bava avec Sei donne per l'assassino. Chacun des treize meurtres ne trouvant ici sa justification que dans les précédents (antefatto), avec une évidente et délibérée absence de rationalité globale. Reazione a catena peut ainsi être considéré comme un exercice de style, sorte de petit traité d'entomologie, le dévorant passe-temps de Paolo Fossati, appliqué à l'insecte ("coupé") humain. Le film doit donc davantage sa notoriété à ses caractères historiques et expérimentaux ainsi qu'à la présence de Claudine 'Domino' Auger, du léonien Luigi Pistilli et de la Milanaise Isa Miranda dans l'une de ses dernières apparitions au cinéma.

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1. l'une des nombreuses dénominations, parmi lesquelles "The Last House on the Left Part II" (sic !), qu'a connu le film au cours de son exploitation en salles et en vidéo. Une caractéristique d'ailleurs très bavienne.
2. où Carlo Rambaldi fut récompensé pour ses effets spéciaux.
3. le réalisateur et son producteur y possédaient chacun une résidence secondaire utilisée comme plateau et décor du tournage.
4. rebaptisé a posteriori, de façon absurde, "La Baie sanglante 2".
5. "Ecologia del delitto" ne manque pas d'une saveur très actuelle !
6. futur collaborateur du Romain Lucio Fulci et qui venait de signer celui d'Il gatto a nove code de Dario Argento.


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Cadavres exquis


De verdun, le 5 novembre 2006 à 18:03
Note du film : 4/6

La baie sanglante est en effet une grande farce macabre de Mario Bava . De nombreux idées du film furent par la suite pillées sans vergogne, notamment cette scène incroyable où un couple en train de faire l'amour se fait empaler par une sagaie.

Ce jeu de massacre réjouissant est transcendé par la mise en scène du maître.

Néanmoins, si l'aspect "années 70" du film est passionnant, s'il s'agit d'une oeuvre-phare d'un des plus grands du cinéma d'épouvante, j'avoue préférer sa période gothique et baroque .Avec bien sûr Le masque du démon, mais surtout des films en couleur où le cinéaste déploie son goût pour la démsure et les nuances chromatiques:

Les trois visages de la peur, Le corps et le fouet et surtout le fondamental Six femmes pour l'assassin, acte de naissance d'un genre à part entière, le "giallo".


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De Impétueux, le 5 novembre 2006 à 16:18
Note du film : 4/6

Si j'ai bien compté, il y a, durant les 90 minutes de ce film, pas moins de douze assassinats, ce qui nous place dans une honnête moyenne, d'autant qu'à part deux d'entre eux, les meurtres ne sont pas "collectifs", si je puis dire, mais ont tous leur individualité et - on peut l'écrire ! - leur charme particulier.

Je note qu'un des seuls qui fait exception ne manque d'ailleurs pas de ce charme baroque, puisqu'il concerne deux amants en train de prendre du bon temps, simultanément transpercés par une sagaie sur le lit de leurs ébats, tels de singuliers insectes par un savant entomologiste !

Cela dit, si l'intrigue est niaise - une absurde histoire de spéculation immobilière - la mise en scène très rythmée de Mario Bava est excellente et son sens de l'esthétique horrifique sait en mettre plein les yeux : on n'oublie pas si facilement que ça l'image du cadavre qui sort de l'eau le visage recouvert d'une pieuvre gluante...

Chose que j'avais remarquée, lors de mes premières visions, il y a trente-cinq ans, et qui m'étonne encore aujourd'hui : la baie, objet de toutes les convoitises, loin d'être un de ces petits paradis que recèlent les côtes italiennes, est plutôt médiocre et crasseuse, sans charme aucun, pleine de souches pourries et de fourrés maigrelets. Il est vrai que l'histoire se passe au début du printemps, avant la reprise de la végétation, sous un soleil qui devient rapidement bas ; comme dans Le projet Blair witch - qui se déroule, je pense, à la fin de l'automne, ces lumières rases sont plutôt propices à l'installation d'un malaise diffus.

L'état d'esprit - jeunes fous, liberté sexuelle, fumettes diverses - est très caractéristique des années Soixante-dix et on ricanera bien aussi devant les pattes d'eph des pantalons, les vestes afghanes et tout le toutim ; ce qui rend d'autant plus heureusement glaçante l'image de la serpe qui fend brusquement en deux un visage.

On l'aura compris, c'est un film à ne pas réserver aux âmes sensibles, mais à ceux qui ont eu la belle révélation de la frimousse clouée de Barbara Steele dans l'immortel Masque du démon du même Bava.


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"La baie sanglante" de Mario Bava


De Squelette, le 13 février 2005 à 17:00

Trop bien ce film. Vu à sa sortie en 1971 ou 72 à Paris. Vu au moins cent fois dans les salles de cinéma, visionné des centaines de fois en VHS, beaucoup plus encore en DVD. Ne cherchez pas le dingue qui aime ce film, c'est MOI ! LOL !

Squelette,

PARIS XIII


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