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Trompe-couillon assez intéressant


De Arca1943, le 4 août 2008 à 23:44

Je suis fort étonné de la prestigieuse distribution de cette série Z. Ça me fait de la peine surtout pour Akim Tamiroff. Mais bon, il se faisait vieux, peut-être que sa vue baissait et qu'il n'a pas bien lu le contrat…


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De Impétueux, le 1er août 2008 à 17:49
Note du film : 2/6

Poursuivant ma razzia de DVD à moins de 1 euro, et gardant, somme toute, un bon souvenir des Nuits de Dracula du prolifique Jesus Franco, je me suis passé ces Deux beautés, intitulées aussi Justine de Sade.

Qu'on n'aille pas croire que je m'attendais à quelque chose d'aussi brûlant et obsédant que Salo, sous le prétexte que le Marquis de Sade était l'inspirateur des deux ouvrages : je ne mélange pas les torchons et les serviettes et, si je ne porte pas Pasolini au pinacle, il ne me viendrait pas à l'idée de le faire jouer dans la même division que Franco, matois maître de série Z, spécialisé dans le mixage malhonnête d'épouvante et de porno-soft (enfin…pas toujours soft, nous dit Imdb… ça dépend des pseudonymes que le lascar emploie…)

Mais m'attirait une distribution où se côtoyaient Klaus Kinski, Howard Vernon, Akim Tamiroff, Jack Palance, Horst Frank, Sylva Koscina et Romina Power, fille du grand Tyrone, en blanche vedette innocente… Je sais bien que les messieurs susnommés ne sont pas réputés pour avoir toujours mené leur carrière avec discernement, mais enfin, faut reconnaître que ça en jetait, non ?

On connaît le sujet des deux ouvrages du Marquis (que je me refuse naturellement à qualifier de Divin !), Justine, ou les infortunes de la Vertu et Juliette, ou les prospérités du Vice, qui dépeignent deux sœurs orphelines dont l'une, la blanche Juliette, parangon de pureté, tombe dans les pires situations, et l'autre, Juliette, diable noir de luxure, bénéficie de tous les bonheurs… C'est foisonnant, interminable, ennuyeux comme tout, dans la veine des récits picaresques qui ont fait florès tout au long du 18ème siècle…

L'adaptation de Franco est très libre, à défaut d'être très libertine ; naturellement, ce n'est pas maîtrisé, ça part dans tous les sens, les acteurs (à l'exception, peut-être de Jack Palance, à la physionomie toujours inquiétante) jouent n'importe comment, notamment Kinski, qui interprète Sade enfermé à la Bastille, qui roule des yeux furibards (quoique éteints) et prend des poses avantageuses en faisant mine de se rappeler tortures et orgies (bien modestement représentées, les unes et les autres) organisées, ou épiées par lui…

Et pourtant ce n'est pas un film détestable, ni même ennuyeux : si Jésus Franco a tous les tics des années Soixante-Dix dans sa façon de filmer (abus des travellings, cadrages osés, couleurs violentes, contrastées, intervenant sans raison), il a eu, pour un film de ce style mineur, un budget suffisant et il a le sens et le goût des décors (chose déjà remarquée dans Les nuits de Dracula) ; ainsi le phalanstère maléfique où sont réunis quatre moines abjects de vice (dont Vernon et Palance) évoque-t-il les architectures étranges, codées, maçonniques de Claude-Nicolas Ledoux (Salines d'Arc-et-Sénans, pavillons d'octroi de Paris) tout autant que les fulgurances du barcelonais Gaudi. Et il y a des moments assez bien composés, des scènes rythmées, qui tiennent le choc…

Cela dit, il faudra un jour se demander à quoi tient la place immense de Sade dans l'imaginaire européen moderne : la recension bien ennuyeuse et millimétriquement décrite de tout ce que peut faire une accumulation de corps, dans la volupté ou dans la torture, ne me paraît pas si éclatante que, deux siècles et plus après, on le tienne sur une étagère aussi haute, fût-elle maléfique et dissimulée…


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