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Le Paris populaire de 1930, selon René Clair


De vincentp, le 12 juillet 2015 à 19:55
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Une œuvre découverte aujourd’hui sur grand écran dans le cadre du ciné-club de Claude-Jean Philippe, au cinéma l’Arlequin à Paris. 14 juillet est une évocation en 1932 par le cinéaste René Clair du Paris populaire de l’époque, croisant dans son environnement urbain des bourgeois et des aristocrates. Tout a été tourné en studio, dans des décors réalistes signés Lazare Meerson. Appartements modestes, boutiques pittoresques, ruelles en escaliers, dancing bourgeois, tout est construit à merveille pour accueillir des figures emblématiques de l’époque : chauffeurs de taxis râleurs, vendeuses de fleur à l’accent parisien, enfants espiègles voletant dans tous les sens, aristocrates paumés ou déphasés… La musique –omniprésente- des bals populaires (l’intrigue se situe la veille et le jour du 14 juillet) rythme les confrontations entre hommes et femmes, générations et classes sociales. On pense au futur French Cancan de Jean Renoir par moments. Le chœur introductif et conclusif de ce 14 juillet milite sans aucun doute pour une société plus solidaire, respectueuse des activités et des valeurs des classes populaires.

Un ton léger, des saynètes empruntées à l’époque du muet, construisent un récit qui vise à divertir et à faire réfléchir un large public. La mise en scène de René Clair est moderne et brillante. Des séquences magnifiques situées à mi longueur portent un affrontement entre les deux femmes rivales et l’homme de leur convoitise. Clair suit le cheminement physique de Annabella d’un immeuble à l’autre, croisant sa rivale, réfléchissant au sort funeste qui l’attend (sa mère meurt au même moment). Les plans employés traduisent ses pensées, émotions et sentiments, qui deviennent par la magie de la mise en scène des émotions de spectateurs. Sublime ! Autre séquence ultra-réussie : un panoramique latéral qui suit le déplacement de la femme fatale, puis s’arrête (le personnage est alors hors-champ) puis reprend pour achever sa course sur la vision de ce personnage dans les bras du truand. René Clair sollicite l’imaginaire du spectateur, crée un effet d’attente, une tension dramatique. La fin heureuse du récit (homme et femme enlacés) évoque la conclusion de La piste des géants réalisé par Raoul Walsh en 1930, et suggère que le meilleur est à venir pour la société française.


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