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Vivement un DVD de "La métamorphose"


De spontex, le 2 février 2013 à 11:22

Il est disponible depuis décembre, chez l'éditeur INA.


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De cthieb, le 20 septembre 2008 à 18:13

Il faudrait vraiment que le téléfilm "La métamorphose" soit édité en DVD, il y a de la demande parmi les enseignants de lycée, à cause de la qualité propre du film, et pour une raison bien précise : parce que c'est une illustration exemplaire de ce qu'on appelle l'instance narrative.

Je m'explique. Dans l'adaptation de Jean-Daniel Verhaeghe, le monde est vu par les yeux de Gregor Samsa, quand il est au plafond et voit le monde à l'envers, nous le voyons aussi à l'envers (en fait, il n'y a ni envers, ni endroit, c'est nous qui voyons comme çi et lui comme ça). Gregor comprend le monde comme il peut, de moins en moins bien parce qu'il est de plus en plus malade (il a une pomme fichée dans sa chair, lancée par son père, et pourrit). Rien d'étonnant à ce que le monde lui semble de plus en plus absurde mais le monde est ce qu'il est. Kafka ne délivre aucun message à ce sujet, n'en déplaise à Camus et aux aux existentialistes qui l'ont cru et répété.

Ce faisant, JDV est parfaitement fidèle à Kafka. Car Kafka ne voulait pas que l'illustrateur de sa nouvelle montre Gregor : JDV ne le montre jamais non plus. Son adaptation illustre parfaitement que "La métamorphose" est un récit faussement objectif. Cette nouvelle est certes écrite à la 3e personne mais le récit est aussi subjectif que l'est "Le verdict", composé juste avant. Sauf que quand le héros du "Verdict" saute du pont dans le fleuve, on entend ses dernières paroles puis plus rien, normal, le héros est mort, fin de la nouvelle. Kafka avait toutes les raisons d'être content du "Verdict", et d'être sévère pour "La métamorhose" justement parce que, quand Gregor Samsa est mort, le récit continue (la vie reprend, la famille resppire mieux).

En classe, l'adaptation de JDV aiderait à identifier ce type d'instance narrative équivoque, ce qui peut servir le lecteur-spectateur de n'importe quel roman, ou de film, ou de tout ce qu'on voudra, mais spécialement, c'est une très bonne introduction à l'originalité de Kafka romancier, qui avait écrit d'abord tout le début de son roman "Le Château" à la première personne avant de le réécrire à la 1e. Quant au "Procès", on connaît l'adaptation d'Orson Wells, rien à redire, sauf que la différence est totale entre voir Anthony Perkins sous l'objectif (!) de la caméra et voir le monde par ses yeux à lui.

Tout ça pour dire : svp, messieurs et dames de la Production, vous pourriez mettre à notre disposition le DVD de "La métamorphose" dont vous nous privez depuis tant d'années ? (confidence : heureusement que j'avais branché le magnétoscope quand la télévision l'a programmé…).


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