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Enormément vieilli, mais des aspects intéressants


De Impétueux, le 16 juin 2013 à 22:42
Note du film : 4/6

J'ai été naguère tellement déçu par la vacuité scénaristique de ce qu'il est convenu d’appeler les chefs-d’œuvre de Michael Powell, bizarres, baroques, loufoques même presque quelquefois, que Quarante-neuvième parallèle m'a à peu près intéressé. Et qu'en tout cas ce film de propagande belliciste, film de commande et de pédagogie anti-hitlérienne, m'a paru assez typique du cinéma anglais de l'époque.

Pourtant l'invraisemblance de l'histoire – un commando allemand qui se faufile dans le Canada de 1941 en répandant sur son passage la mort et le sang – devrait prévenir défavorablement ; et le caractère caricatural des péripéties de ce périple est plus risible que convaincant. Mais l'excellente idée réside, comme Bertrand Tavernier le note dans la présentation du film, dans la focalisation faite sur le groupe de nazis représentés comme des gibiers : de ce fait, et malgré leur ignominie, ils parviennent à retenir sinon l'empathie, du moins l'attention : habile procédé qui permet de ne pas tomber dans le facile hallali de la chasse à l'homme.

Même filmés en noir et blanc, les vastes paysages du Canada permettent de présenter de bien belles images, comme les seyants uniformes de la Police montée ; et on n'est pas mécontent, non plus, de constater que l'Amérique du Nord ne se résume pas aux États-Unis, dont la frontière avec le Canada se situe, précisément sur le 49ème parallèle.

Quelques acteurs de grande qualité, notamment Leslie Howard : le doux Ashley Wilkes de Autant en emporte le vent interprète là un écrivain spirituel et accueillant, un amateur d'art qui sera rendu furieux par la destruction par les Boches de ses toiles de Picasso et de Matisse et d'un livre de Thomas Mann ; Anton Walbrook en guide spirituel d'une communauté hutterienne, une de ces sectes anabaptistes bizarres et antimodernes (un peu semblable aux Amish de Witness) ; en revanche je n'ai pas trouvé Laurence Olivier très bon : il joue le rôle d'un trappeur québécois et son jeu, comme celui de la plupart des grands acteurs de théâtre, est assez outré…

Cela étant, la fin du film est assez amusante, le Nazi survivant berné par de braves employés des Douanes et la morale sauve. Mais c'est exactement le genre de film de propagande dont on ne parlerait plus une seconde s'il n'avait été réalisé par un cinéaste qui bénéficie aujourd'hui d'un grand succès d'estime. J'ai fini de regarder le coffret que j'ai hérité. Je crois que quatre films de Powell m'auront largement suffi à me faire une opinion.


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De vincentp, le 10 août 2010 à 09:51
Note du film : 3/6

Allons donc, Papa ! Soyez beau joueur, vous le supporter de Duvivier et de Autant-Lara, et autres oeuvrettes oubliées du cinéma français d'après-guerre (type Le congrès des belles-mères) ! Le saut en parachute que je vous vois effectuer sur le fil de Les chaussons rouges est bien sûr celui de Un de nos avions n'est pas rentré. Tous les cinéphiles l'auront compris !

Voici ce que précise le site dvdclassik.com à propos de 49° parallèle. On ne peut être plus clair. Ce film a marqué son époque, mais aujourd'hui est dépassé par bien d'autres oeuvres de Powell-Pressburger.

''Le tournage démarre en 1941 au Canada où la majorité des prises de vues sont faites en décor naturel. Le film sort le 24 novembre 1941 sur les écrans britanniques et remporte un vif succès populaire en se classant deuxième au box-office annuel (derrière Le Dictateur de Charles Chaplin). Deux semaines plus tard, les USA sont attaqués par l'aviation nippone à Pearl Harbor précipitant ainsi leur entrée en guerre. Les vœux d'internationalisation du conflit émis par Powell et Churchill sont donc réalisés avant même que le film ne sorte outre-Atlantique ! Quelques mois plus tard (le 15 avril 1942), le film est distribué sur les terres de l'Oncle Sam où il attire les foules et obtient la statuette du Meilleur Scénario lors de la cérémonie des Oscars 1943.

Au regard de son histoire, 49ème Parallèle a indiscutablement marqué son époque. Néanmoins, rares sont les cinéphiles citant cette oeuvre de la filmographie de Michael Powell et Emeric Pressburger. On lui préfère évidemment le carré Narcisse Noir / Chaussons rouges / Colonel Blimp / Une question de vie ou de mort. Pourtant, si par son caractère propagandiste 49ème Parallèle ne se hisse pas au niveau de ces chefs-d'œuvre incontournables, il présente de nombreuses qualités parmi lesquelles un scénario d'une originalité remarquable, une galerie de comédiens merveilleuse et une mise en scène inspirée.''


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