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L'ambiguïté de Clift


De DelaNuit, le 4 février 2013 à 18:04
Note du film : 6/6

J'ai adoré cet Hitchcock méconnu qui nous plonge dans l'atmosphère de Québec dans les années 50. Les lieux sont comme d'habitude utilisés pour créer une atmosphère d'inquiétude et de suspense : remparts, ruelles, églises…

Montgomery Clift est parfait avec son visage lisse, son regard clair, ses gestes mesurés, pour incarner ce prêtre accusé à tort, refusant de rompre le secret de la confession pour s'innocenter. Une image symbolique le montre marchant dans les rues de Québec sous le poids de son cas de conscience tandis qu'en parallèle au premier plan, une sculpture montre le Christ encadré de soldats romains, portant sa croix…

Monty avait passé du temps auprès de prêtres québécois, dont un en particulier qui était son ami et le resta jusqu'à sa mort, afin de se familiariser avec leur univers et leur gestuelle. Difficile en voyant le film d'imaginer qu'une fois retiré la soutane du rôle, il trainait dans les bars interlopes et s'y faisait amocher par des matelots que sa séduction laissait visiblement insensibles, ce qui obligeait le lendemain Hitchcock à bien choisir les angles de vue pour éviter les parties du visage tuméfiées…

Curieusement, il semble que Hitchcock, dont les colères et vexations d'acteurs sur les plateaux sont fameuses, ne lui en tenait pas rigueur, estimant peut-être que le jeune homme se débattait avec des démons intérieurs amplement suffisants…

On a aussi raconté que Hitchcock, fasciné non seulement par les perversions et cruautés en tous genre mais d'une façon générale pour les originalités de la nature humaine, était fasciné par le thème de l'homosexualité, qu'il traita ouvertement dans La corde, et de manière plus subliminale dans L'inconnu du Nord-express. Observer Monty Clift pendant le tournage, sa sensibilité, ses paradoxes, son ambiguïté, ses souffrances lui était un spectacle permanent nourrissant son voyeurisme et sa propre curiosité.

La belle et talentueuse Anne Baxter, dont il s'agit d'un des meilleurs films, ne bénéficia pas du même traitement. Arrivée en retard et éméchée sur le plateau un matin, elle se prit une tornade d'injures bien pire que la tempête du film qui l'oblige à s'abriter avec Monty dans le pavillon de jardin d'une propriété de campagne. Hitchcock la menaça même de la remplacer et de retourner avec une autre tout ce qui avait déjà été mis en boîte.

Ainsi la perversité du Maître s'exprimait-elle différemment selon les acteurs qu'il dirigeait. Peut-être n'est-ce pas pour rien dans l'atmosphère inquiétante de ses films, qui continue de nous interpeller 60 ans plus tard…


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De Arca1943, le 1er mars 2006 à 01:16
Note du film : 4/6

Pour ma part, je n'ai pas accroché autant que vous à ce film néanmoins excellent. Je l'ai regardé par curiosité : étant donné qu'il était assez curieux que Hitchcock décide de venir tourner ce film à Québec. Mais c'est logique : il avait besoin d'un milieu à prédominance catholique pour que l'histoire se tienne. En tout cas ça faisait drôle de voir un grand comédien comme Gilles Pelletier – plus connu au théâtre – pointer sa binette dans un Hitchcock pour un tout petit rôle, celui du frère Benoît.

En revanche, si vous êtes un fan, je me permets de vous suggérer Le Confessionnal, de Robert Lepage dont l'intrigue à tiroirs se déroule à Québec pendant le tournage de I Confess. (D'ailleurs, les deux films ont une comédienne en commun, Renée Hudon).


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