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Le premier film français de Fuller: une curiosité

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De verdun, le 13 avril à 10:59
Note du film : 3/6

Après l'accueil exécrable fait au pourtant génial Dressé pour tuer, Samuel Fuller s'est exilé en France en 1983 pour y tourner Les voleurs de la nuit. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce film n'a pas laissé un grand souvenir, objet de quelques critiques assassines et jamais édité en DVD ou blu-ray. Le second film français de Fuller, Sans espoir de retour a une réputation tout aussi mauvaise, mais à été diffusé sur le petit écran et en vidéo.

Force est de constater que Les voleurs de la nuit frôle le nanar. D'une part le scénario est totalement extravagant: ainsi les jeunes Bonnie et Clyde du titre sont des chômeurs qui se vengent des humiliations subies par le personnel de l'ANPE, décrit ici comme dictatorial et se faisant une fortune sur le dos des désoeuvrés. Le mélange des genres est assez perturbant: comédie, polar, chronique sociale (les tirades sur la fin des commerces sont prémonitoire à l'heure d'internet) se mêlent de façon hasardeuse jusqu'à une fin mélodramatique dont on peu aussi saluer le romantisme.

D'autre part, l'interprétation est complètement foutraque, desservie par une postsynchronisation hasardeuse. Dans le rôle principal l'Américain Bobby Di Cicco, déjà vu dans The big red one est transparent. Pourquoi ne pas être allé chercher un Gérard Lanvin ? En revanche, Véronique Jannot est loin de démériter. Victor Lanoux en commissaire de police, Andreas Voutsinas en oncle protecteur et Marthe Villalonga, déjà vue elle aussi dans The big red one en concierge sont également irréprochables. En revanche Claude Chabrol est grotesque en conseiller ANPE libidineux et les caméos de Stéphane Audran (en poissonière) ou de Fuller lui-même sont plus étranges que convaincants. Ces deux aspects peu réussis montre la difficulté de l'Américain Fuller a s'acclimater à la France des années 80 et à son cinéma.

Pourtant Les voleurs de la nuit n'est pas dénué de qualités formelles. On reconnaît le style baroque de Fuller, ses cadrages originaux, son énergie (on ne s'ennuie guère) communicative. Le regard porté sur les marginaux est empreint de tendresse. La photo de Philippe Rousselot peut être salué, comme la musique de Ennio Morricone, toujours apte à transcender les images. Ici elle est plus en phase avec le sujet que prévu car le jeune chômeur rêve d'être un violoncelliste de renom.

Les voleurs de la nuit est donc un film bancal où se côtoient le ridicule des situations et le génie de son réalisateur. C'est un film malade mais c'est un Fuller quand même. A ce titre il doit être disponible en dvd/blu-ray.


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