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Le plus beau des films de guerre


De vincentp, le 31 janvier 2016 à 10:24
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Tout à fait d'accord avec "50 ans du cinéma américain" à propos de Ford : "nos préférences vont au Ford flâneur, dégagé de l'emprise d'une intrigue ou d'un principe dramatique. Ce cinéma qui prend son temps et semble s'inventer sous nos yeux, abolit cette fameuses construction en actes, credo hollywoodien, au profit d'un récit large, majestueux, tourmenté et paresseux comme le cours d'un fleuve. Cette ampleur intimiste porte littéralement Young Mr. Lincoln, They Were Expendable The Sun Shines Bright, The Searchers, tous ces films qui vont de la mélancolie au tragique, qui décrivent la naissance d'une conscience, son adolescence, sa vieillesse, sa révolte, où à travers le moindre plan rapproché on sent battre le cœur d'un pays."


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De vincentp, le 28 janvier 2016 à 22:40
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Un John Ford peu connu, et pourtant remarquable ! C'est le descriptif de tout un monde, celui des soldats américains engagés dans le Pacifique en 1941 face à un ennemi japonais, redoutable et déterminé, dont on n'aperçoit que les bateaux ou les avions de guerre. Ford déploie son style habituel, croise le pittoresque, le drame et la comédie. Les déplacements au ralenti de personnages proches les uns des autres, accompagnés par une douce musique (dans le bar, lors d'une séquence ultime) créent de l'émotion. Ozu emploie également une technique similaire dans certains de ses films comme Printemps tardif. Des plans judicieux (caméras immergées, plans courts, angles obliques) créent réalisme, dynamisme, bâtissent une oeuvre basée sur une action de groupe soudé. Une caractéristique de They were expendable est cette étrange impression de relâchement, de baisse de tension dramatique. De mon point de vue, un choix du réalisateur pour intégrer une touche onirique à l'ensemble (les personnages semblent par moments regarder devant eux vers un horizon infini).

Que penser de l'interprétation du trio Robert Montgomery, Donna Reed, John Wayne ? Montgomery est pour moi une révélation : sourire aux lèvres, sûr de lui, officier né, il traverse les 125 minutes de cette oeuvre avec un charisme impressionnant. Au cours de la seconde guerre, l'acteur a été visiblement un soldat de valeur. On veut bien le croire ! Donna Reed compose un des personnages féminins les plus marquants de l'oeuvre de Ford, voire du cinéma américain. Elle incarne l'infirmière parfaite et la compagne idéale… Chacune des séquences qui la met en scène est mémorable. Quelle direction d'acteur ! Wayne joue de façon sobre, juste, et trouve là un des meilleurs rôles de sa longue carrière, employant les expressions de son répertoire d'acteur (le personnage bougon avec les femmes, le dur-à-cuire machoires serrées dans les situations difficiles). Evidemment, l'un des tous meilleurs acteurs vus au cinéma. Le scénario de Les sacrifiés n'est peut-être pas complètement parfait mais déroule de façon superbe péripéties et idées au service de la démocratie, et de la liberté.


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