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Voici les derniers messages de ce forum :

Légèrement écoeurant


De fretyl, le 9 janvier à 22:12
Note du film : 3/6

Impétueux à tout dit !

Ce Zombie qui m'avait considérablement marqué dans la collection VHS René Château ( les films que vous ne verrez jamais à la télévision) vers 14 ans m'a paru presque vingt ans plus tard un peu fourre tout.

Les effets spéciaux : le sang qui n'est rien d'autre que de la peinture sortie de Monsieur Bricolage… Les os récupérés chez le boucher/Charcutier de Romero peuvent aujourd'hui faire plus ricaner le spectateur que donner la nausée.

Pourtant voir ce film en pleine crise sanitaire et juste après une actualité Américaine chargée ne peut à l'heure actuelle laisser indifférent.

Si la caricature de la société de consommation peut paraître sommaire et très années 70. Il faut reconnaître un aspect visionnaire au film. Le débat houleux sur les chaînes de télévision au début du film ne sont pas si éloignés de notre actualité présente.

Romero visionnaire ? Romero complotiste ?

Adroit en tout cas. Le final avec les Bikers est un pur moment d' etriperie et l'efficacité y est.

En attendant je rêve toujours de voir La nuit des fous vivants mystérieusement méconnu.

On pourra regretter que Zombie qui a été plagié un nombre incalculable de fois ait également perdu son effet surprise.

Mais pour un cinéphile débutant qu'est ce que ça pouvait être bien il y'a encore peu !!!


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De Impétueux, le 11 janvier 2013 à 19:24
Note du film : 3/6

Autant le dire d'emblée, le Zombie n'occupe pas, dans mon bestiaire des créatures horrifiques, une place éminente et passe bien après les suppôts de Satan, les vampires, les maniaques sanguinaires et même les loups-garous. Leur côté pauvres victimes innocentes d'un Mal qui leur est tombé dessus comme la misère sur le pauvre monde m'agace même assez. Mais ils font indéniablement partie du genre depuis La Nuit des morts-vivants et tout amateur de sanguinolence se doit de les fréquenter un peu.

Zombie jouit d'une grande notoriété, due apparemment à ses démêlés avec la censure française et à l'invraisemblable quantité de cervelles écrabouillées, de tripailles fumantes exhibées, de litres d'hémoglobine répandus, de tibias et d'humérus mastiqués. Autant dire avec des images d'une crudité naïve, et pourtant à la fois souvent insoutenable. On fait naturellement aujourd'hui beaucoup mieux dans le terrifiant et dans l'immonde, parce que les effets spéciaux ont gagné considérablement en qualité, mais aussi parce qu'on s'est habitué à l'horreur ; peut-être un peu trop d'ailleurs.

Ce concours de découpages et d'explosions de boîtes crâniennes, de poitrines palpitantes et d'abdomens éventrés n'est pas le meilleur du film, loin de là. On se lasse même assez vite, passé les premiers émois de ces exhibitions. Mais quelle place Zombie garderait-il dans notre imaginaire s'il n'était porteur d'interrogations intéressantes ?

La plupart des commentateurs ont vu dans le film de Romero une critique acide de la société de consommation ; j'en admets bien volontiers la pertinence, l'essentiel du film se déroulant dans un de ces centres commerciaux gigantesques que les Étasuniens sont parvenus à présenter comme l'échelon ultime de la modernité et du bonheur de vivre à des gens qui bénéficiaient pourtant de l'infinie variété des étalages des rues commerçantes et des marchés de plein air… En tout cas les quatre principaux protagonistes, tout comme les zombies, tout comme les voyous bikers sont prisonniers d'un tropisme consumériste qui avait encore, en 1978, quelques belles années devant lui (et, à dire vrai, en a encore).

Cela étant, le début du film, avant que les quatre fuyards se soient réfugiés dans le centre commercial, début qui présente habilement l'affolement général devant l'épidémie m'a fait songer à deux des terreurs survenues en Occident depuis trente ans. Le discours moral, politiquement correct, humaniste, droits de l'Hommiste et tout le bataclan qui se heurte aux exigences sociétales de la survie. Deux terreurs : le SIDA, épidémie irrationnellement terrifiante ; l'islamisme radical qui menace la Civilisation selon des normes incompréhensibles à l'humanisme occidental. Lorsqu'au tout début du film, le représentant gouvernemental, honni, haï, vomi par toute l'intelligentsia télévisuelle, appelle à une guerre sans merci contre le fléau parce qu'il s'agit de la survie de l'espèce, on est fondé à se demander si Romero, 23 ans avant le 11 septembre, n'avait pas, avec ce qui n'appartient qu'aux créateurs, prévu ce qui allait arriver.


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