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Pas une moitié de mélodrame : un vrai de vrai !


De Arca1943, le 2 mai 2010 à 05:05
Note du film : 4/6

Note : 4,5

Que vaudrait une collection de cinéma italien sans quelques mélodrames populaires de la grande époque ? Carence aujourd'hui comblée en ce qui me concerne : après La Traite des blanches, voici L'Esclave du péché qui m'arrive grâce au don généreux d'un internaute français.

L'Esclave du péché est un VRAI mélodrame, c'est-à-dire sans le moindre happy end consolateur. Malgré la distance qui nous sépare de ce lointain 1954 et de cette forme d'entertainment aujourd'hui disparue, j'ai même fini par craquer : et c'est la larme à l'oeil que j'ai traversé le terrible finale.

Pour goûter un tel film, il faut bien entendu une petite adaptation : histoire d'accepter par exemple le jeu appuyé des comédiens et le côté souligné-trois-fois de certains dialogues. Oui, les violons s'envolent aux endroits prévus. Oui, il y a une petite orpheline, une prostituée repentante qui voudrait la recueillir, un souteneur inquiétant qui relance la malheureuse. Oui, le commissaire est bon enfant et les religieuses austères mais justes.

Malgré ce qu'on pourrait appeler les poncifs, en voyant L'Esclave du péché, je crois avoir compris au moins un ingrédient du succès retentissant des mélodrames de Raffaello Matarazzo : c'est qu'il croyait à son affaire. Ce n'est pas une opération cynique, de pure exploitation. Je crois au contraire qu'il voyait le monde comme ça. Certes, son film est une machine à faire pleurer, comme une farce est une machine à faire rire, mais il y a vraiment de quoi. À travers ce personnage de Mara Gualtieri qui entreprend de tourner le dos à la prostitution pour obtenir un certificat de bonne conduite des autorités – seul moyen de recueillir la petite orpheline qu'elle a prise en affection – ce film renvoie à la réalité d'une condition féminine qui, à cette époque-là, était vraiment à s'arracher les cheveux, et dont il ne faut pas se surprendre qu'elle ait engendré des mélodrames.

Dans son genre, c'est remarquablement bien conçu. Tous les interprètes sont au diapason d'une Pampanini frémissante, animée me semble-t-il d'une profonde conviction. Le scénario est d'une logique implacable et les malheurs découlent pour ainsi dire les uns des autres avec une fatalité impressionnante. Après une mise en place efficace, une exposition sans doute un peu longuette pour nos standards pressés, le film prend son envol quand s'enchaînent les confrontations réussies entre Mara et son ancien souteneur (Franco Fabrizi), Mara et son ancien amoureux (Marcello Mastroianni), Mara et la femme de ce dernier venue la voir en secret (Irène Genna ?).

Un mélodrame de qualité, qui ne fait pas semblant d'être autre chose, avec un enracinement dans la réalité sans rapport avec les sirupeux téléphones blancs des années 30. Je comprends très bien les spectateurs d'alors de s'y être précipités par millions. Aussi ceux qui feront l'acquisition d'un mélodrame de Raffaello Matarazzo à titre de simple curiosité, ou pour combler un vide dans une collection, feraient bien de préparer néanmoins leurs mouchoirs !


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Car elle vivait dans le stupre et le lucre ?


De Arca1943, le 1er mai 2010 à 19:11
Note du film : 4/6

(Lors de l'épisode précédent…)

« – Écarte-toi, maleducato ! Ta bonne à rien de mère devra se contenter des reprises de General Hospital

« – Odieux personnage ! Comment osez-vous tancer cet enfant ! »

Car heureusement, un touriste français, tout de blanc vêtu, passait justement à ce moment-là pour une visite guidée des studios. Écartant d'une main ferme le VP programmation au coeur sec, il fouilla de l'autre dans son grand havresac. « Tiens, mon petit. N'est-ce pas ce que tu cherchais ?», demanda-t-il en rajustant son haut-de-forme immaculé. « Oh ! Un Matarazzo ! Vous en avez donc un avec vous ?» « Oui, toujours : car ma femme porte des verres de contact et elle doit s'humecter les yeux le plus souvent possible. ». Levant vers le sympathique étranger ses grands yeux qui lui mangeaient la moitié du visage, le petit garçont dit : « Oh, merci ! Merci, m'sieur ! J'en ai tellement besoin pour ma maman qu'est clouée au lit avec, euh, la poliomyélite !»

Et ce fut alors comme si un pimpant rayon d'avril s'était frayé un chemin à travers les sinistre brumes de novembre. (« Mais on EST en avril, c'est ce que je me tue à vous dire depuis tantôt. » « – Ta gueule ducon, on tourne un mélo !»)


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De Arca1943, le 25 avril 2010 à 14:57
Note du film : 4/6

Avis aux amateurs… français !

Ah… (soupir). Quant aux amateurs non-français, ils vont, faméliques et affamés (montée de violons, ici) quêter d'une main tremblante, aux doigts bleuis par la bise de novembre («mais on est en avril !» « – chut ! on tourne un mélo ») à la sortie des tours du centre-sud de Montréal où sont concentrés plusieurs de nos réseaux de télévision : « M'sieur ! M'sieur ! Z'auriez pas un Matarazzo pour ma maman qu'est clouée au lit par, euh, la tuberculose ? Juste un petit Matarazzo de rien du tout ? » « -Écarte-toi, maleducato ! Ta bonne à rien de mère devra se contenter des reprises de General Hospital


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