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Sequel sans souffle


De Impétueux, le 7 mars 2017 à 15:15
Note du film : 2/6

Je trouve que DelaNuit a bien du mérite, de l'inventivité et… du culot de trouver à ce quatrième opus des arrière-pensées subtiles et à gloser avec talent sur les rapports qu'il perçoit avec le reste de la saga. Bravo pour son exercice virtuose ; mais, en découvrant hier soir Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal j'ai été de mon côté partagé entre l'ennui devant ce scénario mal fichu et interminable et la tristesse de voir se consumer ainsi une des plus agréables continuités du cinéma.

Comme l'a écrit plus avant le regretté PMJarriq, il est certain que filmer une dernière aventure du héros Indiana presque vingt ans après la précédente, c'était à peu près sûrement se vouer à l'échec. Tout ce qui séduisait dans le jus des années 80 est devenu poussif et assez ridicule ; le vieillissement des acteurs ne m’a pas gêné – après tout qu'en vingt ans Harrison Ford (et Karen Allen, mêmement) aient pris vingt ans demeure dans l'ordre des choses et j’ai été bien plus réticent pour la série des James Bond, censés se dérouler dans un espace de temps restreint mais où le Sean Connery de Jamais plus jamais de 1983 n'avait plus tout à fait l'allure de celui de Dr. No (et que dire de Lois Maxwell/Monneypenny, délicieuse dans le premier film de la série, complètement défraîchie pour Dangereusement vôtre en 1985 ?). Mais davantage parce qu'en vingt ans les scénaristes ont perdu la main et ne font guère que se pasticher.

Les affreux Allemands sont remplacés par d'affreux Soviétiques ; on n'est plus en 1935 mais en 1957, mais les uns et les autres ont les mêmes physionomies obtuses et fanatiques ; à leur tête, dotés de pouvoirs absolus et d'une autorité sans faille, des chefs animés par une ambition démesurée ; que pour Le crâne de cristal, Spielberg soit allé chercher une vipère ravissante, Irina Spalko (Cate Blanchett) est dans l'ordre normal des choses et des revendications féministes égalitaristes, os jetés au politiquement correct ; ceci d'ailleurs ne fait que rapprocher la série de celle des James Bond où les méchants sont de plus en plus souvent représentés, en tout cas assistés par des malfaisantes très girondes.

Il me semble en tout cas que les scénarios des trois premiers films, aussi inventifs et délirants qu'ils pouvaient être, avaient davantage d'homogénéité, ce qui en donnait une composition plus lisible. Le quatrième part un peu dans tous les sens mêlant les fariboles à la Roswell (c'est bien connu, on nous cache tout !), les messages laissés par des civilisations disparues, les chausse-trapes édifiées pour compliquer la course au trésor, les coquecigrues spiritualistes et tout un fourbi compliqué. On mixe ceci avec les aventures du héros, tour à tour traqué, trahi, vaincu, prisonnier, délivré, renaissant, triomphant, embarrassé au long de ses aventures par les relations compliquées qu'il entretient avec ses femmes et ses proches parents : la recette est toujours un peu identique.

Au bout du compte (et du conte), on en a un peu son soûl de poursuites, des dévastations de bestioles immondes, scolopendres, fourmis rouges, anacondas et le reste et des machines infernales archaïques et efficaces qui ne demanderaient pas mieux que de broyer, percer, déchiqueter, noyer Indiana Jones et ses compagnons ; même les morceaux de bravoure lassent par leur prévisibilité et la course folle des voitures blindées dans la forêt amazonienne puis le long de précipices vertigineux est vraiment interminable. Les ridicules effets spéciaux qui animent la marabunta des fourmis rouges ne font pas le tiers du quart de l'impression que donnaient la fosse de serpents de L'Arche perdue ou les couloirs grouillant de cafards du Temple maudit.

Et puis le dernier film de la série est de très loin le moins sadique et le moins cruel des quatre. Ce qui n'est pas un bon point pour les grands enfants que nous sommes, car on sait de longue date que les meilleurs contes de fées sont ceux où coule le plus de sang, du Chaperon rouge à Barbe bleue.


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De Arca1943, le 28 février 2009 à 20:23
Note du film : 3/6

Contraint de voir le film à nouveau avec des amis et leur charmante famille, j'ai constaté que la petite Mina, 7 ans, avait une peur bleue de Cate Blanchett ! Elle courait se cacher derrière le divan à chaque nouvelle apparition de l'agent Spalko. Hommage, donc, au nouveau visage des Forces du Mal…


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Avis


De DelaNuit, le 5 juin 2008 à 20:09
Note du film : 5/6

J'ai vu le dernierIndiana Jones. Et malgré tout le mal que j'ai pu en lire, j'avoue avoir passé un bon moment. Sans doute, il ne s'agit pas d'un chef d'œuvre, les héros sont fatigués (Mais Harrison Ford est un grand professionnel toujours vaillant), le scénario n'est peut-être pas aussi bien construit que pour l'Arche perdue ou la dernière croisade, et certes, mieux vaut ne pas être allergique aux invraisemblances et aux énormités. Mieux vaut aussi avoir la ressource de retrouver pour l'occasion son âme d'adolescent, ce qui n'est certainement pas donné à tout le monde…

Ceci étant posé, si on aime les personnages et l'atmosphère des Indiana Jones, on peut y prendre plaisir, d'autant que la réalisation de Spielberg demeure efficace. Il s'est visiblement beaucoup amusé en retrouvant ce personnage et son univers, et en jouant de ses codes et de ses références, y compris dans l'auto-citation et l'auto-parodie, et ce dès la première image, traditionnel « fondu » de la montagne Paramount en une montagne réelle, qui prend ici le spectateur au dépourvu, ce qui n'est qu'un début.

Or, ceux qui ont aimé Indiana Jones dans sa trilogie des années 80 se sont tellement approprié le personnage qu'il est évidemment difficile de le renouveler sans faire grincer quelques dents, alors que, à l'inverse, trop de similitudes avec les épisodes existants serait considérée comme un manque d'imagination ! On voit qu'ici, Spielberg s'est aventuré sur un terrain au fil étroit et dangereux, aussi fragile que le pont de liane du 2ème épisode !

Je trouve qu'il ne s'en est pas si mal sorti, en tout cas nettement mieux que son compère George Lucas avec sa 2ème trilogie Star Wars, aux épisodes surgonflés aux effets numériques et inversement creusés en intérêt des personnages. Il faut dire qu'ici, deux des personnages principaux étant déjà connus du public, cela simplifie les choses sur ce second point.

Il me semble qu'à moins d'avoir a priori un penchant naturel pour les films rocambolesques, le plaisir que l'on peut prendre à ce 4ème opus tient pour beaucoup à la complicité que le réalisateur entretient au fil de l'histoire avec le spectateur, par un jeu continuel de références :

  • En premier lieu, références à l'univers d'Indiana Jones : évocation de personnages disparus (le père, le directeur du musée), retrouvailles avec des personnages connus (Indy, Marion, toujours dans un mélange attirance / chamaillerie) ayant vieilli, vécu entre temps, et se retrouvant décalés dans un univers où ils sont moins à leur place (non plus les années 30, mais en l'occurrence les années 50 avec les teenagers, le rock n'roll, la guerre froide, la « chasse aux sorcières » anti-communistes). Situation d'Indy inversée par rapport à l'épisode précédent, se situant non plus dans une relation « fils / père » mais « père / fils », avec toute l'ironie du retournement de la situation.

Références aussi à des scènes célèbres des précédents épisodes, ici développées (le temple précolombien, l'entrepôt des secrets militaires – référence à l'Arche d'alliance) ou amplifiés jusqu'à l'outrance ou l'auto-parodie (la poursuite en camions, la descente des rapides, les « bestioles »).

  • En second lieu, références à l'univers cinématographique de Spielberg : Indy regardant l'explosion de la bombe « A » de loin comme le jeune héros de L'empire du soleil, un duel au fleuret rappelant ceux de Peter Pan (thème cher à Spielberg, traité dans Hook), et bien sûr les allusions à une vie et une intelligence extra-terrestre, avec notamment les séquences finales.

Il est étonnant que cet aspect du film ait surpris tant de monde lorsqu'on se souvient de l'intérêt de Spielberg pour ce sujet, dans des films aussi connus que E.T. ou Rencontres du troisième type (la citation est incontournable). Qui plus est, les théories reliant les civilisations précolombiennes (leurs constructions cyclopéennes, les dessins du désert de Nazca seulement visibles du ciel) à l'ancien passage sur terre de « visiteurs » venus d'ailleurs sont si nombreuses et ont fait tant de bruit, qu'il n'y a guère lieu de se trouver choqué de leur évocation au détour d'une des quêtes mystérieuses d'Indiana Jones…

  • Références enfin à de grands classiques du cinéma, notamment celui des années 50, si cher à Spielberg et Lucas : par exemple, quel amusement de voir soudain surgir Shia LaBeouf sur sa moto en clône de Marlon Brando dans L'Equipée sauvage, avec le même blouson et la même casquette (!) puis jouer les jeunes rebelles de l'époque à la James Dean de La fureur de vivre… Les scènes de teenagers nous y renvoient, ainsi qu'à l'American Graffiti de Lucas.

La remontée finale des héros à travers le conduit de la montagne vers l'extérieur, portés par un liquide, rappellera aux cinéphiles la remontée similaire du Voyage au centre de la terre de Henry Levin.

J'ai aussi trouvé que Shia LaBeouf se débrouillait bien et promettait une intéressante carrière. Quant à Cate Blanchett, dont on ne louera jamais assez les talents d'actrice protéiforme, elle semble aussi avoir pris un certain plaisir dans son rôle, malgré les limites de son personnage.

Ceci dit, si aucun des éléments évoqués ci-dessus ne vous parle et que la bande dessinée rocambolesque au cinéma ne vous inspire guère, la complicité évoquée du réalisateur avec le spectateur risque de ne pas fonctionner, alors mieux vaut sans doute aller voir autre chose !


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De droudrou, le 23 mai 2007 à 22:28

Sans savoir ce que vaudra ce 4ème opus des aventures d'Indiana Jones, je trouverai assez sympa que les scénaristes, comme ceux du dernier "Die Hard" par ailleurs, ont apporté une descendance à leurs héros.

Si je ne dis d'ânerie, il me semble que Tom Clancy, auteur des aventures de Jack Ryan et donc de la suite A la poursuite d'Octobre rouge, fait venger la mort de son héros par son fils…

Donc : voir réunie toute la famille est une bonne chose. Qui osera dire que notre civilisation tue l'esprit de famille ?…


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Déçue


De Cornélia ., le 1er juin 2008 à 12:52

Je ne vous connaissais pas encore fretyl, mais alors là bravo !Vous raisonnez comme moi !Ce film est bien l'Indiana Jones de trop !Prions pour qu'une suite ne voit pas le jour. Sinon, je crois que cette fois le mythe serait brisé à tout jamais. Restons en aux premiers qui étaient géniaux surtout le number one, n'est-ce pas ?


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De fretyl, le 1er juin 2008 à 04:38
Note du film : 2/6

C'est sinistre, dire qu'il aura fallut dix huit ans à Spielberg pour qu'il réalise l'épisode de trop ; Indiana Jones était jusqu'à présent une trilogie soigné et efficace, ou chaque épisode valait le précèdent, ici c'est résolument bâclé et ennuyeux.

Si Stallone a bien su bouclé la boucle vingt ans après avec son dernier Rambo que l'on croyait perdu, Spielberg a enterré son personnage sur une fin grotesque, du coup ça m'empêche de dormir !!

Oublions le vite, et n'en parlons plus !


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