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Voici les derniers messages de ce forum :

Runaway


De Arca1943, le 8 avril 2004 à 00:18
Note du film : 5/6

Notons que pour transposer le roman de Grisham, il a fallu lui trouver une équivalence de rechange : industrie du tabac dans le livre, industrie des armes dans le film. Pourquoi? Une des raisons, je crois, en est qu'au moment de sa publication, le roman de John Grisham anticipait sur certains faits au sujet de l'industrie du tabac qui ne furent révélés que plus tard par la justice américaine. Ça ressemble un peu au rapport entre L'Affaire Mattei (1972) et le premier choc pétrolier (1973). Le bon côté de Grisham, qui écrit bien mais dans ses limites, c'est qu'il lui arrive de faire allusion, dans ses oeuvres d'imagination, à de la réalité toute chaude. Et ce faisant, de tomber pile-poil, comme avec The Runaway Jury. Un peu comme John Le Carré écrit « en eau chaude » avec son thriller The Constant Gardener (bientôt un film), centré sur l'industrie pharmaceutique.


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De Crego, le 7 février 2004 à 09:24
Note du film : 4/6

Curieux produit, situé entre le film de procès traditionnel et le film "d'arnaque". La présence de Cusack renvoie à "The grifters" et l'affrontement des deux vétérans Hackman-Hoffman donne une petite touche de classe à l'ensemble. Si on ne s'ennuie pas et que la machination (et ses motivations) est ingénieuse, on peut regretter la réalisation inutilement épileptique de Fleder et un montage systématiquement nerveux, sans plage de réflexion.

Petite curiosité, parmi les jurés on aperçoit Luis Guzman et Jennifer Beals, comédiens pourtant assez connus, qui ne font que de la figuration, sans une seule scène à défendre.


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Critique


De dumbledore, le 6 avril 2004 à 21:02
Note du film : 5/6

L’ancien avocat reconverti écrivain de best-sellers judicio-policiers, John Grisham est un des auteurs les plus appréciés par hollywood puisque l’industrie du film lui doit l’existence de films comme La firme, L'Affaire Pélican, L'Idéaliste, Le Droit de tuer ?, mais aussi Le Client. De toutes les adaptations de ses romans, un seul sortait vraiment du lot, Le Client. Le reste, quoi que de qualité fort correcte, jamais ennuyeux, n’était pas toujours passionnant dans les peronnages et dans la construction un peu prévisible de l’intrigue.

Voilà enfin une adaptation du niveau de The Client : Le Maître du jeu. Le film réussit un paradoxe génial : faire un film de procès (l’histoire commence à la formation du jury et finit par le verdict) sans voir le procès ! Ou presque. Sur deux heures et dix minutes de film, on ne doit pas avoir plus de 10 minutes d’interrogatoire de témoins et de bagarres d’effets de manche. Toute l’attention est ailleurs, dans la relation des jurés entre eux. Sublime idée que de déplacer le projecteur habituel du film de la cour au box des jury. Sublime idée et réussite parfaite de son exploitation.

Le jury populaire est le cœur démocratique de la justice. Fortement décrié par bon nombre de magistrats qui aimeraient ne faire de la justice qu’une chasse gardée aux professionnels de la justice, ce jury est le parfait exemple des complexités de la justice. Il possède le pouvoir immense de condamner ou de relâcher l’accusé, mais il est en même temps sous le coups d’influences terribles. Quel est la véritable raison quand l’un ou l’autre croit coupable ou innocent un accusé ? Est-ce seulement l’aboutissement d’une reflexion logique élaborée à partir des faits proposés et interprétés par les deux partis, ou bien le résultat également de croyances personnelles, politiques, etc.

Voilà le sujet de Le maître du jeu. Un procès s’organise contre les fabricants d’armes. L’avocat des armuriers et celui du plaignants recourent à des spécialistes du jury pour choisir les 12 bons profils et pour éventuellement tenter de les influencer par des arguments qui n’ont rien à voir avec les témoignages de la cour. Seulement voilà que dans leur duel débarque un nouveau manipulateur de jury… Un des douze jurés qui demande 10 millions de dollars pour faire basculer dans un sens ou dans un autre le procès.

Rarement un film (et un livre) de Grisham aura été aussi pessimiste que celui-ci et cela même si le film possède un happy end de circonstance. Les films de jury sont rares (il faut dire que 12 hommes en colère met la barre très haut) comme si cette conception du "bon sens populaire" qui est au centre de la démocratie était tabou. Intouchable.

Il est ici pourtant touché. Et touchant aussi, dans un film proposant une narration parfaitement huillée, jouant avec des personnages très riches, complexes au point qu’on ignore jusqu’à très tard leurs réelles motivations. La mise en scène de Gary Fleder est irréprochables. Sa sobriété correspond très bien au classicisme (dans le meilleur sens du terme) du scénario et permet à chaque fois de mettre en avant la puissance dramatique de chaque scène.

Et puis il y a le casting. Un casting de rêve. Gene Hackman prend un plaisir évident à jouer un rôle succulent de méchant sublime. John Cusack et Rachel Weisz forment un couple inédit. Joli couple car les deux acteurs sont du même niveau, du même talent et semble même avoir une approche similaire de leur métier. Gardons le meilleur pour la fin : Dustin Hoffman dans un rôle très effacé et très perilleux (il a très peu de scènes pour développer un personnage pourtant complexe). On ne peut dire qu’une chose, c’est que sa technique fonctionne toujours aussi bien…


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