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Faut pas rêver !


De fretyl, le 14 mars à 12:52

Avez vous vu Gros dégueulasse qui atteint un niveau de nullité, de crasse et de vulgarité sidérante ? Malheureusement je ne supporte pas Maurice Risch qui n'aurait jamais rien dû jouer d'autres que le souffre douleur de De Funès dans quelques films (Les grandes vacances) le final de Gros dégueulasse est par contre presque captivant et fascinant tant il tranche avec la grosse connerie que Reiser nous met sous les yeux pendant une heure et demie. En fait je n'aime pas trop non plus Reiser surtout à cause de ses dessins… Le meilleur de la bande dessinée c'est pour moi Binet. L'adaptation des Bidochon au cinéma fut rossard et très mal interprété malgré une paire d'idées qui aurait pu en faire un véritable chef d'oeuvre… Projet lancé au départ par Jean Yanne mais qui aboutit entre les mains de Korber et de Stevenin ce qui n'est quand même pas du même niveau.

Reiser était un terrible identificateur de nos gênes et de nos hontes ; c'est pourquoi nous pouvions nous reconnaître dans ses dessins, formés sans soucis d'esthétique, mais tellement, tellement ressemblants à la réalité

Il en va de même avec Les Bidochon qui nous cernent tous finalement dans un quotidien auquel on ne peut échapper…


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De Impétueux, le 13 mars à 20:07
Note du film : 4/6

Jean-Marc Reiser est mort, à 42 ans, en 1983 (déjà). S'il avait vécu, aurait-il fait partie des victimes de l'attentat islamiste du 7 janvier 2015 où Georges Wolinski, un de ses amis de la grande époque de Charlie Hebdo fut assassiné ? Ou bien se serait-il un peu éloigné doucement de cette équipe iconoclaste, comme l'avait fait François Cavanna, mort en 2014 ? Va savoir ! Il y a toute une équipe ravageuse qui a disparu au fil des ans, avec les vicissitudes de l'âge, comme Marcel Gotlib, équipe qui avait, comme jadis les surréalistes, révolutionné les regards sur la vie.

Moi qui ai adoré ces révolutionnaires, alors que rien de ma formation ou mes idées ne les approuvaient, qui ai collectionné pieusement les numéros de Hara-Kiri d'abord, puis de Charlie, j'avais une dilection particulière pour Jean-Marc Reiser ; un dessinateur qui osait tout dans une verve crue, d'une grossièreté grandiose, qui, dans ses albums, gênait presque tant il allait chercher de douteuses évidences. Parce que finalement une des qualités principales du véritable auteur, c'est l'audace. Oser montrer, oser dire, oser étaler ce que notre vergogne, notre respect humain, notre hypocrisie nous dissimule.

Reiser était un terrible identificateur de nos gênes et de nos hontes ; c'est pourquoi nous pouvions nous reconnaître dans ses dessins, formés sans soucis d'esthétique, mais tellement, tellement ressemblants à la réalité. La vie n'est pas une sorte de douce promenade respectueuse envers ceux qui nous entourent, mais un capharnaüm dont chacun se satisfait comme il peut. Et avant tout, au sommet du questionnement que nous posons sur nous-mêmes il y a cette obsédante question de la différence de l'humanité entre deux sexes indispensables et inconciliables.

Voilà bien du verbiage pour des évidences. Pas plus que moi Reiser ne comprend les femmes ; mais pas plus que moi, il ne saurait s'en passer. Donc il les met en scène. Il les décrit, les illumine, les enlumine. Et Claude Confortès les retranscrit.

Je ne connais pas très bien l'univers de la bande dessinée et je suis bien incapable de dire péremptoirement si certaines d'entre elles ont été adaptées au cinéma avec une certaine pertinence. J'exclue les transpositions de super-héros de mon propos, mais je vois bien que les tentatives pour faire passer sur l'écran les aventures de Tintin m'ont toujours paru insuffisantes ou déplaisantes et je ne crois pas que Spirou ait été mieux servi. Je ne pense pas que Blake et Mortimer aient été mis à l'écran ; il y a dû y avoir d'autres projets que je n'ai pas suivis. Mais l'univers de Reiser, ma foi, ça n'a pas été si mal vu.

Vive les femmes reprend un album dévastateur où des histoires sont croquées, moquées, illustrées et les transpose dans un film ; ce n'est pas si simple parce que le travail de Reiser est très diffus : il n'y a pas de récit, mais une suite de saynètes qui tiennent en deux ou trois pages au maximum, même si des personnages récurrents peuvent tisser un lien. La qualité de Confortès est d'avoir en quelque sorte rassemblé et uni ces saynètes et d'avoir bâti tant bien que mal une histoire à peu près cohérente. Il est vrai qu'elle repose sur l'extraordinaire capacité de séduction de Catherine Leprince qui impose sa beauté, son charme, son évidence au milieu d'acteurs de qualité, mais qui pâtissent tous de cette évidence là.

Vive les femmes est un peu comme des centaines de films de samedi soir d'auparavant : des acteurs de deuxième ou troisième rang (Roland Giraud, Georges Beller, Maurice Risch) des histoires assez graveleuses et, parce qu'on est tout de même en 1983, des corps assez dévoilés et davantage ; il est certain que la férocité de Reiser est un peu enfouie sous la détermination du réalisateur de proposer quelque chose d'assez roublard, qui satisfera le cochon qui sommeille. Il y a des séquences plutôt médiocres et d'autres parfaitement réussies.

Et en tout cas, ça ne cache pas ses intentions et ça ne trompe pas l'amateur. C'est déjà bien, n'est-ce pas ?


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