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Critique


De Gaulhenrix, le 31 octobre 2007 à 12:35

Adrian Lyne reprend l'un des meilleurs films de Claude Chabrol, La Femme infidèle, interprété par Stéphane Audran, Michel Bouquet et Maurice Ronet, dont il réalise une nouvelle version. Les deux films sont, bien sûr, très différents : Chabrol propose un film subtil, tout en nuances, qui privilégie le non-dit et la litote, quand Adrian Lyne s'adresse au grand public par une réalisation simple, directe et efficace.

Serait-ce l'influence du réalisateur français qui l'a rendu sobre ? Il se sort, en effet, plutôt bien de son projet. Inversant la trame de son célèbre Liaison fatale, Adrian Lyne montre ici une femme qui est tentée par une aventure amoureuse, qui y cède et met ainsi en péril son couple et son enfant. L'adultère est plutôt bien observé par une caméra inspirée qui sait utiliser et mettre en valeur le charme séducteur des trois acteurs principaux (Diane Lane, Richard Gere et Olivier Martinez) : désirs, valse-hésitation, plaisir, craintes, remords, velléités de rupture, d'un côté ; soupçons, incrédulité, désespoir, colère et détermination de l'autre côté. Et c'est là l'un des intérêts du film : nous proposer deux points de vue (celui de la femme et du mari) jugés finalement aussi estimables l'un que l'autre.

Sans révéler la fin, on ne peut passer sous silence l'ingéniosité du double plan final (caméra filmant, d'abord, mari et femme dans leur véhicule ; auquel succède un cadrage extérieur du même véhicule) en une conclusion inattendue et d'une grande force de suggestion, point d'orgue d'un film qui offre une réflexion juste sur le couple.


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De dumbledore, le 6 février 2003 à 00:00

Adrian Lyne est habitué aux sujets plutôt chauds, tabous, qui dérangent l'Amérique. C'est ainsi à lui que l'on doit des films comme Liaison Fatale, Proposition indécente. A cet égard, ses films, même s'ils ne sont pas toujours réussis ou honnêtes, ont leur raison d'être.

Quand il s'attaque au remake de La Femme infidèle de Claude Chabrol, on frôle de nouveau un sujet chaud puisque le film pose la question de savoir ce qui est le plus important : le plaisir et le bonheur d'une femme ou bien son sacrifice au profit de la famille et de la société.

Malheureusement, le sujet n'est pas vraiment traité et surtout la fin du film (qui n'en finit pas de finir) qui consiste, au lieu de maintenir le cynisme, à montrer que la famille se ressoude sur la base d'un crime, vire à la morale bien pensante et pathétique de la culpabilité. Les scènes entre le mari et la femme sont alors lourdes, ennuyeuses et finalement on se moque un peu de savoir s'ils vont continuer ou non ensemble tellement ni l'un ni l'autre n'ont su garder notre sympathie.

Mais ce n'est pas que cette fin qui est ratée. C'est tout le rythme du film qui est inexistant. Le film est long, sans rebondissement, sans tension. La relation entre un Olivier Martinez ridicule dans son rôle cliché de Don Juan européen et une Diane Lane qui semble s'être perdue dans ce film ne fonctionne pas. La mise en scène a beau faire tous les efforts pour être un peu originale, c'est lourd et souvent inefficace. La seule idée à peu près intéressante si elle n'avait pas été aussi appuyée se trouve dans le fait de montrer les deux crimes, celui de la femme et celui du mari, d'une manière similaire : la femme et le mari, dans le métro, en train de se repasser les derniers évènements… C'est peu, mais c'est pourtant uniquement de cela qu'il faudra se contenter.


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