| Cinéma | Lucia et le sexe Lucía y el sexo | ||
| Espagne, France Drame |
Réalisateur et scénariste : Julio Medem ![]() Producteurs : Fernando Bovaira Enrique López Lavigne | Compositeur : Alberto Iglesias ![]() Directeur de la photographie : Kiko de la Rica | Acteurs : Paz Vega (Lucía)Tristan Ulloa (Lorenzo)Najwa Nimri (Elena) Daniel Freire (Carlos/Antonio) Elena Anaya (Belén)Silvia Llanos (Luna) Diana Suárez (le mère de Belén) Javier Camara (Pepe) Juan Fernandez (Jefe) |
avant le 21/11/2004 25/07/2005Première sortie mondiale : 2001 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
"... et faire des montagnes à l'envers."
une critique non classique
J'apprécie, d'une manière générale, le cinéma espagnol. J'avoue avoir, cependant, plus de mal avec celui de la nouvelle génération, des Amenabar
ou Medem
. Pourtant, à part certains aspects, j'aime sincèrement le racoleur Lucia et le sexe
. C'est une raison supplémentaire pour qu'il fasse l'objet d'une critique serrée.
Il y a en effet plusieurs -ique, (hic), dans ce film. D'abord sur le plan du récit : il règne un désordre dans cette histoire qui n'a d'égal que la confusion des sens. Le sens, au singulier, ne vient que tardivement, comme par hasard, pour réconcilier les coeurs à défaut des corps. Mais l'effet de surprise ne joue pas dans la mesure où l'auteur a, curieusement, fait, pour cet épilogue, un choix narratif réaliste plutôt que fantasmatique.
Ensuite, sur le plan du traitement, nos jeunes artistes n'ont, semble-t-il, pas bien compris le rôle et l'utilisation du flash-back des maîtres que sont Orson Welles
ou, en Espagne même, le Carlos Saura
de Cria Cuervos
par exemple. Le spectateur est malmené (pour ne pas dire brinquebalé) par ces mouvements incessants dans le temps (comme il l'est, plus violemment encore, dans Abre los ojos
). Mais on doit reconnaître à Medem
qu'il a soigné le traitement visuel de son film, avec le recours à des vues surexposées fortes (il ne s'agit pas d'esthétisme pur), un sens du cadrage subtil et un mouvement très fluide de la caméra.
Enfin, sur le plan psychologique (ou philosophique, comme on voudra), les thèmes développés et les moyens utilisés par Medem
sont, un tant soit peu, éculés ou contestables :
ah oui, une dernière chose encore : pour cette dernière raison, à réserver à un public averti !