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Le meilleur film de Mizoguchi ?


De vincentp, le 9 avril à 21:52
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Gion bayashi (Les Musiciens de Gion) est réalisé par Kenji Mizoguchi en 1953, sur un scénario de Yoshikata Yoda et Matsutaro Kawaguchi pour le compte de la Daiei. La photographie est de Kazuo Miyagawa (1908-1999), 135 films à son actif dont Rashomon, Les Contes de la lune vague après la pluie, Le Héros sacrilège… L'histoire est située à Gion, le quartier des plaisirs du Kyoto d'après guerre, et relate l'apprentissage dans les règles de l'art d'une "Maiko", Eiko (Ayako Wakao, 1933-…), au rude métier de geisha, sur les pas de sa sœur aînée Miyoharu (Michiyo Kogure, 1918-1990). Eiko adore se pavaner en société dans de belles toilettes, mais refuse d'accomplir les devoirs inhérents à sa charge… Miyoharu lui emboîte le pas. Cette oeuvre (dont le titre originel est une pure litote), oscille entre drame et comédie, mettant en scène moult personnages, humbles et puissants, et les inévitables intermédiaires (mère maquerelle, père couard et ivrogne), aux rationalités antagonistes.

Mizoguchi déroule ses plans séquences virtuoses et entrecroise ses figures stylistiques préférées. Les personnages traversent des trouées verticales (ruelles ou couloirs) puis devisent de façon statique dans les espaces intérieurs en forme de losange dont la pointe est décentrée (permettant à l’œil du spectateur de se déplacer sans fatigue de la gauche vers la droite de l'image). Gion bayashi, d'une précision chirurgicale, nimbé de douceur poétique, creuse les ressorts de l'âme humaine, ausculte les mécanismes de la société (dont les rouages de la corruption bureaucratique). Et file à toute vitesse vers une conclusion inévitablement humaniste, mais aussi ouverte et sujette à interrogations. Les images et les plans sont magnifiques, fluides, la composante sonore est au diapason. Très grande réussite de Mizoguchi, Gion bayashi atteint la perfection absolue, illustrant la puissance de la création cinématographique, quand elle agit directement sur le conscient et l'imaginaire du spectateur.


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De vincentp, le 3 février 2008 à 23:20
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Perfection totale de la mise en scène pour ce classique de Mizoguchi… Peu importe l'histoire, il suffit d'observer les plans, et en particulier les déplacements des personnages… J'y reviendrai quand j'aurais un peu plus de temps.

Les deux coffrets réalisés avec la participation du CNC, qui comprennent huit des classiques de cet immense cinéaste, sont des réussites. Avec en bonus, des analyses et commentaires intéressants de critiques et de cinéastes, qui décryptent la technique, les thèmes mizoguchiens… emmenés par un Noël Simsolo, le célèbre critique à l'écharpe jaune porte-bonheur autour du cou, en grande forme.


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