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Burt musculeux


De Impétueux, le 13 septembre 2016 à 21:58
Note du film : 2/6

Évidemment quand on a dix ans (ou un peu moins) et qu'on voit sur le grand écran du cinéma le caravansérail des uniformes chamarrés, les vaisseaux de haute mer (et qu'on entend le si beau nom de leurs mâts : beaupré, artimon, misaine), les focs et les vergues, l'exotisme des îles caraïbes, les terribles cruautés des pirates, les trognes épouvantables des flibustiers, on ne peut être qu'émerveillé par Le corsaire rouge.

Soixante ans après, à la faveur d'une diffusion télévisée, qu'est-ce qui reste ? Le torse nu, avantageux, musculeux et huilé de Burt Lancaster, les chorégraphies savantes, ingénieuses et souvent drôles des combats, la méchanceté des gouvernants britanniques qui imposent une tyrannie cruelle et impérieuse sur les aspirations démocratiques et généreuses des habitants du Nouveau monde (il est amusant de voir combien l'Allemand réfugié Robert Siodmak épouse ce genre de nobles idéaux ; est-ce qu'en 1952, date de tournage du film, les États-Unis n'en avaient pas fini, donc, de régler leur compte avec leur contentieux colonial ?).

Il reste ceci, qui n'est pas rien, mais il reste aussi une intrigue assez ennuyeuse, pesante, emberlificotée, à la complète prévisibilité. Dès lors, on n'attend pas grand chose du film ; ou plutôt on attend, comme à l'opéra, qu'entre les interminables récitatifs, se placent les grands airs : des scènes de combat ou de poursuite bien filmées, vives, impeccablement interprétées par Burt Lancaster et son complice de toujours Nick Cravat (qui avait une voix si criarde qu'il est là contraint d'interpréter un rôle de muet !).

Les films de pirates ont été un sous-genre assez prolifique de l'histoire du cinéma, tant photogéniques sont les mers immenses et cruelles et les bateaux de course. Et tant est surprenante la curieuse population d'aventure qui acceptait d'affronter la sauvagerie de l'Océan et les conditions de vie insupportables qui étaient la discipline et la règle imposées.

Hollywood en a tiré une image plutôt sage, finalement, beaucoup moins sanguinaire, crasseuse et violente que celle qu'on peut imaginer ; en d'autres termes, on voit beaucoup plus les vergues vertigineuses et exaltantes que les puanteurs des cales crapoteuses. Mais donc la plupart des films mettent en scène un navigateur intrépide, insoucieux des lois du monde des terriens, parfait acrobate, aventurier sans limite mais gentilhomme aimé des dames.

Le corsaire rouge fait un peu exception puisque le héros, Vallo (Lancaster, donc) est, d'abord, une assez franche canaille qui élabore combinaisons et spéculations malhonnêtes pour gagner pistoles, florins et maravédis en dupant, trompant, mystifiant les braves et mauvaises gens tout autant. Mais frappé par la beauté de Consuelo (Eva Bartok) il se rallie peu à peu aux idéaux humanistes et pulvérise finalement la dictature qui règne sur l'île de son amoureuse (dictature dont la cruauté rendrait presque roses les Khmers rouges).

L'enfant que j'étais il y a soixante ans a tout de même appris à a recevoir autre chose du cinéma…


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De lucienlegall, le 3 juin 2011 à 06:39

C' est une rareté.


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