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Winchester et Tomahawk


De Steve Mcqueen, le 17 mars à 19:36
Note du film : 5/6

Debuin : « – Pourquoi ne haïssez-vous pas les Indiens ?

McKintosh : « – Ce serait comme haïr le désert parce qu’il n’y a pas d’eau. J’ai peur d’eux, et pour l’instant ça me suffit amplement »

J’ai revu avec un immense plaisir, en Dvd remastérisé sorti ce mercredi, ce qui demeure mon film préféré de Robert Aldrich. A contre-courant des clichés du western pro-indien, genre florissant dans les années 70, Aldrich livre une œuvre âpre et désabusée, à l’image du vieil éclaireur interprété par un magnifique Burt Lancaster. Le début ressemble à un épisode lambda de Bonanza : des indiens qui s’évadent d’une réserve, un fort où de soldats s’amusent, le tout souligné par l’affreuse musique de Frank DeVol (complètement hors-propos, comment Aldrich a-t-il pu laisser passer cela ?).

Mais bientôt la scène de la mort d’un soldat et de la fermière qu’il escorte, terrifiante de sécheresse et de dureté, nous indique que ce qui se passe sous nos yeux n’est que la première note de la longue portée des émotions qui parcourt tout le film. Car le cinéaste n’a pas son pareil pour jouer avec les nerfs du spectateur, telle la séquence de l’incendie de la ferme, enrobée d’un insidieux suspense. N’ayant rien perdu de ses tendances à désarçonner le spectateur, il réserve des moments qui choquent par leur crudité, le tout sans aucun lyrisme ni pathos.

Fureur Apache est véritablement un film de guérilla, tant sont analysées avec une scrupuleuse minutie les tactiques des Indiens évadés et les stratégies mises en place par leurs poursuivants pour les désamorcer.

Ici les Indiens, et en particulier les Apaches, sont des êtres frustes, violents, sadiques. Mais au détour de dialogues entre Ke-Ni-Tay, McKintosh et DeBuin, d’une rigueur quasi-ethnologique, le cinéaste fait bien comprendre que cette brutalité atavique est intrinsèque à ces hommes qui pensent s’approprier la force de leurs victimes en les suppliciant, force d’autant plus pérenne que long sera le calvaire. Pas d’angélisme ici, pas de vibrant plaidoyer pour la cause indienne, simplement l’observation des mœurs d’une culture qui nous est totalement étrangère, des rituels d’une civilisation opprimée et parquée comme du bétail.

Tourné en 4 semaines dans les paysages arides de l’Arizona, porté à bout de bras par un Burt Lancaster au sommet de son art, Fureur Apache est un immense western, froid comme un constat, sec comme un couperet.

Un film contaminé par le génie de son réalisateur.


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De PM Jarriq, le 11 décembre 2008 à 13:36

Nous avons déjà souvent discouru des étonnants L'homme de la loi et Les collines de la terreur (d'autant plus étonnants, qu'ils sont signés d'un exécrable réalisateur), mais les années 70 marquaient vraiment le déclin du western, et les oeuvres dignes d'intérêt venaient souvent d'ailleurs (Mon nom est Personne).

Parmi les films de cette période, je retiendrai Hannie Caulder, Barquero (pas des grands films, mais truffés de bonnes idées), La chevauchée sauvage, l'immense Pat Garrett & Billy the kid, bien sûr. Il y en a sûrement d'autres…


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De Steve Mcqueen, le 11 décembre 2008 à 12:19
Note du film : 5/6

Je suis totalement d'accord avec les différents avis sur "fureur apache" sur ce forum et avec l'analyse qu'en fait PM Jarriq sur le fil de "l'homme de la loi". Il me semble que le film est pessimiste, Aldrich refusant ici un humanisme utopique : il n'y a pas de guerre juste motivée par un idéal. Les indiens sont exterminés, parqués dans des réserves, donc leur réaction pour survivre ne peut-ête qu'extrêmement brutale et cruelle. En ce sens, le film est d'une lucidité étonnante.

Aldrich examine, dissèque, les croyances et la "cruauté" inévitable des indiens, qui demeurent une énigme pour les blancs. C'est un constat désenchanté, dense et complexe. Burt Lancaster est extraordinaire en homme d'action vieillissant qui n'a plus d'espoir de voir se réconcilier Indiens et Blancs. La scène finale où il préfère se laisser mourir au lieu d'être secouru, lassé par l'incompréhension et la cruauté des hommes, est terriblement émouvante. Les expressions de son visage traduisent admirablement la lassitude d'un homme au bout du rouleau. La caméra se concentre sur son visage, il se roule une dernière cigarette, celle de celui qui se sait condamné, et l'image se fige pour le laisser agoniser hors-champs…Magnifique.

A ranger au côtés des "Charognards", de "Jeremiah Johnson", de "Josey Wales" parmi les grands westerns des années 70, mais peut-être PM Jarriq, vous qui êtes un connaisseur de westerns, pourriez vous en ajouter à ma liste succinte ?


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