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Qui aurait dit ?


De Impétueux, le 14 août 2007 à 15:10
Note du film : 4/6

Oui, qui aurait dit, devant le monumental succès des Choristes que ce gentil film, bien fait, tout pétri de valeurs anciennes et de nostalgie des plumes sergent-major et des bouteilles d'encre violette était le remake avoué de la charmante Cage aux rossignols, monument de la France ancienne, de ses modistes et mercières, de ses dames au chapeau vert, de ses chaussures à semelle de crêpe ?

Je doute toutefois que le jeune Roger Krebs qui tenait en 1944 le rôle dévolu au papillonnant Jean-Baptiste Maunier en 2004 ait connu alors l'hystérie de péronnelles et gourgandines hystériques dont nous avons douloureusement constaté les dommages sur DVD Toile pendant plusieurs mois : il n'était pas si mignonnet, et l'époque se tenait mieux.

Cela étant, il y a tout de même quelques ressemblances frappantes entre les deux films, pas seulement par la trame générale, les anecdotes et par la qualité des choeurs d'enfant (et la reprise de La Nuit de Jean-Philippe Rameau).

D'abord par le statut cinématographique de Clément Mathieu, le principal protagoniste, l'éveilleur à la sensibilité musicale : Gérard Jugnot ici, Noël-Noël là ; Noël-Noël, c'est vraiment l'image idéale du Français moyen, ressassée et célébrée jusqu'à plus soif, du brave type souvent naïf, mais quelquefois bien finaud, qui finit souvent par triompher de l'adversité et de tous les prétentieux : c'est l'Édouard Martin du Père tranquille, le Léon Martin de A Pied, à cheval et en voiture (en aucun cas, le nom de Martin n'est un hasard : c'est le patronyme le plus porté en France, donc, si je puis dire, le plus anonyme), c'est le conférencier spirituel et grognon qu'exaspèrent Les Casse-pieds. Eh bien Gérard Jugnot est un peu la transposition moderne de ce bonhomme sans âge, sans (apparente) séduction, à petite moustache, un peu ventru, pas bagarreur pour deux sous, mais qui sait se montrer courageux, voire héroïque, comme dans Monsieur Batignole ou simplement dévoué à son petit monde, comme dans Meilleur espoir féminin.

Et puis, dans l'un et l'autre film, outre la déferlante de bons sentiments, cette atmosphère particulière des internats de garçons, rancis, crasseux souvent, sauvages quelquefois, mais qui peuvent si merveilleusement dorer la mémoire de toute une vie : tout, souvent, dépend du directeur : ça peut être un sale type, comme celui des Diaboliques (Paul Meurisse), ou le Rachin de La cage aux rossignols ou des Choristes (René Blancard ou François Berléand), ou, au contraire un brave homme comme le Jacquelin (Pierre Larquey) des Anciens de Saint-Loup). (Soit dit en passant, le cas de M. Boisse, (Aimé Clariond) le crapuleux directeur des Disparus de Saint-Agil est un peu à disjoindre).

Mais en fait, notre Cage aux rossignols est tout de même un peu déstructurée, il faut l'avouer au bénéfice de son remake ; il y a en fait deux histoires, dans le film de Jean Dréville, les amours de Clément Mathieu et de sa fiancée Martine (Micheline Francey) et l'épisode du collège…

Ce qui n'enlève rien au charme de ce vieux machin en noir et blanc…


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