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Sujet : Mémoire du cinéma


De DelaNuit, le 19 décembre 2011 à 10:56
Note du film : 6/6

Beau film à la fois poétique et émouvant, magnifique hommage de Martin Scorsese aux débuts du cinéma et notamment à Georges Méliès, nous rappelant que les premiers pas du septième art se firent en France dans l'ambiance et l'atmosphère des baraques de foire et des truquages des magiciens…

Le suspense du film nous conduit avec bonheur des rouages des horloges de la gare à ceux d'un automate mystérieux, jusqu'aux machineries des premiers films fantastiques, voyage dans la Lune où au royaume sous-marin de Neptune, indigènes sélénites gesticulants ou sirènes alanguies en costume 1900…

Le jeune Asa Butterfield est bluffant dans le rôle titre avec son regard très expressif et son jeu tout en retenue, qui lui valurent de ne pas passer inaperçu en jeune druide Mordred dans la série télévisée Merlin. Une carrière à suivre. Autour de lui, des valeurs sûres : Ben Kingsley en marchand de jouets énigmatique au passé enfoui, Jude Law en papa bricoleur, Christopher Lee en bibliothécaire…

Un film idéal en période de fêtes, pour petits et grands.


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De Norman Bates, le 9 mai 2013 à 18:47
Note du film : 4/6

J'ai vu ce film très récemment en partant du postulat que je n'avais jamais été déçu par les dernières réalisations de Martin Scorsese. Et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu'il s'agissait d'un biopic détourné de Georges Méliès! A travers l'histoire (fictive) du jeune orphelin Hugo Cabret, Scorsese prend un malin plaisir à nous faire découvrir le cinéma à ses origines: visite des studios de Méliès à Montreuil, découverte des premiers effets spéciaux… On a parfois l'impression de s'être égaré dans les bonus d'un DVD nous contant le making of des films de Méliès.

Personnage trop souvent oublié par nos contemporains, Méliès méritait vraiment qu'un réalisateur lui consacre un long métrage (pas étonnant que Scorsese s'attela à la tâche, lui qui se bat pour sauvegarder les oeuvres sur pellicules et la mémoire du cinéma). Mais là où le bât blesse, c'est d'avoir mélangé les styles: entre fiction surjouée destinée à un public jeune et documentaire sur la mémoire du cinéma, il eût fallu trancher…

Les aventures d'Hugo Cabret ne sont qu'un prétexte pour nous présenter l'oeuvre et la vie de Méliès ce qui alourdit considérablement le film. Les scènes de la gare Montparnasse, aussi sublimes soient-elles sont d'une naïveté proche d'un conte de Disney et les acteurs se perdent dans un jeu trop théâtral (mention spéciale à Sacha Baron Cohen qui en fait des tonnes)

En somme, un film agréable mais qui nous laisse sur notre faim oscillant entre spectacle et patrimoine cinématographique…


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De Impétueux, le 3 novembre à 14:38
Note du film : 3/6

D'abord, évidemment, c'est un film de Martin Scorsese, un des grands réalisateurs qui comptent dans le cinéma d'aujourd'hui, dont j'ai beaucoup aimé Taxi driver, Raging Bull (malgré ma détestation de la boxe) et avant tout After hours ; et, en dernier lieu, profond et grave, Silence. Puis c'est un film pour jeune public, comme on dit, qui ne va pas chercher chez des super-héros étasuniens un sujet à base de performances quasi magiques ; et ce n'est pas un amateur du Magicien d'Oz qui dira du mal d'un récit dédié à l'âge heureux et capable de lui faire ouvrir de grands yeux émerveillés. Enfin on ne peut qu'être heureux de voir un film venant des grandes compagnies d'Hollywood rendre un hommage déférent à un des pionniers français du cinéma, Georges Meliès, bricoleur de génie, fantaisiste, magicien, inventeur, rêveur, équilibriste…

Ce n'est pas non plus une mauvaise idée que de bâtir le récit en multipliant les rencontres magiques, les événements miraculeux, les hasards fantastiques qui font les belles histoires et les belles aventures. Après tout un des plus jolis récits des vingt dernières années, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain est fait de ces circonvolutions enchantées, semblables aux plus charmantes légendes que les enfants écoutent en sentant battre leur cœur et regardent en s'éblouissant comme devant des étoiles vermeilles. Et aujourd'hui, mêler les prises de vue réalistes aux ressources infinies du tournage numérique peut donner une certaine vigueur et du rythme à un film que l'on souhaite virevoltant.

Mais je trouve que Norman Bates, au début de ce fil de discussion, exprime parfaitement ce qui ne va pas dans Hugo Cabret : On ne mélange pas les styles entre une fiction surjouée et un documentaire sur la mémoire du cinéma. Le roman graphique qui reconstitue un Paris de carte postale, qui vient, en un zoom rapide, s'insérer à l'intérieur des monuments, des ateliers, de l'horlogerie même, ne manque pas de qualité, séduit par l'inventivité de la démarche, amuse par ses cabrioles sympathiques. Parallèlement, le récit – tout à fait exact, hélas – des échecs subis par Méliès, la dégringolade de ses entreprises, sa déchéance financière, sa reconversion en obscur petit boutiquier qui ne veut plus entendre parler des succès et des ambitions passés a tout pour donner au spectateur le sentiment de la fragilité des triomphes du spectacle, de la précarité de la situation de bateleur public. Mais le mélange ne prend pas tout à fait, laisse insatisfait, vaguement déçu.

On aimerait aimer, évidemment, pour les raisons énoncées plus haut ; on n'est pourtant pas certain que si on avait emmené des gamins de l'âge d'Hugo (Asa Butterfield) et d'Isabelle (Chloë Grace Moretz), on n'aurait pas subi, en sortant de la salle, une moue un peu décontenancée…


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