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Forum : Grosse fatigue

Sujet : Blanc, le Splendide...


De Gilou40, le 6 avril 2011 à 16:21
Note du film : 4/6

Un film choral. Un film de copains. Michel Blanc est un grand acteur, je l'ai déjà dis dans ces colonnes. Et le metteur en scène qu'il laisse s'exprimer parfois n'a pas à rougir. Son coup d'essai avec Marche à l'ombre, même s'il ne fut pas celui d'un grand maitre, laissait présager que "le peignoir", comme le surnommait Dominique Lavanant dans Les bronzés allait faire parler de lui de belle façon derrière la caméra. Et en parlant des Bronzés, ce film culte et chou ou sont "nés" tous ces talents, on peut remarquer qu'à part Lhermitte, tous ont tâté de la mise en scène avec plus ou moins de bonheur. Dans le plus, la palme revenant à Jugnot et son excellent Une époque formidable . Pour le moins, Marie-Anne Chazel s'est égarée avec Au secours, j'ai 30 ans !. En ce qui concerne Clavier, il nous faudra attendre qu'il revienne de la lointaine Thaïlande où, dit on, il a embarqué Depardieu et Jean Reno pour une comédie débridée (!).

Grosse fatigue c'est, toutes grandes et grosses proportions gardées, Copie conforme, le petit bijou de Jean Dreville. Du moins c'est basé sur l'idée du sosie, vieille ficelle dans l'histoire du cinéma. Un homme doit rendre des comptes à la justice pour des méfaits commis par un type qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Notre Michel Blanc frisera la démence jusqu'à une fin très originale. Une question se pose : Le fait de s'entourer de potes et de quelques guest stars surprises suffit-il à faire un bon film ? Le récent demi-naufrage des Bronzés 3 démontre amèrement que non. Pourtant , ici, l'ex Monsieur Hire jongle habilement avec son petit monde et quelques situations cocasses. On ne peut pas évoquer de gros gags qui entreront dans la légende. Mais de belles réparties nous mettent en joie et quelques trouvailles nous galvanisent. Les effets spéciaux avec le sosie sont assez réussis, mais le meilleur est loin d'être là. C'est un prétexte, rien d'autre. Un prétexte pour dire les coulisses d'un métier redoutable…

C'est un film sur le cinéma. Ses ficelles, ses magouilles, ses dangers. On y évoque aussi et très habilement ses outrances, sa fragilité, et le terrible miroir aux alouettes qu'il représente. Michel Blanc connait son sujet. D'abord parce qu'il est "le" sujet de son film, et quand on a commencé en balayant les Tréteaux du Spendid, on sait de quoi on parle. Et l'ancien "peignoir" nous raconte, à travers des péripéties plus ou moins exaltantes, d'abord qu'il a grandi, et surtout, que ce ne fut pas de tout repos dans un monde impitoyable. Bien sur, il évoquera son amitié avec Gérard Depardieu, nous ravira en dénonçant les travers de ses copains les plus proches, Balasko, Depardieu et les autres, la "famille", nous conduira malgré lui dans ces agences pour sosies où des gens sans identités vivent et subsistent grâce à celles des autres. Il nous montrera l'impact incroyable que les acteurs célèbres peuvent avoir sur les gens simples. Une scène quelque peu grand guignol avec la très belle Carole Bouquet nous enseignera qu'une actrice peut se prendre, bien malgré elle, pour le Christ et faire marcher un paralytique. Il nous démontrera que cette masse informe et mystérieuse que l'on nomme "le public" peut revêtir mille atours. Le même public qui peut applaudir un film à succès de l'acteur et le lendemain, ne pas être étonné de le voir se livrer à des pitreries lamentables dans un supermarché de banlieue, pour arrondir ses fins de mois. Mais surtout, à travers ce film plein d'enseignements, il nous dira la souffrance de ceux que l'on croit trop souvent à l'abri de tout…Il dénonce mais il racole, il sollicite notre indulgence. Les acteurs sont de grands enfants, nous dit en substance Michel blanc. On y évoque la drogue, l'alcool, les parties fines, les aventures douteuses échappant aux paparazzis. Mais de manière avisée, Michel Blanc accumulent les clins d'œil pour nous dire :"-Vous le saviez, non ?-"

On ne peut pas dévoiler la fin formidablement bien pensée pour ceux qui n'auraient pas vu ce film. Je veux juste évoquer le regretté Philippe Noiret remontant les Champs-Élysées jusqu'à la tombe du soldat inconnu : "-Voilà où il est le cinéma Français !!-" Et d'entonner la sonnerie aux morts…Grosse fatigue est un film réussi dans le sens ou Michel Blanc, derrière une histoire de sosie qui tient plus ou moins la route, a voulu nous parler de sa vie, de cette passion qui parfois réserve aux plus fragiles les pires cauchemars. Entre le générique de début d'un film et le mot "Fin", des destins se sont joués, les rires ont fait places à des larmes amères, et bien des cabots ont su que longtemps ils continueraient à aboyer dans le dédain d'un public par trop exigeant. On ne sait pas, quand on paye sa place pour une projection, que ceux qui vont nous faire rire ou pleurer ont payé très cher pour ça…En tous cas, bien plus cher que nous.


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De Arca1943, le 6 avril 2011 à 19:01

Et ajoutons que comme héroïne au regard d'acier bien décidée à prendre les choses en main, Carole Bouquet nous change agréablement d'Arnold Schwarzenegger !


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