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Forum : Ces messieurs dames

Sujet : Avis


De Arca1943, le 1er juillet 2009 à 20:51

Mais dites donc, il m'avait échappé ce détail capital : Ces messieurs dames sort chez Carlotta en 2010 !! Oh que ça va être une belle prise.


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De Arca1943, le 1er juillet 2009 à 23:54

Et toujours au chapitre des bonnes nouvelles, ajoutons que le scénariste Furio Scarpelli, qui fête cette année ses 90 ans, n'a pas dételé : il co-écrit "Christine", un film de Stefania Sandrelli annoncé pour 2010. Longévité, vous avez dit longévité ?


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De traversay, le 12 avril 2010 à 16:54
Note du film : 5/6

Enfin Pietro Germi semble sortir du semi-oubli dans lequel il était tombé, lui l'égal de Risi, Scola, Monicelli et tutti quanti dans la comédie italienne. Jamais la satire de la moyenne bourgeoisie provinciale (Trévise, en l'occurrence) n'a été aussi féroce que dans Ces messieurs dames (Palme d'or à Cannes en 66, partagée avec Un homme et une femme) à l'égal des Monstres de Risi. Un vrai régal que ce massacre en règle du machisme ambiant et de la veulerie de cette micro-société dont les seuls moteurs sont l'argent et le sexe. Et bien réalisé, qui plus est, sur un scénario divinement écrit, à travers trois histoires distinctes où l'on retrouve peu ou prou les mêmes protagonistes. Une comédie italienne "al dente" qui n'a rien perdu de sa saine méchanceté.


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De Arca1943, le 13 avril 2010 à 14:03

« Jamais la satire de la moyenne bourgeoisie provinciale (Trévise, en l'occurrence) n'a été aussi féroce que dans Ces messieurs dames (…) qui annoncent Les monstres de Risi. »

Euh, c'est que Les Monstres de Dino Risi (1963) ont précédé de trois ans ce Germi.


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De traversay, le 13 avril 2010 à 14:17
Note du film : 5/6

En effet, désolé.


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De vincentp, le 1er avril 2012 à 23:11
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Des personnages de la bourgeoisie de Trévise s'agitent dans tous les sens, avec une seule préoccupation : draguer les jolies filles de la cité. Et échapper par la-même à la pesanteur des pensées moralisatrices de la société locale sous la coupe de notables et du clergé.

La charge sociale est féroce, le style de Germi dérangeant, déroutant (d'ou une bronca lors de la remise de la palme d'or du festival de Cannes en 1966 à Ces messieurs dames). On est dans le domaine de la farce burlesque, permettant de traiter par le rire des sujets sérieux. Les différents personnages frôlent l'hystérie, et pratiquent une surenchère verbale de tous les instants. Ils n'existent par ailleurs que par le collectif, lequel se déplace d'un lieu à l'autre comme un mêlée de rugby, et rattrape en son sein les joueurs indépendants. Pietro Germi pratique une démarche inverse à celle de ses personnages : il maîtrise son sujet, et conduit calmement le spectateur là ou il veut (à travers divers endroits de la ville, mettant à nu la psychologie de ces individus), avec doigté et finesse, pour montrer que les bourgeois sont des gens comme les autres, et que leur domination sociale, ou que les valeurs auxquelles ils sont soumis, sont artificielles, datées, et nécessitent des réformes sociales et politiques. L'emploi de comédiens peu connus -pour une question de budget réduit- donne un aspect authentique à l'ensemble. La forme est de grande qualité (photographie, musique, montage) mais le scénario, qui a la fonction d'une loupe grossissante permettant d'observer minutieusement les comportements des uns et des autres, et la mise en scène, dynamique et imaginative, sont tout simplement fantastiques.

On peut considérer néanmoins aujourd'hui, avec le recul du temps, que la charge sociale de Germi est finalement assez sage, et que Ces messieurs dames, extrêmement drôle et réussi, porte en lui des valeurs traditionnelles italiennes, profondément ancrées au sein de la culture cinématographique de son pays -développées par Antonioni, Bolognini, Dino Risi,… Car Germi manifeste, comme ses collègues cinéastes, et comme les personnages de son récit, une fascination de tous les instants pour la sensualité de ses actrices, et des femmes en général. Leur corps, leur chevelure, les traits fins de leurs visages, filmés sous toutes les coutures, sont magnifiés… Hautement désirables, leur seule présence semble justifier la démarche de séduction dans laquelle sont engagés leurs homologues masculins, plus préoccupés par cet aspect que par la tenue de leur rang social. Ces si belles créatures constituent de toute évidence un fluide précieux qui fait avancer le moteur de la création cinématographique italienne des années 1960 à 1980.


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