Forum - Gran Torino - Un shériff dans le midwest
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Sujet : Un shériff dans le midwest


De vincentp, le 4 mars 2009 à 23:21
Note du film : 5/6

Un très bon film, simple et carré, qui distille une douce émotion, comme Clint Eastwood metteur en scène en a l'habitude. Et puis des idées de mise en scène, comme la mise en parallèle de l'enterrement chrétien et du baptème Hmong. L'évolution du personnage principal est crédible. Mais il y a peut-être quelques toutes petites fausses notes dans la seconde partie, quelques facilités scénaristiques, quelques scènes exagérées (de petites erreurs d'écriture) ou manquant de relief (par exemple le jeune Thao chez le coiffeur), comme souvent chez Eastwood -il n'a à ma connaissance pas réalisé de film parfait-. Eastwood est un autodidacte, et cela se ressent : il ne maitrise pas à fond des concepts philosophiques comme un Douglas Sirk par exemple, ou même comme le John Huston de Moby Dick. Très à l'aise en revanche pour décrire la psychologie d'un fort en gueule, doté d'une forte sensibilité.


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De PM Jarriq, le 31 mai 2009 à 09:33
Note du film : 5/6

A présent, chaque nouveau film de Clint ressemble – qu'on le veuille ou non – à un testament, d'autant plus s'il en joue le rôle principal. Aussi Gran Torino a-t-il une portée bien plus forte que s'il avait été interprété par disons, Tommy Lee Jones ou Donald Sutherland. Grâce à Eastwood, c'est tout son cinéma, tous ses rôles, qui viennent habiter le vieux Walt, et hisser Gran Torino bien au-dessus de son matériau de base. Car le scénario est une aimable fable anti-raciste, naïve et accessible à tous publics, contant la rédemption d'un vieux guerrier bourré de préjugés, dans une Amérique qu'il ne comprend plus. Très à l'aise, Eastwood se laisse aller à des tics de jeu discutables (les grognements de chien d'attaque, qu'il pousse quand il est contrarié), mais sait jouer comme personne de sa propre légende : ainsi le dernier acte, où il organise tout pour une confrontation pétaradante, digne d'un "showdown" à la Sergio Leone, trouve-t-il une conclusion inattendue et mature.

A presque 80 ans, Clint Eastwood continue de nourrir sa légende, sans jamais se renier, sans jamais se ridiculiser, avec un humour et une lucidité étonnantes. De lui, on sait déjà qu'il ne fera jamais ce "film de trop", tant redouté des vraies stars, qui pourtant savent rarement l'éviter (Kirk Douglas, ou Delon et Belmondo chez nous, pour ne citer qu'eux).

L'image de cette haute silhouette décharnée, clope aux lèvres, pointant un index en guise de revolver sur le gang de voyous, restera une des plus fortes de la carrière de "l'homme sans nom".

PS : pour répondre à vincentp, qui pense que Eastwood n'a jamais réalisé de "film parfait", je trouve que Impitoyable et Mystic river se rapprochent tout de même très sérieusement de l'appellation !


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De Arca1943, le 12 juin 2009 à 03:34
Note du film : 5/6

Du gâteau. Attentif aux détails triviaux, qui "font vrai" – malgré certaines coutures de fil blanc – l'image qui me reste en tête c'est la vieille d'à côté qui crache plus loin que Kowalski. Cette vieille qui reste une silhouette secondaire, je ne pouvais m'empêcher de la voir comme l'alter ego du vieux buté – et cette scène du crachat arrivait pile pour confirmer mon impression. Je me pris alors à me demander, le temps d'un éclair, ce qu'elle avait bien pu vivre comme aventures avant d'aboutir aux USA. Pour survivre pendant la guerre du Vietnam, peut-être que – alors femme vigoureuse, dans la force de l'âge – elle a eu à descendre un type ou deux…? De toute la famille, n'est-ce pas elle qui semble le moins impressionnée par les exploits du voisin avec son M1 ? Peut-être même qu'elle était dans l'armée Vietcong et qu'elle aussi a son coffre quelque part dans la maison, avec dedans un vieux fusil, ou une longue arme blanche…

Eh oui, il arrive que mon imagination me joue des tours. Si j'aime bien cette petite vieille, c'est que sa famille dans son ensemble me semble un peu trop idéalisée, un peu trop hollywoodienne ; et je trouve que c'est une des limites de ce film par ailleurs magnifique.


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De PM Jarriq, le 12 juin 2009 à 10:41
Note du film : 5/6

Il est vrai que le personnage de la vieille est aussi elliptique qu'inoubliable. D'ailleurs, le crachat était déjà un des signes distinctifs de Eastwood dans Josey Wales.


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De Torgnole, le 14 juin 2009 à 15:19
Note du film : 5/6

Le personnage d'Eastwood n'est pas sans rappeler celui d' Honkytonk Man : maladie des poumons, attachement à un gamin etc… Un film agréable qui se boit comme du petit lait, comme la plupart des films de Clint.

Je suis assez d'accord pour dire que Mystic River et Impitoyable frisent la perfection technique, peut-être même un peu trop.


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De vincentp, le 14 juin 2009 à 19:53
Note du film : 5/6

Effectivement Mystic river et Impitoyable frisent la perfection. On peut ajouter aussi Sur la route de Madison (par moments).


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De reno, le 14 décembre 2009 à 23:30

Eastwood est un artiste il est vrai que mystic river est un chef-d'œuvre cinématographique qui est dû aussi au choix et a la direction des acteurs.


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De Steve Mcqueen, le 17 mai 2010 à 12:45
Note du film : 3/6

Déçu par ce film de Clint (que j'adore pourtant) après avoir lu vos critiques. Clint surjoue, et le voir dégainer son flingue à presque 80 ans fait un peu de peine à voir…. L'histoire est lente, le film trop long et stagne dangereusement vers le milieu.Tout ça pour quoi ? Une banale histoire de haine raciale méchamment stéréotypée.

Malgré tout, le charisme de la star agit toujours et on peut sauver quelques séquences : les terribles séquelles de l'agression de la fillette, les scènes hilarantes avec l'ancien patron de Clint, l'avant dernière séquence furieusement westernienne et la dernière image joliment lyrique.

Mais c'est peu…


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De Tamatoa, le 12 mars 2012 à 18:32
Note du film : 3/6

Assez défrisé, moi aussi, par ce Gran Torino que je ne connaissais pas. Voir le grand Clint Eastwood jouer les Tatie Danielle grommelant, bougonnant, maugréant une grande partie du film fait plutôt peine à voir. Et si il est vrai qu'il y a mille choses à décrypter dans ce film, le tout est un peu saccagé par ce personnage que Clint Eastwood a voulu très profond, de façon excessive, et qu'il n'a pas su nuancer. Pour autant, sa performance d'acteur reste ce qu'elle a toujours été. Même si par le passé, Eastwood a été abondamment critiqué jusqu'à l'extrême, lui décerner une note assez basse se fait le rouge au front. Je m'en mors les doigts mais j'attendais beaucoup de ce film. Par exemple, dommage qu'on n'ait pas vu cette voiture de légende dans des courses poursuites vrombrissantes. Mais le sujet, malgré le titre, n'était pas là. Ça traine en longueur. C'est pesant. Le message essentiel, le pur Prémium de ce film était surement dans ces parages là. J'avoue qui' il m'a échappé. La fin, c'est vrai, est assez prenante.

L'Inspecteur Harry a vieilli. Entre temps, il a su se reconvertir en bien des personnages hauts en couleur pour notre plus grand bonheur. Ici, il nous rappelle que la vieillesse est un naufrage. Ça peut être un beau sujet de film. Mais pas avec un titre pareil.


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De Impétueux, le 3 décembre 2015 à 15:57
Note du film : 4/6

Je suis loin de connaître bien l'abondante filmographie de Clint Eastwood, réalisateur que j'ai découvert assez tardivement, il est vrai. En tout cas, à chaque fois je suis partagé entre le facile agrément ressenti grâce à des histoires plutôt originales et bien construites et une certaine insatisfaction. Insatisfaction entraînée par un manque d'épaisseur des films qui fait, pour moi en tout cas, qu'on ne conserve pas grand chose en tête de ces réalisations. Peu d'images fortes, peu de dialogues éclatants, peu de personnalités vraiment marquantes. En gros, de la belle ouvrage, filmée souplement, de bons acteurs, du rythme, un plaisir immédiat qui fait qu'on ne s'ennuie pas et qu'on oublie vite.

Qu'est-ce qui n'est pas prévisible, dans Gran Torino, à part le retournement final, lui-même un peu trop pathétique et ostentatoire pour être satisfaisant ? À part cette pirouette terminale, est-ce qu'on ne comprend pas d'emblée que, quoi qu'il fasse, malgré qu'il en ait et en dépit de ses jappements divers, le vieux Polak Walt Kowalski (Clint Eastwood lui-même), vétéran de Corée, grognon, bougon, ronchon, misanthrope, un peu raciste, ennemi du jeunisme et de la nouveauté sous toutes ses formes, ne va pas être amadoué par ses nouveaux voisins hmongs ? C'est tout de même assez cousu de fil blanc, cette mauvaise humeur agressive, ce personnage d'ancien col bleu des usines Ford, qui vient de perdre la femme de sa vie et pour qui ne comptent plus que sa chienne Labrador et son drapeau étasunien, sa pelouse râpée et sa glacière pleine de bières. Passé la première demi-heure du film, on sait bien tout ce qui va se passer par la suite, l'affection presque paternelle qui naît entre Walt et Thao (Bee Vang), le petit jeu de presque séduction entre le vieil homme et la jeune Sue (Ahney Her), la sœur aînée de Thao, les bisbilles avec le gang hmong et ce qui en découle, le viol de Sue et la rage de Thao… jusque, donc, la trop matoise fin.

Mais donc est-ce que tout cela n'est pas extrêmement prévisible, absolument évident, cette moquerie d'Eastwood sur sa propre personnalité de grande gueule républicaine, adepte de la Loi et de l'Ordre, féru d'armes à déchiqueter un éléphant à un kilomètre, nostalgique de l'Amérique blanche ouvrière et conservatrice des petits blancs ritals, polaks, irlandais ? Amérique du Middle-West, des usines d'automobiles, de la tarte aux pommes et de la dinde de Thanksgiving ; finalement le monde de la mythique Gran Torino, morte avec la déconfiture industrielle de Detroit et à qui Walt survit, pestant contre les Toyota qui envahissent son espace…

Si l'on prend le film comme la chronique d'une disparition, ou d'un effacement, plutôt, celui de l'image traditionnelle des États-Unis, certes depuis toujours composite mais qui ont désormais éclaté entre une multitude de minorités qui, ensemble, sont devenues électoralement majoritaires (féministes, noirs et chicanos, homosexuels par exemple), ont fait le succès d'Obama et vraisemblablement, demain, celui d'Hilary Clinton, on peut y trouver un grand intérêt sous-jacent…


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