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Forum : L'Etrange histoire de Benjamin Button

Sujet : Suis je le seul...


De dumbledore, le 24 février 2009 à 00:30
Note du film : 1/6

… à trouver que ce film est une grosse "daube"? Les effets sont impressionnants (maquillage/effets spéciaux), mais qu'au fond ce film ne raconte rien, ne traite pas le sujet : on ne sent pas Benjamin Bouton enfant au début et il devient sans mémoire à la fin, autrement dit les deux moments potentiellement intéressants sont zappés car non abordés… et que tout le reste est terriblement conventionnel ! Et puis cette histoire de lettres lues sur le lit de mort. Comment peut-on encore oser cette niaiserie !!! Ça marchait chez Maupassant, un peu chez Clint Eastwood car il adaptait Maupassant (Routes de Madison), mais bon, c'est lourd et pathétique non? Grosse déception… Allez ça me donne envie d'aller revoir le grand Gran Torino et Revolutionary Road !!!


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De Arca1943, le 24 février 2009 à 04:04

Vous êtes sans doute la voix de la Raison, Dumbledore. Mais voilà, spectateur impressionnable, voire frivole, je regarde ce casting féminin : Cate Blanchett, Tilda Swinton et Julia Ormond… Pff ! Comment résister ?


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De DelaNuit, le 24 février 2009 à 09:57
Note du film : 5/6

Pour ma part j'ai bien aimé cette fable, que j'ai trouvée poétique et touchante. Je ne me suis pas posé la question des effets spéciaux, qui à mon goût sont suffisamment réussis pour se faire oublier, et je n'ai pas trouvé comme d'autres que le film avait des longueurs car j'aime les films lents.

Je trouve qu'il y est question de thèmes éternels qui nous concernent tous : la vie, la mort, la naissance, la vieillesse, la perte des être chers, la différence…

Sans doute, on aurait pu traiter la chose de bien d'autres façons, en insistant davantage sur certaines périodes de la vie du personnage, mais peut être une volonté de pudeur et d'éviter trop de pathos a-t-elle conduit à passer plus rapidement sur certains aspects.

On aurait pu aussi glisser davantage de réflexions philosophiques… Tel n'a pas été le but du réalisateur, qui reste sur le terrain de l'émotionnel, afin que chacun investisse le film de son propre ressenti et de son propre vécu.

Ainsi, les allusions à l'horloge qui marche à l'envers, à l'oiseau aux ailes rapides formant les boucles du "8" allongé de l'infini, ou aux Parques, déesses filant le destin des hommes, que l'on peut maudire avant de mourir mais auxquelles il faut bien se soumettre, ne sont qu'esquissées, cueillies au passage.

Pour moi, la grande force de ce film est de nous amener à nous poser des questions sur le sens que l'on donne à sa propre vie, le droit à la différence, les bornes de la naissance et de la mort, l'inéluctable vieillesse, par le truchement d'un conte fantastique dont le personnage vit tout cela à l'envers. C'est comme se regarder dans un miroir qui montre une réalité inversée, mais renvoie malgré tout à notre réalité.

Notre époque matérialiste voudrait oublier tout cela, tant les médias tentent de nous convaincre que le bonheur est dans la production et la consommation. Et j'ai bien souvent l'impression que beaucoup de jeunes sont bien loin des combats de leurs aînés, suffisamment heureux de posséder des objets ou des fringues à la mode.

En faisant porter de telles questions par des acteurs à succès tels Brad Pitt, et des actices de grand talent telles Cate Blanchett ou Tilda Swinton, on pousse le spectateur dans les salles pour lui renvoyer ces questions qu'il élude la plupart du temps, et cela me semble une bonne chose.

Pour moi, ce film se situe donc dans la même démarche que Les noces rebelles, où Di Caprio et Winslet portent la réflexion sur la vie de couple et les dangers du conformisme, renvoyant le spectateur qui ne croyait voir qu'un film sentimental à des questionnements sur le sens de sa vie : mariage, enfants et réussite sociale ne seraient-ils pas le modèle absolu qui convienne à tout le monde ? De même, Benjamin Button invite chacun à mener sa vie à sa façon selon ses propres valeurs et goûts sans se soucier du jugement des autres.

Certes, ces films sont très différents dans la mesure où Les noces rebelles se veut réaliste alors que Benjamin Button est une fable poétique, et leur forme ne peut pas plaire à tout le monde. Mais ils questionnent le spectateur sur ses choix de vie, ce qui me semble une excellente chose.

Pour Benjamin Button, je dirais que ce film est avant tout une aventure à vivre soi même : il offre une belle toile qui s'enrichit de ce qu'on lui apporte, de ce qu'on y investit de soi même. Faut-il se plaindre de ce que le cinéma ne nous considère pas toujours comme des consommateurs passifs ?


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De Torgnole, le 24 février 2009 à 12:54
Note du film : 4/6

Lors de la projection de L'Etrange histoire de Benjamin Button en salle, je me suis dit au bout d'un quart d'heure : "ça, c'est un film que je ne regarderais pas deux fois." Cette impression s'est confirmée tout au long de ces trois heures, durant lesquelles on ne s'ennuie pas mais la richesse des thèmes abordés n'est pas non plus assez dense pour marquer durablement les esprits.

Les effets visuels sont tellement réussis, comme le dit Delanuit, qu'on finit par les oublier. L'aspect fantastique est assumé et accepté sans aucun attardement explicatif ni aucune interrogation scientifique. Mais cette fable profite-t-elle de ce ton légèrement irréaliste pour aborder de bonnes questions et faire réfléchir le spectateur? Finalement, cette inversion du temps a-t-elle une utilité scénaristique originale?

Dans l'absolu, sûrement, mais Benjamin Button ne profite pas pleinement de cet aspect du scénario et manque clairement de force philosophique et de trouvailles temporelles cocasses (comme le point de convergence où Brad Pitt et Cate Blanchett se retrouvent lors d'une courte période avec le même âge physique). On a parfois l'impression que cette inversion du temps est simplement un prétexte afin de réaliser les fameuses prouesses techniques encensées, tant au niveau du maquillage, que du jeu des acteurs et des époques évoquées.

Pour ce genre de film à réflexion philosophique, le matériel visuel aurait dû être au service du propos et non l'inverse. Personnellemnt, je pense que le mélange fantastique et fresque sentimentale n'est pas assez bien dosé pour fonctionner vraiment et qu'avec ce genre de scénario, un Tim Burton, par exemple, en aurait relevé plus de saveur.


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De DelaNuit, le 25 février 2009 à 11:03
Note du film : 5/6

Pour info, interview de Julia Ormond à propos de son rôle (Caroline) dans le film :

"J'ai senti l'émotion du projet en le lisant. J'étais intriguée que David Fincher veuille le faire : c'est différent de ses autres films, que j'aime beaucoup. C'est un film mélancolique, mais c'est aussi une célébration de la vie. Caroline est isolée du reste de l'histoire, et ce qui est intéressant, c'est qu'elle découvre ce qui s'est passé en même temps que le spectateur.

David a évité les pièges du sentimentalisme. La force de ses choix est dans ce qu'il ne montre pas : Caroline est au chevet de sa mère mais n'est pas là quand elle meurt, par exemple. On ne voit pas nécessairement les grands moments dramatiques, qu'un acteur a tendance à désirer, mais leur impact sur l'existence. David montre ce qui se passe dans la vie. Son film n'est pas commercial mais universel. Il n'est pas sirupeux mais vrai. Il parle à tout le monde. J'aime travailler avec des réalisateurs qui ont une vision personnelle et me permettent d'y participer. C'est un honneur car, quelle que soit votre carrière, vous évoluez toujours dans un espace de fragilité, et c'est enrichissant d'être invité à partager de telles visions."

(interview dans "Studio / Ciné Live" magazine n°1 (février 2009).


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De Torgnole, le 25 février 2009 à 15:26
Note du film : 4/6

Ces louanges sont bien jolies Delanuit, mais vous ne verrez jamais un acteur démolir le film dans lequel il joue, surtout en période de promotion. Si David Fincher est indéniablement un auteur intéressant, ces deux derniers films sont plutôt moyens, tout en restant d'une qualité technique remarquable.

"ce qui est intéressant, c'est qu'elle découvre ce qui s'est passé en même temps que le spectateur."

Wouah! Quel originalité effectivement! Du jamais vu!

"David montre ce qui se passe dans la vie. Son film n'est pas commercial mais universel."

Si David ne sombre pas dans le sentimentalisme aigu, ce qui, je vous l'accorde, est appréciable, le film n'en demeure pas moins d'une roublardise extrême à l'égard des spectateurs et spectatrices qui prendront un plaisir certain à voir rajeunir leur acteur favori. Et puis, dire d'un film qu'il n'est pas commercial, mais universel, quel doux euphémisme digne des plus grands gourous de l'histoire!

"Il n'est pas sirupeux mais vrai".

Alors pourquoi utiliser l'aspect fantastique de la vieillesse inversée, sinon pour appâter le spectateur qui non content d'aller souffrir un drame, pourra s'engouer d'aller voir une fable.

Mais je n'éssaie pas de vous convaincre de ne pas aimer le film, je l'ai apprécié également et tant mieux s'il vous a touché aussi. Méfiez-vous tout de même de ces interview élogieux dans lesquels tout ce qui est dit est écrit à l'avance et n'a pour but que de rameuter le client.


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De DelaNuit, le 25 février 2009 à 16:09
Note du film : 5/6

Je vous remercie de vos conseils, mais j'ai bien conscience qu'un acteur ne va pas dire du mal d'un film dans lequel il a tourné, du moins pas quand il sort sur les écrans. (quelques années plus tard, certains se lâchent…!)

Je n'essaie pas de vous convaincre. Personnellement, j'ai aimé ce film, je l'exprime et j'utilise des citations allant dans le même sens… C'est de bonne guerre !

Mais l'intérêt de ces forums est que chacun peut y exprimer ses points de vue différents et les étayer. Cela en fait toute la richesse, à l'opposé des revues de cinéma qui la plupart du temps (sauf exceptions) n'expriment qu'un point de vue, d'un seul critique, sur les films, alors qu'il serait bon d'avoir à chaque fois plusieurs sons de cloche pour se faire une idée, puisque nous avons tous des sensibilités si différentes…


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De PM Jarriq, le 25 février 2009 à 17:30
Note du film : 5/6

Je vous remercie de vos conseils, mais j'ai bien conscience qu'un acteur ne va pas dire du mal d'un film dans lequel il a tourné, du moins pas quand il sort sur les écrans

Et pourtant, je me souviens d'interviews incendiaires de Michel Serrault, pour la sortie d'un de ses films des années 80, et surtout de Brando, qui avait sabordé la promo de Premiers pas dans la mafia.


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De Torgnole, le 25 février 2009 à 17:50
Note du film : 4/6

Deux exemples d'acteurs excentriques qui avaient tendance (je pense surtout à Michel Serrault car je connais peu Marlon Brando que je devine comme étant un personnage à caractère difficile) à s'amuser des médias de par leurs provocations incessantes. Il est désormais rare de rencontrer un acteur, un réalisateur, ou scénariste et ingénieur quelconque, dissuader le public d'aller voir le film dans lequel ils interviennent, on a même souvent droit à des : "C'est le type le plus extraordinaire avec qui j'ai bossé", " C'est le meilleur", etc… Cela en devient parfois pathétique dans certains bonus de DVD qui paraissent alors bien superflus. La prouesse tient du génie quand il s'agit d'encenser des films comme Astérix aux Jeux Olympiques, voir quelques interview de Benoît Poelvoorde, tout en finesse mielleuse, acteur pourtant réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche.


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De PM Jarriq, le 25 février 2009 à 18:20
Note du film : 5/6

Tout à fait d'accord.

C'est pourquoi je pense que les seuls bonus (boni ?) valables, sont ceux filmés des années, voire des décennies après la sortie du film en question. Là, peut-être, on peut apprendre des choses intéressantes et sincères.


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De Romuald, le 25 février 2009 à 19:09

Vous n'avez pas entendu Patrick Dewaere démonter, anéantir, cracher sur La Stanza del vescovo de Dino Risi….Il est vrai que La chambre de l'évêque ne fut pas véritablement une étoile dans sa filmographie . Mais tu parles d'une promo qu'il à fait à ce film ! Et sans vergogne !

                                                        pour Lagardère.

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De PM Jarriq, le 11 mai 2009 à 09:32
Note du film : 5/6

Visiblement, L'étrange histoire de Benjamin Button est un film qui partage. Tant mieux.

Personnellement, j'ai succombé à son charme tranquille et désuet, son ton de fable sudiste, et la gentille perversité de son message. Fincher, dans la scène-clé du film, nous montre les deux amants devant la glace de la salle de danse. Ils veulent se souvenir de ce moment, où tout est harmonieux : ils ont le même âge, ils s'aiment, tout va bien. Mais ils savent, nous savons, que tout cela est éphémère. Comme si cela ne concernait que les personnes vieillissant à l'envers ! C'est en décrivant l'exception, que Fincher parle insidieusement de l'universel, le bonheur forcément fugace, l'inéluctable, la séparation. En cela, L'étrange histoire de Benjamin Button est d'une profonde tristesse, traversé d'éclairs d'optimisme dérisoire (Tilda Swinton réussissant son pari, avec vingt ans de retard). Quant à l'image de cette vieille dame élégante embrassant ce tout petit garçon dont elle tient la main, dans la rue, elle risque de hanter longtemps les mémoires…

Le film est plus lent que long, certains passages (les marins) sont inutilement étirés, mais Pitt et Blanchett déjà mariés dans Babel, sont idéalement castés, et comme il est dit plus haut, les F/X tiennent du prodige.

Un joli conte, qui embrasse des thèmes énormes, et parvient à les contenir dans ses presque trois heures de projection, sans se complaire dans la surcharge esthétique, à laquelle auraient peut-être cédé un Burton ou un Gilliam, plus accoutumés à ce genre de projet.

Décidément, il faudra peut-être que je revoie Zodiac, qui est le seul film de Fincher auquel je n'ai pas accroché…


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