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Forum : Mourir d'aimer

Sujet : Magistrale interprétation


De lucifer, le 16 novembre 2007 à 19:14
Note du film : 6/6

Quelle magistrale interpétation Annie Girardot à donné de ce professeur de lettre, morte pour avoir trop aimé en franchissant ce qui à l'époque était un interdit. Et cette histoire fut vraie bien sur. C'est à revoir et à rééditer. Annie Girardot a par son immense talent sur faire passer une émotion et un sentiment de révolte face à la bêtise humaine, je ne suis pas prêt d'oublier.


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De Gilou40, le 26 novembre 2010 à 20:25
Note du film : 4/6

Il est vrai que ce fichu article 227-25 concernant le détournement de mineurs a du en enquiquiner plus d'un ! Et à plus forte raison, plus d'une !
Je ne sais pas si cette loi remonte à notre Napoléon National mais il serait peut-être temps de la changer. Parce que nous, nos moeurs et la réalité des choses avons changé .

Si je connaissais le visage de Gabrielle Russier

celui de Christian m'était inconnu. En tous cas, un Bruno Pradal frisant les deux mètres et s'exprimant comme un procureur malgré ses dix sept ans, franchement, je me demande ce que la loi vient faire dans cette histoire. Je suppose que Cayatte a choisi ce comédien pour sa ressemblance. Et si la véritable héroine de ce drame était aussi douce et femme que notre Annie Girardot, cette Idylle regarde décidément deux coeurs et pas les tablettes de la loi. Détournement de mineur ! L'époque n'était pas encore aux femmes "Cougars", très largement ménopausées, très en vogue aujourd'hui et à qui on trouve toutes les bonnes raisons du monde de se trimballer avec des minets à peine pubères.

Mais ce film, taillé à la serpe, sans fioritures, comme la plupart des films de Cayatte, c'est aussi et peut-être avant tout une occasion de plus de faire la part belle aux evènements de Mai 68. Sous les pavés, les sous-tifs ! La kermesse héroique… On y fait abondamment allusion et on a l'impression que cette histoire d'Amour entre cette prof et son élève découle tout à fait normalement des évènements encore tous frais. Du moins veut on nous l'enfoncer bien dru dans le ciboulot. Pourquoi ? "L'explosion" de ceci, l'explosion de celà, la "libération" de ceci , la libération de celà. A gai, à gai, nous sommes libres ! Le beau mois de Mai libérateur (et de quoi donc ?) est passé par là: Baisons ! Baisons !

Et j'ai comme l'impression que le cinéaste a voulu justifier cette "révolution" beaucoup plus qu'il ne s'est intéréssé à l'histoire elle même, au fait divers scandaleux du moment. C'est l'impression que j'en ai. Mais il n'en demeure pas moins que ce film reflête une époque pleine de béni-oui-oui à vomir, de morale(s) plus douteuse(s) qu'autre chose, et d'esprits bien étriqués. Dans le rôle du père indigné, François Simon, le frère de l'autre, joue merveilleusement ce genre de spectre en veilleuse à tout jamais. Crânement, il cache sa propre médiocrité en jetant l'opprobre sur une pastorale qu'il jalouse atrocement. Très bel acteur, en passant. Mais resté dans l'ombre d'un géant… Aujourd'hui, Gabrielle Russier passerait dans les émissions les plus trashs et tout le monde applaudirait devant le Buzz (!) produit. Le film en lui-meme n'est pas déplaisant. En tous cas, rien à voir avec l'immonde téléfilm réalisé par Dayan avec Muriel Robin ! Là, on se demande si ce n'est pas une oeuvre sur le mauvais gôut des ados.

Loin de moi l'idée de faire l'apostolat de l'Amour interdit. Mais pousser une femme au suicide sous prétexte qu'elle a choisi l'ivresse dans un flacon en rien trompeur, c'est fort de café. Aujourd'hui, on trouve bien et beaucoup trop d'excuses à des femmes qui congèlent leurs bébés comme des représentantes de chez Picard. Et pourtant, si il y a détournement, il est là. Pas dans le regard d'une femme pour un sportif de deux mètres !


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De Arca1943, le 26 novembre 2010 à 21:29

« François Simon, le frère de l'autre, joue merveilleusement ce genre de spectre en veilleuse… »

Acteur suisse méconnu, perçant au cinéma sur le tard dans Charles mort ou vif d'Alain Tanner, je crois que François Simon est en fait le fils et non le frère du grand Michel Simon. Il avait aussi un autre rôle secondaire inoubliable en archiprêtre confronté au vieux fond païen de ses ouailles dans Le Christ s'est arrêté à Eboli.


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De Gilou40, le 27 novembre 2010 à 00:56
Note du film : 4/6

Y'a Arca, y fait rien qu'à m'embêter ! Quand je vote pour ses films Italiens dont je n'arrive pas à saisir la moindre parcelle, je n'ai même pas droit à un sourire. Et quand je parle du frère de Michel Simon, y dit que c'est son fils ! Y'a Arca, y fait rien qu'à m'embêter !


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De verdun, le 2 mars 2021 à 14:44
Note du film : 5/6

Remercions France 5 d'avoir rediffusé hier soir Mourir d'aimer, à l'occasion des dix ans de la mort de Annie Girardot.

Comme il l'a été précisé dans les messages précédents, ce film de 1971 évoque l'affaire Gabrielle Russier, ce fait divers qui vient de secouer la France de Georges Pompidou. Une enseignante tombe amoureuse d'un de ses élèves mineurs -la majorité étant alors fixée à 21 ans- mais cette histoire est condamnée par les parents du jeune homme, et par les institutions d'une France qui venait pourtant de connaître les soubresauts de Mai 68. On se souvient des mots, empruntés à Paul Eluard, prononcés par le président Pompidou lors d'une conférence de presse: "comprenne qui voudra, moi, mon remords ce fut, la victime raisonnable au regard d'enfant perdu …"

Mourir d'aimer est resté dans les mémoires pour avoir donné à Annie Girardot l'un de ses plus grands rôles. Cette histoire poignante permet en effet à la star de déployer son jeu, d'une intensité émotionnelle indéniable. Mais on a bien tort d'oublier son partenaire Bruno Pradal, lequel fit carrière à la télévision avant de mourir prématurément au début des années 1990, qui me semble largement faire jeu égal avec la star dans le rôle du trop jeune amoureux. Le physique de Pradal et son côté impulsif me font penser à Patrick Dewaere, ce qui n'est pas un mince compliment sous ma plume.

C'est du Cayatte dernière manière: le cinéaste ne fait pas dans la dentelle pour mener à bien son combat contre l'injustice et la haine. Les gentils sont très gentils et les méchants sont méchants. Le talent de François Simon et de Claude Cerval, qui incarnent respectivement le père du jeune homme et le juge d'instruction en charge du dossier, est manifeste. Néanmoins on peut regretter que les personnages qui s'opposent à cette liaison sulfureuse manquent de substance. Cela n'empêche pas Mourir d'aimer d'être un film réussi puisqu'il parvient à atteindre pleinement son but: frapper au cœur le spectateur et décrire de façon convaincante une société sclérosée, incapable de laisser ces deux êtres qui s'aiment vivre leur passion.

La mise en scène est sobre, évitant de sombrer dans le mélo total. Le générique de début, où l'on entend le seul bruits des camions de pompiers qui se déploient dans la ville, ainsi que la fin dans la pénombre sont de vrais et purs moments de cinéma.

A noter deux anecdotes. 1°) Contrairement à ce qui est souvent dit, la fameuse chanson d'Aznavour "Mourir d'aimer" ne figure pas dans la bande-originale de ce film. Elle est "inspirée du film d'André Cayatte" selon la pochette du 45 tours ci-jointe.

2° Lorsqu'il eut connaissance du projet du film, François Truffaut écrivit une lettre ouverte à Annie Girardot, accusant Cayatte de "faire les poches de cadavres encore tièdes" et exprimant le souhait de voir l'actrice démentir sa participation à un tel projet. En vain.


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De Frydman Charles, le 2 mars 2021 à 17:03
Note du film : 5/6

Enorme succès à la sortie du film. L'affaire Gabrielle Russier avait suscité une réaction de sympathie de Pompidou. 5 912 404 entrées". Réaction de Pompidou lors d’une conférence de presse le 22 septembre 1969 : "Je ne vous dirai pas tout ce que j'ai pensé sur cette affaire. Ni même d'ailleurs ce que j'ai fait. Quant à ce que j'ai ressenti, comme beaucoup, eh bien, Comprenne qui voudra ! Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdue, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés. C'est de l'Éluard. Mesdames et Messieurs, je vous remercie". Mai 1968 n'était pas loin. La liberté des mœurs n'est plus de mise aujourd'hui, et le film serait probablement reçu différemment. Sur la pression des parents ldes psychiatre veulent faire passer Gérard pour fou. Gérard veut démontrer le contraire.Un premier psychiatre aux allures de professeur ver ses lunettes cerclées, lui demande de dessiner un arbre:"dessinez moi un arbre-N’importe lequel arbre ?-sauf un sapin" . Un deuxième psychiatre au regard inquietant fait passer un test à Gérard , une variante du test de Rorschach

. Gérard à une réponse simple, censée : "c'est un type qui cherche à s’évader par une fenêtre, à moins qu’il ne veuille rentrer", "c’est embêtant de ne pas savoir ?" Le psychiatre "non". Gérard à l’attitude d’un élevé studieux. Un type qui veut rentrer, drôle d’idée ! Les fenêtres françaises ouvrent vers l’intérieur, c’est le cas de l’image, c’est bien un type qui cherche à rentrer ! (Les fenêtres anglaises ouvrent vers l’exterieur, mais sont peu répandues en France). l'image est simple, noire, suscite peu de variantes… pourquoi l'homme passe-t-il par la fenêtre ? S'il va vers l'exterieur,il voit le mari de sa maitresse arriver ? Il veut se suicider ? Dans un univers bien noir une petite fenêtre s’ouvre sur la lumière ? Comme pour le test de Rorschach le psychiatre veut peut être savoir si le noir suscite des idées noires ? Les tâches du test de Rorschach sont informes et peuvent donner lieu a de multiples interpretations, l’image du film est précise et les interprétations limitées. Malgré un rapport disant que Gérard est normal, Gérard sera interné en raison du rapport du psychiatre Labourasse au service des parents . Un psychiatre qui n’à pas examiné Gérard !!! Il Sera interné à la clinique Sainte Agathe, mais vers 1 h Danièle appelle la clinique des bleuets (elle ne connaissait pas la clinique ou Gérard à été amené) pour prendre des nouvelles de Gérard. A Sainte Agathe , on lui répond que personne de ce nom est hospitalisé (ce qui est faux). Vers 1 h 31 Danièle téléphone d’une cabine à son père qui lit Nice-matin . Avec une loupe il lit l'article sur le procès (à droite un article sur une explosion et un incendie aux entrepots des ponts et chaussées maritimes à Golfe Juan. Les deux pompiers et les policiers du commissariat central sur place font échos à ceux qui sillonnaient Rouen pendant le générique du début . «Mourir d’aimer» s’inscrivais alors au milieu de l’image des véhicules qui passent sur le pont Pont Guillaume-le-Conquérant
. Une femme , Thérèse Arnaud, 3 rue Romain Rouen (Nathalie Nell ici dans "les risques du métier)
,l’amie de Danièle, semble les attendre comme si elle était une voisine qui a senti le gaz et les rejoint lorsqu’ils se rendent chez Danièle qui vient de se suicider ?
Vue l’importance des forces déployées (2 camions de pompier et une voiture de police) on pourrait supposer qu’il y a un risque d’explosion au gaz. Mais rien ne permet de l’affirmer. Est-ce une erreur du film ? La jeune femme du début du film (Thérèse, on ne le saura qu’après) , semble être une voisine qui a appelé les pompiers parce qu’elle à senti le gaz. Elle attend les pompiers dans la rue. Or Thérèse habite loin de Danièle. Lorsqu’à la fin du film Gérard apprend que Danièle s’est suicidée au gaz, il semble parcourir tout Rouen pour aller chez Danièle. En fait Thérèse organise des rencontres secrètes entre Gérard et Danièle. Elle invite Gérard et Danièle à dîner. Gérard par téléphone et va chercher Danièle, elle aurait senti le gaz en arrivant. Danièle n’a pas le téléphone ? Sinon Thérèse aurait pu provoquer une explosion en lui téléphonant . Danièle correspondait toujours par écrit, elle avait écrit à Thérèse pour qu’elle organise une rencontre. Elle téléphonait d’un café ou d’une cabine. Thérèse la contactait dans la rue pour lui obtenir un rendez vous avec Gérard. Néanmoins vers 24 mn alors qu’elle est chez elle avec Gérard, on croit entendre une sonnerie de téléphone, puis la sonnerie devient continue. C’est le père de Gérard qui sonne à la porte en insistant. L'immeuble de Danièle est très peu vu de l’extérieur :
. On le voit une fraction de seconde à contre jour à la fin du film lorsque Gérard viens d’apprendre que Danièle s’est suicidée et qu’il se précipite chez elle
. Thérèse reçoit Gérard à la fin du film pour dire que Danielle s’est suicidée au gaz . Ils ne sont pas là pour éteindre les feux de la passion qui uni les deux amants)
Danièle découvre l'article dans le journal de Rouen
. On découvre qu’elle à des parents sympathiques et compréhensifs à l’opposé de ceux de Gérard. Un père à l’écoute et une mère malade qu’il ménage. A noter le rapprochement des noms Leguen et Guenot . Au début Danièle conduit une 2C grise puis une 4 l rouge
qui semble symboliser les amours enflammées de Danièle et Gerard. La 2 cv de Muriel Robin sera également rouge dans le remake
. Dans la version 1971 le rouge c’est également le rouge enflammé des révolutionnaires de mai 1968. Ceux de la version 2009 sous Giscard sont moins enflammés.Toute la sympathie d'André Cayatte semble aller vers les 2 amants. Certes il y a eu detournement de mineur, mais nous sommes dans l’esprit de mai 1968. Les articles de Nice-matin semblent dire qu'en plus du détournement de mineur, Danièle met en danger la vie des habitants de l’immeuble en se suicidant par le gaz. Elle avait commencé par vider un tube de médicaments qu’elle a jeté et préféré se suicider au gaz. On ne voit pas Danièle ouvrir les robinets de la cuisinière, contrairement à la version avec Muriel Robin (L'histoire vraie : Gabrielle est allongée sur son lit, vêtue d'une robe de chambre bleu ciel. … Elle a avalé le contenu d'une boîte de médicaments, pensé à couper l'électricité avant de débrancher le tuyau de gaz et de l'orienter vers sa chambre. « On aurait dit qu'elle dormait », dit Collette à son fils Michel.) Qui a appelé les pompiers ou la police ? La voisine qui garde les enfants de Danièle, de chez elle au risque de provoquer une explosion ? Dans ce cas comment Thérèse l'aurait-elle su ? Thérèse qui serait redescendue après avoir senti le gaz , aurait pu appeler d’une borne appel pompier ou appel police à proximité.


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