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Sujet : Charme et délicatesse


De christopher brandon, le 24 janvier 2004 à 09:00
Note du film : 6/6

Ce film touche par tous ces petits moments où Bill Murray étire son sourire de clown triste. Charme, délicatesse, instants suspendus (où la solitude n'est pas exclue, bien au contraire, dans une ville qui grouille pourtant d'êtres humains) et final d'une immense intimité, remarquablement mis en scène en brouillant la bande son (allez le voir, vous comprendrez…).

Un film doux qui a par ailleurs le talent de nous présenter le Japon moderne sans jugement, avec ce regard d'occidental souvent ironique mais jamais méprisant. Après ça, moi je me sens vraiment bien…


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De Justin, le 24 janvier 2004 à 09:17
Note du film : 5/6

C'est un film charmant, drôle, poignant par moments, d'une subtilité de chaque seconde. Curieusement la presse ciné anglaise (TOTAL FILM, entre autres) a trouvé des traces de racisme dans le film et l'a jugé "creux". Comme quoi, les goûts et les couleurs…


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De dol, le 3 février 2004 à 10:53

moi je m'attendais à mieux, tant tout un chacun parle de chef-d'oeuvre. C'est bien oui, mais y'a tellement de films plus intéressants. Bon c'est pas mal, je vous l'accorde. Mais un peu simple. ca traine en longueur ca se répète, sans doute ce que les gens aiment. De l'anti scénario en somme. je ne suis pas contre. Mais si ce n'avait pas été la fille de coppola, je puis vous assurer que les financiers décideurs d'octroyer les subventions ne l'auraient meme pas regarder ce scénar, ni retenu. Comme quoi qd on a un nom !!


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De Arca1943, le 3 février 2004 à 12:08

«Raciste», je ne crois pas… Il faut dire que le mot racisme, à notre époque, est lancé urbi et orbi à la moindre alerte – et curieusement, la question la plus importante au sujet du racisme – «y a-t-il naturalisme? y a-t-il déterminisme biologique? y a-t-il par conséquent croyance au délire de la race?» – se trouve escamotée… et pour cause… mais passons.

Il n'empêche que je soupçonne le Japon et les Japonais "impénétrables" que l'on voit dans ce film d'être caricaturalement touristiques : un peu comme les Italiens du stupide Captain Corelli's Mandolin (ou comme les Américains de certains films français?). Mais bon : le Japon, comme je n'y ai jamais mis les pieds, évidemment, je dois me contenter d'un soupçon…

Arca1943


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De traplapla, le 10 février 2004 à 13:45

Je suis allé plusieurs fois au Japon et ma femme est elle-même Japonaise.

Nous avons vu ensemble le film et nous n'avons aucunement ressenti une connotation raciste ou de dénigrement du peuple japonais. Bien entendu, il y a bien quelques scènes légèrement loufoques, mais elle portent plus à la rigolade qu'à une étude phsycologique.

Le film retransmet assez bien cette atmosphère bi-polaire de ce pays : d'un côté l'amusement à tout rompre et de l'autre un sérieux, une retenue qui peut sembler pesants (le mot service à la clientèle, parfois oublié chez nous, a un vrai sens au Japon).

Lorsque l'on va la première fois au Japon, le sentiment perçu est le même que quand on visionne le film : on se demande parfois un peu où l'on a atterri. Mais avec le temps, on s'aperçoit que le comportement du japonais est beaucoup plus complexe qu'il ne paraît (le paraître à une grande importance au Japon), qu'il est un suptile mélange de tradition et de modernité que même les japonais eux-même n'arrivent parfois pas à décripter parfaitement. Le besoin d'amusement semble compenser le sérieux demandé par la culture du service. C'est pour cela que le Japon et ses habitants sont merveilleux à apprendre à mieux connaître… C'est un pays à visiter et je suis persuadé que le film y contribue.


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De Crego, le 10 février 2004 à 15:34
Note du film : 5/6

Pas d'accord… Quand elle a joué "Le Parrain, 3ème partie", Sofia C. s'est faite massacrer par la critique unanime, avec une violence inouïe. A ce moment-là, son nom ne l'a pas vraiment servie !


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De Arca1943, le 11 février 2004 à 11:49

Eh bien, me voilà rassuré ! Merci.


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De JPDOM, le 21 février 2005 à 17:54
Note du film : 5/6

je venais à peine de voir "Virgin suicide" et j'en étais sorti dérangé par une approche réellement originale de la narration. Pour ma part, j'ose, en tant que non-cinéphile acharné, non-intellectuel et non-coupeur de cheveux en quatre, dire que c'est une affaire de feeling… je suis entré dans ce film "sans scénario" parce que je l'ai "senti" et c'est toute l'alchimie de la réalisatrice, de son montage et de sa direction d'acteurs. Mais je reconnais qu'il doit être facile de passer à côté et de se demander où S.Coppola voulait en venir….


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De paul_mtl, le 23 juin 2006 à 14:12
Note du film : 3/6

Quel interet avez vous eu a voir ce film ?

Je comprend l'interet de sofia.

J'ai parfois sourit mais je me suis surtout ennuyé comme son personnage principal.

sur IMDB, 63600 votes pour 7.9 de moyenne.

Je suis rassuré la masse a aimé ce film.

:D


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De vincentp, le 25 août 2006 à 22:49
Note du film : 6/6

Avec un scénario mince comme une feuille d'eucalyptus, il est donc possible de réaliser un chef-d’œuvre. On pénètre avec ce film dans les pensées d'une jeune fille, pensées que l'on sent intemporelles et universelles (c'est la jeune fille à la recherche du prince charmant, qui existe sans doute depuis Lucy l'éthiopienne), et qui portée par une bande sonore à faire pâlir d'envie un DJ (une musique superbement choisie), finit par découvrir les ressorts psychologiques qui l'animent, et les valeurs auxquelles elle accorde de l'importance. Elle se découvre tout court, donc, alors qu'avant elle s'était construite une vie factice, avec un ami superficiel. Et en face il y a Bill Murray, acteur qui a visiblement souffert de jouer avec une guenon (il faut bien vivre), complètement désabusé, qui fait la même démarche introspective, et qui finit par retrouver – grâce à une catalypse musicale intensive (*) – un nouvel équilibre psychologique qui l'amènera sans doute à tenir le coup avec son épouse, toute aussi superficielle que le petit ami de sa rencontre.

Un film très réussi sur un sujet a priori difficile, et l'on est heureux de voir qu'il plaise à un large public. Et on est content pour Sofia Coppola, qui a réussi son coup. Et on remarque comment une belle BO et de belles images peuvent assurer le succès d'un film.

(*) Désolé, je n'ai pas fait "Psycho" et manque de vocabulaire.


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De paul_mtl, le 3 octobre 2006 à 16:13
Note du film : 3/6

Apres Marie-Antoinette, votre sentiment sur L.i.T a t'il évolué ?

Est il toujours fixé à chef d'oeuvre ou excelent (6/6) ?


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De Impétueux, le 3 octobre 2006 à 18:17
Note du film : 6/6

Je ne vois vraiment pas pourquoi le relatif échec – à mes yeux mais pas à ceux de Vincentp, par exemple – de Marie Antoinette entâcherait l'admiration forte que nous pouvons porter à Lost in translation et les heureuses espérances que nous fondons sur Sofia Coppola !

Que je me sois ennuyé au Fleuve de Jean Renoir ne retira pas un iota de l'admiration que j'ai pour La grande illusion, La règle du jeu ou French Cancan !

Drôle de question, vraiment…


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De paul_mtl, le 3 octobre 2006 à 18:36
Note du film : 3/6

Un auteur évolue et peut créer certaines oeuvres qui rencontrent moins vos goûts et attentes. Sous cet angle je suis d'accord avec vous Impétueux.

Mais mettre en perspective plusieurs oeuvres permet de mieux cerner la pensée de l'auteur et parfois se rendre compte qu'on a mal interpreté les idées de l'auteur dans une oeuvre. Dans certains cas, j'ai changé légerement d'opinion et d'interpretation sur un film ou un livre a la vue d'une carriere plus complete.


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De GMJohn, le 8 janvier 2007 à 06:27

Que dire de plus après lecture et relecture de tant d'avis différents sur ce film ? Il me plaît de dire que visionner un film n'est jamais une perte de temps, qu'il traîne en longueurs ou croule sous une multitude d'absurdités. L'image a toujours un sens, qu'on veut bien lui accorder si celui que les créateurs ont cherché à donner reste trop obscure. LIT est un parfait exemple de film sujets à controverse et chacun pourra lui reprocher, s'il y voit un inconvénient, la minceur de son scénario ou l'irrégularité confuse du rythme des scènes. Je tiendras tout de même à rajouter qu'on ne peut pas nier l'effort de la mise en scène pour coller au style du cinéma japonais classique : atmosphères progressives, jeux d'acteurs par le fasciès et la gestuelle. Le dépaysement est total pour les personnages comme pour le spectateur. L'histoire se construit en chacun de nous, elle se constitue des clés et des incompréhensions qui se sont accumulées jusqu'à la toute fin, et comme dans tout film bien structuré, la lumière est faite aux derniers mots du script. Mais c'est là qu'une question me brûle les lèvres ATTENTION LEGER SPOIL : Que dis Bob dans le creux de l'oreille de Charlotte à la dernière minute du film ? Je ne connais personne qui ai compris ses mots !! Que les Coppoliens se concertent, allez jusqu'à contacter les Coppola s'il le faut mais je veux savoir! Merci bien


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De paul_mtl, le 8 janvier 2007 à 15:38
Note du film : 3/6

Bill Murray (Bob) lui a dit: Sofia et son père producteur vont se faire un maximum d'argent avec les entrées, les DVD et les rediffusions TV mondiales pour un budget initial relativement modeste 4M$. Pour fêter cela, ils nous proposent une partie de trampoline à Hollywood avec souper italien aux chandelles gratuit. Ca te dit ?

Je n'ai pas entendu la réponse mais j'ai cru distingué un sourire.


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De Torgnole, le 14 novembre 2008 à 10:45
Note du film : 6/6

Lost in Translation est une oeuvre toute en pudeur romantique, dès le premier plan, la ligne de hanche de Scarlett Johansson, pourtant loin d'être indésirable, n'a rien de racoleur, c'est une image sculpturale, cette courbe gracieuse est léchée par une lumière énigmatique évoquant la douce incertitude d'un rêve perdu entre le jour et la nuit.

Les sentiments des personnages sont à l'image de cette confusion temporelle, l'aube de Charlotte s'accorde au crépuscule de Bob et inspire un amour tendre et mélancolique. Leurs points de repère, dejà émoussés par l'appréhension de la vie, sont complètement perdus dans cet espace dépaysant, leur être essentiel peut alors s'exprimer avec franchise, leurs solitudes se rapprochent, ils partagent l'inexprimable par ces regards complices, affinités mystérieuses d'une logique propre aux âmes soeurs.

Avec peu de moyens, Sofia Coppola travaille intelligemment sa photographie ainsi que son ambiance musicale et réalise un coup de maître touchant, subtil, ou les banalités, d'ordinaire ennuyeuses, s'imprègnent d'une magie et d'une densité émotionnelle étonnante.


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De Impétueux, le 10 mars 2014 à 21:40
Note du film : 6/6

C'est vraiment un film d'une intelligence, d'une élégance, d'une subtilité magnifiques, d'une finesse rare, sans scénario, sans rebondissement, sans récit, mais qui attache dès son entame. Avec sa propre petite musique qui peut paraître étouffée, mais qui n'est en tout cas pas si simple que ça, Sofia Coppola entraîne dans une foule de perceptions subtiles…

Rencontre sans lendemain d'un homme et d'une femme sous l'empire de la pure virtualité, d'une rêverie tendre (Ce qui aurait pu se passer si Bob avait quinze ans de moins, ou Charlotte dix ans de plus, s'ils s'étaient rencontrés auparavant, si, en fait, la réalité était un tout petit peu AUTRE), regard sans racisme aucun – et évidemment sans mépris – sur l'étrangeté d'une autre civilisation, qui paraît si proche par tant de ses attributs, et qui est si lointaine par beaucoup de ses fondements, Lost in translation est le film des imperceptibles décalages, des anomalies presque invisibles, un peu, dans une certaine mesure, comme Virgin suicides.

Si loin, si proche, le Japon découvert par Scarlett Johansson et Bill Murray apparaît comme, à la fois, ressemblant parfaitement à et différant complètement de l'Occident. D'où cette impression d'étrangeté irrémédiable, accrue par d'autres barrières : la langue, qui ne ressemble à rien de ce que l'on connaît, le décalage horaire, qui fait basculer les rapports entre pays dans une étrange dimension, la nourriture, qui décontenance. Il y a la juxtaposition entre une apparence de ressemblance, avec l'équipement sophistiqué du pays et la totale singularité de la persistance d'un monde entièrement à part, perçu de façon éclatante, par exemple lorsque Charlotte va s'égarer dans le parfait jardin de Kyoto sans rien comprendre à sa symbolique. Le Japon fait semblant de ressembler à l'Occident, sans y risquer la moindre parcelle de son identité… Et dans l'hôtel Park Hyatt, semblable à tous les hôtels de luxe du monde entier de cette chaîne, c'est le même bar, le même orchestre, le même affairement des hommes d'affaires fatigués, les mêmes yeux ouverts dans l'insomnie et il n'y a pourtant rien d'identique en réalité tant on est loin. On est presque comme chez soi, et on est au bout du monde, comme Bob s'en aperçoit, s'il en était besoin, dans ses pérégrinations dans Tokyo nocturne, par exemple à l'hôpital où il est venu accompagner Charlotte et soigner son pied blessé et où il est abordé par une sorte de nain bavard.

Il ne se passe rien dans le film ; une rencontre sans avenir et sans conclusion, même si elle demeurera sûrement un souvenir vif, plus tendre que brûlant pour Bob et Charlotte. Le baiser qu'ils se donnent, à la fin est bien plus fort, bien plus durable qu'aurait été le souvenir d'une nuit passée ensemble, qui aurait chargé leur vie à la fois de remords et de regrets.

Scarlett Johansson et Bill Murray interprètent ce petit miracle de justesse et de finesse avec perfection, ressemblant l'un et l'autre à leur personnage perdu, sans grande espérance pour ce qui va arriver ensuite à chacun. Nous ne le saurons pas, ce qui est très bien. Les ruisseaux se séparent et vont vers des mers qui ne se frôleront plus. On ne peut en tout cas pas reprocher au film qu'il ne s'y passe rien… puisque c'est précisément son sujet…


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De verdun, le 12 mars 2014 à 19:24
Note du film : 4/6

A la sortie j'avais bien aimé sans toutefois partager l'enthousiasme général.

A revoir, maintenant que de l'eau a coulé sous les ponts.


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