Forum - Six Feet Under - Critique
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Forum : Six Feet Under

Sujet : Critique


De dumbledore, le 12 janvier 2004 à 17:57
Note du film : 6/6

Quel est le pire métier qui soit ? Le métier le plus déprimant qu'on puisse imaginer ? Croque-mort. Et Six Feet Under en fait une comédie. Mieux : ce métier incarne un paradoxe passionnant, celui d'être à la fois à la marge de la société et d'être le métier qui peut le mieux l'incarner. D'un côté en effet, la mort est un des sujets les plus tabous de notre culture, et à cet égard les métiers qui tournent autour sont comme par reflexe repoussé, distancié. Mais d'un autre côté, face à quelle autre épreuve que le deuil on peut réellement voir le vrai visage des individus et à travers ces individus, le portrait de la Société.

Humour noir donc et portrait sans concession de la société (américaine en particulier et occidental en général), voilà la force et le courage de cette série OVNI dans le ciel de la télévision américaine.

Toutefois, il ne faudra pas s'étonner de découvrir derrière tout cela le scénariste et producteur de American Beauty, film qui avait bon nombre de points communs avec cette série, à savoir le portrait au vitriol d'une famille américaine moyenne que l'on découvrait sous un humour acide totalement explosif : père suicidaire, fille trash, mère dépressive, etc. Seulement, ici Alan Ball est tout de même soumis aux contraintes de la télévision, et dirions nous tant mieux car le vitriol comme pinceau, c'est pas forcément ce qu'il y a de mieux ! Surtout si l'on doit creuser les personnages et ne pas les présenter uniquement comme simple caricature.

Or ce sont vraiment les personnages tout à la fois riches en couleurs et touchants qui font la force et l'intérêt de la série.

Comme c'est le cas d'ailleurs pour toute série.

Première saison (2001-2002)

La première saison pose naturellement les personnages. Le point d'attaque de la série concerne la mort du père, patriarche propriétaire des pompes funèbres Fisher and sons. Autour de cette mort, la famille distordue se réunit. Nate – l'enfant prodigue – revient, David très sérieux, trop sérieux héritier présumé du père (ou du moins de l'entreprise) commence à se craqueler et lutte comme il peut pour ne rien laisser paraître, défendant l'apparence à tout prix. La mère avoue avoir eu une liaison avec un coiffeur et la fille encore teenager porte bien son surnom de « freak ».

Une famille classique dans les films des années 90/2000 confrontée à la question comment réagir face à cette mort occupera finalement non pas seulement le premier épisode, mais toute la saison. Ce sera seulement à la toute fin du dernière épisode de la première saison que les places seront définie, notamment concernant le personnage de Nate qui a la frousse de la mort et qui va finalement réussir à vivre avec cette idée qu'il mourra bien un jour. Et sans doute plus tôt qu'il le pense (comme tout le monde, non ?)

Chaque épisode est construit de la même manière. Une séquence prégénérique montre la mort d'un individu qui sera traité par Fisher and Sons. En 12 épisodes, nous n'aurons pas deux fois la même mort : accident de voiture, assassinat à l'arme à feu dans le cadre d'une guerre de gang, morte subite du nourrisson, mort de vieillesse. Chaque mort va incarner un thème qui va hanter un personnage de la famille sous la forme thématique (remetttant en question ses propres attitudes par rapport à sa propre vie), mais aussi physique puisque le mort apparaît sous forme de fantôme avec lequel les Fishers peuvent parler.

Seul l'épisode pilote (à la recherche de sa propre forme) est construit un peu différemment, recourant à des fausses pub pour le monde des pompes funèbres (cercueils, produits de régénération, etc), comme pour préparer les vrais pubs qui suivent. Procèdé heureusement abandonné par la suite tant elles cassaient le rythme et l'émotion des épisodes.

A la fin des 12 épisodes, on peut être impressionné par la complexité des personnages construits, mais aussi à leurs propres évolutions, chacun luttant pour gagner, grapiller plutôt, plus de liberté contre cette société qui a tendance à les mettre dans des cases. Tous se révèlent plus libre à la fin de la saison qu'au début. Plus heureux, pas forcément, mais plus libres et plus serein…

Six Feet Under série humaniste ? Attendons la seconde saison pour le dire…


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De reno, le 12 septembre 2004 à 11:59

Six feet under peut etre extrême, mais de là à parler d'humour noir, il y a un monde. Ce n est pas Kill Bill, merde. Je suis toujours degoûté d'entendre les chaines de télé definir cette série comme ca.


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De laure, le 12 septembre 2004 à 12:05

Les pubs de pompes funebres qui entrecoupe le premier episode ne sont pas la par hasard,merci de revoir l episode


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De fabe38, le 5 décembre 2004 à 13:31

Bonjour

Effectivement, je ne trouve guère d'humour noir dans cette excellente série.

Je dirais plutot qu'il y a pas mal de quiproquos plus ou moins comiques, et des fois plutot pas comiques.

Mais c'est une série qui me magnétise, c'est dommage que F2 ne respecte pas les horaires, d'ou impossibilité d'enregistrer et c'est dur le lendemain pour se lever…..

En tout cas, en ce moment, je ne regarde que 6 pieds et Malcolm, dans un autre registre à la télé. Ah et puis les guignols aussi, tout le reste n'est que …..

fabien


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De Arca1943, le 10 octobre 2005 à 01:18

D'après vous, la définition de l'humour noir, ce serait Kill Bill ? Ah, je vois. Mais si je vous proposais plutôt…

Arsenic and Old Lace

Kind Hearts and Coronets

Monsieur Verdoux

L'Auberge rouge

The Fearless Vampire Killers

Théâtre de M. et Mme. Kabal

Harold et Maude

Une Journée bien remplie

La Famille Marathon

Addams Family Values

…qui selon moi correspondent mieux à la définition de l'humour noir au cinéma, vous verriez qu'il est juste de dire qu'il y a de l'humour noir dans Six Feet Under. Prenez par exemple, parmi les différentes morts qui ouvrent chaque épisode, la mort du bavard. Je crois que c'est pendant la première saison. Le type petit-déjeune avant de partir au boulot et il parle, il parle, il parle, bla, bla, bla… Sa femme n'en peut plus d'un tel raseur et dong ! elle le tue d'un coup de poêle. Voilà de l'humour noir. Mais bien sûr, chaque mort n'est pas dans ce ton-là…


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De PM Jarriq, le 29 mars 2006 à 09:37
Note du film : Chef-d'Oeuvre

D'humour, noir ou pas, il n'y en a guère dans la 5ème et ultime saison de Six feet under. La série rejoint le cinéma de Ingmar Bergman, consacre des épisodes entiers à l'échec d'une vie, au renoncement à ses rêves, à la fin d'un amour, puis carrément au décès d'un personnage principal, au deuil, etc. Il faut avoir un moral d'acier pour tenir le coup, mais cela atteint à l'universel, comme peu de films de cinéma ont pu le faire. Rien à dire, c'est admirable.


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De spontex, le 29 mars 2006 à 10:36
Note du film : 5/6

Tout à fait de ton avis. On assiste au décès des personnages et de la série avec émotion.

C'est, à mon sens, ce qu'on a fait de mieux comme série TV, loin devant The L Word, Nip/Tuck, Lost et les 2 premières saisons de 24 heures chrono (mes autres séries préférées !).

Six Feet Under a su conserver sa qualité tout au long de ses 5 saisons, de ses 63 épisodes.


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