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Forum : Zodiac

Sujet : Première critique


De dumbledore, le 19 mai 2007 à 20:30
Note du film : 3/6

Le projet était terriblement excitant. D'un côté, le Zodiac, un personnage énigmatique, une histoire passionnante, celle d'un tueur en série qui a sévi aux Etats-Unis pendant de longues années sans jamais avoir été arrêté avec certitude ni même identifié. Les tueurs en séries possèdent quelque chose de fascinant, incarnant des pulsions qu'on a chacun d'entre nous mais sous formes refoulées, interdites, tabous. Eux les incarnent et les assument et ils sont pour cela à la fois fascinants et révoltants. Le Zodiac avait poussé l'énigmatique à ses sommets en envoyant des codes aux policiers et aux journalistes (bien avant DaVinci Code !) et l'incertitude de son identité contribuent à le rendre mythique.
Faire un film sur le sujet est donc une bonne idée et David Fincher un bon choix. Fincher c'est l'homme de Seven qui a révolutionné par sa noirceur le film de genre, réalisateur également de Fight Club et de Panic Room qui témoignent d'une grande qualité visuelle et narrative. Tout était là pour faire un grand film et le résultat est plus que décevant. Comment faire, avec le plus de vérité possible un film, sur un personnage dont on ignore avec certitude l'identité ? Voici le premier écueil sur lequel est tombé le scénariste. Comment faire un film où le personnage qui mène l'action (Robert Graysmith qui est l'auteur du livre-thèse sur lequel s'appuie le film) ne devient actif que dans le dernier tiers de l'histoire ? Second écueil. Deux de trois pour un film qui n'arrive pas à se trouver.

Scénaristiquement le film ne tient pas. Il n'a rien d'un film d'action, pas vraiment une enquête, vaguement un film psychologique. Le « méchant » ne fait pas vraiment peur, il n'est pas effrayant. La réalité est devenue moins effrayante que les fictions et le méchant de Seven ou celui du Silence des Agneaux notamment ont poussé les limites de l'horreur bien plus loin que le Zodiac. Dès lors, la terreur que créé le Zodiac et la peur chez les personnages ne nous touchent pas vraiment. L'obsession qu'il créé chez les policiers ou les journalistes non plus.
Ce malaise du scénario, on le sent également dans la mise en scène qui ne trouve pas ses marques et qui est d'une platitude vraiment étonnante de la part de Fincher. Aucune scène visuellement forte, rien de lyrique, rien d'impressionnant. Fincher a peut-être voulu jouer la carte réaliste-documentaire pour cette mise en scène mais elle n'était visiblement adaptée à son histoire. Reste les comédiens. Ils sont irréprochables. Mark Ruffalo est toujours aussi juste, intéressant et touchant. Jake Gyllenhaal déçoit lui un peu dans ce role pas très bien défini. Robert Downey Jr., lui, s'amuse comme un fou dans ce role de composition, surjoue un peu mais son role le lui permet. Le voir est un plaisir et, quand il est là, il redonne de l'intérêt au film.


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De The Punisher, le 31 mai 2007 à 17:27

Dumbledore ton post est terriblement dur, incohérent et truffé d'erreurs !!!

C'est un très bon film, et juste une chose : dire de Downey Jr. qu'il fait un rôle de composition quand il joue un alcoolique cocaïnomane, c'est si… absurde !

Bon courage à toi pour tes futures critiques, mais avant : retourne voir Zodiac, tu devais dormir :)

Cordialement,

The Punisher


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De PM Jarriq, le 31 mai 2007 à 19:18
Note du film : 3/6

Vu ton pseudo, j'imagine que quand on n'est pas du même avis que "The Punisher", c'est à ses risques et périls… Donc, si j'ai bien compris, quand je verrai Zodiac, j'ai tout intérêt à aimer ça ! Qu'on se le tienne pour dit.


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De dumbledore, le 31 mai 2007 à 22:34
Note du film : 3/6

Je crois plutôt qu'en "the pleurnicheur", pardon, "punisher", on aurait trouvé le vrai Zodiac. Confondre la vie réelle et la comédie, comme confondre la réalité et le fantasme n'est-ce pas là le début de la folie?


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De Arca1943, le 1er juin 2007 à 01:08

« Donc, si j'ai bien compris, quand je verrai Zodiac, j'ai tout intérêt à aimer ça ! »

À force de voir des films d'Alberto Sordi, je deviens pleutre (avec des bouffées de courage occasionnelles et généralement à contretemps) alors je tiens à faire savoir moi aussi que même si je ne connais pas encore ce Zodiac, je l'aime déjà. (Le slogan de Tatie Danielle à l'envers, quoi). On ne prend jamais trop de précautions – car c'est un terrible sort que de se faire asséner une seconde fois The Punisher !


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De PM Jarriq, le 28 juillet 2007 à 11:43
Note du film : 3/6

Bon… Quitte à provoquer l'ire de "Punisher", je dois dire que je n'ai pas pu dépasser la première heure de Zodiac. Et Dieu sait que de Alien 3 à Seven, en passant par Fight club, j'ai toujours apprécié le travail de Fincher. Mais là, je saisis mal : l'approche documentaire, d'accord, la réalisation distanciée dénuée de gros-plans, pourquoi pas ? Mais cette affaire a déjà été traitée de façon spectaculaire dans Dirty Harry, il y a des lustres, et elle n'est pas suffisamment passionnante en soi, pour supporter ce traitement froid et terre à terre. Un maniaque assassine des couples, la police enquête, sans résultat. En gros, voici le résumé. Et l'étude de caractères restant très superficielle, on n'a pas grand-chose à quoi se raccrocher, hormis ces dates inscrites sur l'écran, dont on se fiche royalement.

J'essaierai sûrement de finir ce film, mais j'avoue que l'assoupissement m'a terrassé plus d'une fois.

Deuxième partie du message : J'ai enfin terminé Zodiac, et rien n'a changé. A part que le personnage du dessinateur a pris le pas sur les autres, et repris l'enquête en mains. Le film reste terne, monocorde, sans aspérité, le reporter joué par Downey disparaît totalement sans avoir eu le temps de se développer. A sauver ? La séquence angoissante où Gyllenhaal va dans la cave d'un suspect, une nuit de tempête. Le seul moment où on reconnaît vraiment Fincher. Il semblerait qu'un "director's cut" soit en préparation, mais je n'en attends aucun miracle.


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De Gaulhenrix, le 26 janvier 2008 à 10:58

Je viens de voir Zodiac en Dvd. Certes, comme il est dit ci-devant, le film n'est pas aussi spectaculaire que Se7en, voire que Panic room. Pourtant, comme souvent chez Fincher, la forme ne dissimule-t-elle pas, une fois de plus, le fond ?

Et si cette monotonie d'une enquête qui hésite, se fourvoie, se perd dans les méandres de témoignages incertains, avant de s'interrompre, n'était que la mise en images de la lente dissolution des choses sous l'effet du temps qui passe, qui use les êtres, les transforme et prive de sens leurs efforts ? Le film n'apparaît-il pas, dès lors, comme une évidente métaphore de la condition humaine ? Finalement ne peut-on penser que ce Zodiac enseveli désormais sous un épais et inattendu silence, que ce tueur en série qui cesse – sans doute ? – d'agir, est, lui aussi, la victime de l'écoulement du temps, soit en lui faisant percevoir l'inanité de sa « mission », soit en le métamorphosant ?

Le film ne donne pas de réponse probante, mais il permet de se poser la question.


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De Torgnole, le 26 janvier 2008 à 11:48

Complètement d'accord avec la première partie du message, moins pour ce qui est de la métaphore de la condition humaine.


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De vincentp, le 9 février 2008 à 07:51
Note du film : 4/6

Mais non, Gaulhenrix, vous qui êtes désormais aussi muet que le psychopathe de Zodiac (c'était vous ?). Pas de métaphore sur la condition humaine car cette histoire est un peu trop "cucul" pour cela. Par exemple, les développements portant sur le film The most dangerous game possèdent un côté un peu ridicule, qui empêchent ce Zodiac de prendre de la hauteur.


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De vincentp, le 8 février 2009 à 19:25
Note du film : 4/6

zodiac est plutôt un bon film, bien écrit, bien filmé, mais avec des ratés. Le caractère chaotique de l'enquête, du contexte, du travail des policiers, des fausses pistes (nous en sommes inondés) est bien représenté. La forme (changement de personnages de premier plan, complexité de ces personnages -personne n'est clair, rien n'est carré-) est surprenante, déroutante, plutôt réussie. De belles idées, comme celle qui voit le flic prendre un escalier alors qu'il attendu par ses collègues sur un autre escalier, qui se situe dans son dos. Ceci à l'image d'un parcours erratique. En filigrane, le psychopathe est imaginé (enfin, par moi-même) comme le produit d'une société coercitive (?), qui ne tolère pas les écarts par rapport aux normes, et qui s'enfonce dans des agissements criminels (un peu comme dans Dirty Harry de Don Siegel). Il semble représenter la face sombre de la société californienne, celle des armes à feu en circulation libre, des inégalités sociales galopantes, des névroses camouflées, sujets qui sont ici mis en images…

Toutefois, des rebondissements téléphonés, un suspens parfois forcé -qui finit par irriter-, une relative complaisance vis à vis de la violence (fallait-il tout montrer ?), des ambiguités quant au sens véritable du propos (que cherche à montrer l'auteur du film ? -là est le gros problème-), un mélange de genre pas toujours convaincant(le côté thriller s'accomode mal avec l'aspect documentaire), une longueur excessive (150 minutes) constituent les limites de forme et de fond de ce récit (qui n'a pas l'envergure du film de Don Siegel).

Il manque de toute évidence un petit quelque chose à Fincher pour être reconnu comme un auteur à part entière. Un ancrage de ses thrillers dans une réalité sociologique par exemple (comme pour Sidney Lumet ou Sidney Pollack), ceci pour transformer de longs clips en oeuvre mémorable, témoignage ou portrait de son époque.


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De Impétueux, le 20 mai 2018 à 17:50
Note du film : 1/6

Ce qui est simple est faux, mais ce qui est compliqué est inutilisable a écrit quelque part (mais je ne sais plus où) Paul Valéry. En d'autres termes, quand un cinéaste entreprend de montrer avec un souci presque maniaque ce qu'est la réalité d'une enquête s'étageant sur une bonne décennie et qu'il le fait en respectant toutes les fausses pistes ouvertes, toutes les déceptions rencontrées, tous les dérisoires petits pas des progressions, toutes les minuties procédurales (survenant, de surcroît, dans un pays où les polices dépendent d'autorités politiques et géographiques différentes), toutes les mauvaises surprises et les erreurs humaines des enquêtes, il est à parier qu'il devient totalement enquiquinant.

Ce que David Fincher propose est en effet à peu près aussi excitant que la lecture par le greffier, lors d'un procès d'assises, des trois ou quatre mille pages sanglées dans des dossiers ventripotents apportés par tombereaux entiers devant la Cour et les jurés. Sans doute la recension précise, exacte, méticuleuse des faits exige-t-elle cette abondance, mais le cinéma est un art dramatique : pour rendre le son vrai de la vie, en tout cas pour le faire entendre et voir au spectateur, il est obligé de passer par des artifices qui sont, précisément, les qualités de l'artiste et du conteur. Tenez ! Un exemple pris dans la réalité : amusez-vous à enregistrer un jour une conversation entre deux bons causeurs ou même deux brillants causeurs ; retranscrivez là ensuite mot à mot, sans oublier les répétitions, les chevilles, les redondances, les euh et les bon, les premièrement qui ne seront jamais suivis d'un deuxièmement et de tout un tas de scories langagières. Vous serez assurément surpris de lire ce galimatias. Tout l'art du romancier et, au cinéma, tout l'art du dialoguiste va être de donner une impression de réalité à ce qui n'est pas la réalité vraie.

Eh bien même si Zodiac, qui pourrait durer 4 ou 5h ne dure que 2h40, il transporte une pesanteur, un ennui, une faiblesse de rythme tels qu'on en vient à se dire que c'est un film parfaitement inutile. J'avais eu un sentiment un peu analogue il y a quelque temps devant la lourde mise en images de l'affaire du Watergate par Alan J. Pakula, qui s'appelle Les hommes du Président. Là aussi, sans dramatisation aucune (c'est-à-dire si on a bien suivi ce que j'ai écrit plus avant, sans mise en situation artistique), le cinéaste avait scrupuleusement et sagement filmé l'enquête qui aboutit à la ridicule destitution du Président Richard Nixon. Et je pourrais reprendre pratiquement tout ce que j'avais écrit sur ce film en l'appliquant à Zodiac ; je ne résiste pas, d'ailleurs, au dégradant mais délicieux plaisir de me citer mot pour mot : Si ça commence assez bien, avec des images de thriller impeccables, ça se perd au fur et à mesure que l’enquête avance, comme le mince fil d’eau de l’oued se perd dans les sables. On finit par ne plus rien comprendre, par mélanger tous les noms cités, qui correspondent à des personnages que, pour la plupart, on ne verra pas à l’écran, à être dépité par l’enchevêtrement tortueux de l’intrigue et, finalement, par le faux suspense de l’histoire, dont on sait comment elle s’est terminée.

Au moins le film de Pakula permettait-il de comprendre un peu les singuliers mécanismes judiciaires étasuniens. Mais Zodiac n'apprend rien ou si peu ! Et puis – et on l'a dit avec raison – l'histoire de ce serial killer est contée, de façon haletante dans L'inspecteur Harry, sous une forme évidemment moins conforme aux lourdes archives qui ont été compilées par le véritable Robert Graysmith (interprété dans le film par Jake Gyllenhaal), mais assurément plus excitante. Parce que, ainsi qu'on l'a beaucoup remarqué, il n'y a pas dans Zodiac plus de deux ou trois images qui fichent un peu la trouille : tout a (même les meurtres) un côté clinique, donc profondément barbant.

On me répétera que c'est tout à fait conforme à la réalité de l'enquête ; je répondrai encore une fois que je m'en tape, parce que ce que je veux, c'est ressentir une émotion, non pas assister à la démonstration d'un théorème.


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