Forum - King Kong - Jackson surabondant
Accueil
Forum : King Kong

Sujet : Jackson surabondant


De Freddie D., le 1er janvier 2007 à 14:10
Note du film : 4/6

La "version longue" (enfin… ENCORE plus longue !) de King Kong ne présente pas de changement notable, à part une attaque de plus de bébête préhistorique, et des saynettes dialoguées. Le problème reste toujours le même : Jackson ne sait pas s'arrêter. Evidemment talentueux, peut-être même génial, il en rajoute, encore et encore, jusqu'à fatiguer le plus assidu des spectateurs. Il aime tellement ses personnages, qu'il présente deux fois les mêmes scènes. Ainsi, quand Kong agonise devant Ann à la fin, on s'en fiche un peu, vu qu'on l'a déjà vu succomber au chloroforme, exactement de la même façon, une bonne heure plus tôt. Quant à Naomi Watts, si elle a su échapper au cliché des hurlements stridents, son regard admiratif et énamouré devant le grand singe, finit également par lasser.

La revision du film en v.o. m'a permis de constater que la traduction de la réplique est toujours la même : "Ce ne sont pas les avions qui l'ont tué. C'est la belle qui a tué la bête". Mais "beauty" se traduit surtout par "beauté". "C'est la beauté qui a tué la bête", semble une traduction plus juste… En reconnaissant la beauté d'une femme, ou d'un coucher de soleil, le fauve devient humain, donc vulnérable. Etait-ce traduit de la même façon dans toutes les versions ?


Répondre

De vincentp, le 18 janvier 2008 à 13:22
Note du film : 4/6

C'est un bon divertissement, pour celui qui n'en attend pas des monts et merveilles… mais l'histoire aurait pu débuter directement par l'arrivée sur l'île. Et il manque un peu, beaucoup, de la poésie de la version des années trente.


Répondre

De DelaNuit, le 23 février 2009 à 18:25
Note du film : 3/6

J'attendais beaucoup de cette nouvelle version de King Kong.

Le King Kong de 1933 avec son animation image par image et son noir et blanc gothique, jouait la carte d'un fantastique prenant ses racines dans la littérature de la fin du XIXème siècle (entre Le monde perdu de Conan Doyle, et le She de Ridder Haggard), avec son île perdue peuplée de primitifs et de sauriens préhistoriques, son art de revisiter le thème de la Belle et la Bête entre une improbable chorus girl et un Esprit de la Nature sauvage ayant forme de gorille gigantesque, frère inquiétant d'un Nosferatu de Murnau

La version King Kong de 1976 tentait plutôt la carte du réalisme (exit les dinosaures) et du romantisme avec une Jessica Lange en robe du soir pâmée dans la grosse main poilue.

Cette nouvelle version de Peter Jackson semblait prometteuse après le soin qu'il avait apporté à restituer l'univers de Tolkien dans Le seigneur des anneaux. Il me semble plutôt s'être défoulé avec ce King Kong, et bien amusé. Mais le spectateur suit-il ?

Pourtant, ça commençait bien, avec cette Amérique des années 30 en crise, cette actrice sans boulot, ce réalisateur aux faux airs d'Orson Welles… Et puis en arrivant sur l'île, les références au roman de Joseph Conrad : Au cœur des ténèbres, dont Coppola tira sa célèbre adaptation Apocalypse Now. Il s'agit donc bien d'un voyage à rebours vers le passé primitif du monde. Le village des indigènes ne renferme pas un Marlon Brando déifié dans un temple khmer mais la porte d'un monde sauvage au delà du nôtre…

On a hâte de franchir cette porte. Et puis alors pour moi, ce fut rapidement la déconvenue. Ces images magnifiques, ces effets spéciaux soignés tournent au jeu vidéo ! Un tyrannosaure… puis deux, puis trois… et ça dure, ça dure… et encore des bestioles… Plus d'histoire, que de la bagarre et des effets spéciaux. Et puis le grand singe qui secoue la fille comme une poupée. D'un seul coup, toute crédibilité est envolée, on se retrouve dans un film parodique. Et cette crédibilité, pour moi, le film ne la retrouve jamais, hésitant constamment entre émotion, effets spéciaux et humour parodique. Les images sont certes magnifiques mais il faudrait choisir : est-on là pour s'intéresser au sort des personnages ou pour s'en amuser ?

Et puis sur le fond… Quand le film de 1933 montrait de façon explicite la bête tombant amoureuse de la belle, la déshabillant soigneusement comme on épluche une banane, puis la cherchant partout avec la furie du désir, cette nouvelle version gomme autant que possible toute ambiguïté. Entre eux, ce n'est qu'amitié ! La belle cherche l'image du père disparu, la bête cherche une amie, qui la fait rire par des pas clownesques de charleston. Devant une telle auto-censure, on reste pensif : ainsi, on pouvait donc évoquer plus de choses en 1933 qu'aujourd'hui ! Ce n'est guère flatteur pour notre époque…


Répondre

De DelaNuit, le 16 mars 2009 à 00:06
Note du film : 3/6

Est-ce vraiment la belle qui a tué la bête ?

La formule est bien tournée. Il est difficile d'y répondre. Est-ce la violence des hommes, née de leur peur, ainsi que l'inadaptabilité de la bête à notre monde qui l'a tuée ? Certes, Kong vivait sur son île dans un monde violent… Mais ce monde là, il le connaissait. Le monde des hommes lui révélait des surprises : ainsi, si Kong avait l'habitude de se battre contre des monstres volants, il ne s'attendait pas à ce que ceux-ci lui tirent dessus des projectiles meurtriers !

Si Kong se laisse piéger dans notre monde, c'est qu'il y cherche quelque chose. Et ce qu'il y cherche, c'est la belle. On peut donc dire que, indirectement, c'est bien elle qui l'a tué.

Pourtant, on peut aussi considérer que s'il s'intéresse à cette femme humaine, c'est qu'il n'a pas dans son île perdu de camarade ou de femelle. Il y souffre de la solitude.

Au bout du compte, ce qui a tué Kong, c'est donc la souffrance causée par la solitude, qui l'a conduit à prendre des risques en s'attachant à une femelle humaine qui l'avait touché, au point de se laisser capturer et mener à sa perte…


Répondre

De Pianiste, le 10 mai 2014 à 08:59

Après avoir regardé les différentes versions de King Kong, un constat s'impose: il y a du bon et du moins bon!

Si la version de 1933 peut paraître bien désuète de nos jours, il en émane une certaine magie des trucages et effets spéciaux qu'on ne trouve plus aujourd'hui. Bien-sûr, on a vite fait de remarquer que le gorille géant n'est rien de moins qu'un homme affublé d'un déguisement, mais le film, (surtout dans sa version colorisée), a quand-même marqué son époque. Il reste l'un des premiers de son genre et une sorte de La belle et la bête version fantastique.

Venons-en à la version de 1976, le gorille est toujours aussi peu crédible, ne serait-ce que pour sa démarche bipède qui n'a rien de celle d'un vrai singe. L'actrice est déjà plus sexy, ce qui est normal à cette époque qui se voulait déjà moins pudibonde. Il y a aussi moins d'animaux préhistoriques, mais un combat contre un serpent géant sera mémorable. Le film eut un grand succès bien mérité.

Je passerai en vitesse sur la version de 1986 qui est la suite du précédent et non un remake. Un film intéressant bien que légèrement enfantin. L'histoire d'amour entre les acteurs et celle entre les gorilles est presque comique. Jusqu'à la fin, où un bébé gorille vient assurer la descendance du roi de l'île.

Arrivons à la version de 2005, une réussite totale hormis certaines scènes assez ridicules, (comme celle où l'actrice danse sur la glace avec le gorille). Sans acheter la version longue, on a déjà un très bon spectacle digne de Jurassic Park. Le combat contre les tyrannosaures est anthologique et le gorille est très réaliste, sa démarche quadrupède ayant enfin été respectée. Grâce aux images de synthèse, on le croirait enfin vivant! On peut trouver cette énième mouture inutile, mais non, c'est quand-même un bon moment de cinéma. L'actrice est par-contre moins sexy que la précédente. Je trouve que le film a été plus réalisé en fonction du gorille très crédible.

Si on me posait la question sur celui que je préfère, je pense qu'il me serait très difficile de faire un choix et que chaque version a sa place dans l'histoire du cinéma. Et puis, une nouvelle version nous attend peut-être encore au coin d'une salle de cinéma….


Répondre

De Pianiste, le 15 novembre 2014 à 10:28

King Kong ayant toujours été pour moi un grand moment de cinéma, je viens de regarder encore une fois cette version de 2005. Il est vrai que pour ce qui est des effets spéciaux, ils sont vraiment bluffants. Le gorille est très bien réalisé et il se déplace enfin à quatre pattes, ce qui est bien plus véridique que cette démarche debout qui était si ridicule. Les tyrannosaures sont dignes de celui de Jurassic Park et leur combat contre le singe géant est mémorable. Les autre animaux préhistoriques sont aussi criants de vérité, il suffit de voir le troupeau de diplodocus pour se rendre compte du travail effectué par les réalisateurs. Pour ce qui est du reste de cette histoire où la belle a tué la bête, je reviendrai encore une fois sur la scène où le "couple" danse sur la glace et que je trouve vraiment grotesque. Il faut dire que cette actrice est loin de dégager autant de sensualité que les deux précédentes. Enfin bref, cela reste un très bon film dont la version longue ne fait que rajouter un plaisir certain.

Il me reste à disserter sur les autres versions, qui à mon avis, ont toutes un charme mémorable….


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.0062 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter