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Sujet : Transposition réussie de l'univers de Sagan.


De verdun, le 28 décembre 2006 à 12:23
Note du film : 4/6

A de nombreux égards, Bonjour Tristesse est, avec La chamade de Alain Cavalier, la transposition la plus réussie de l'univers de Françoise Sagan au cinéma. Et ici Preminger s'est attaqué au mythique premier roman de l'auteur.

Bien sûr, cette production américaine pose un probléme: la vision non dénuée de clichés qu'ont les Américains de la France et des Français. Evidemment, pour nous montrer que nous sommes en France, on a le droit à un plan immédiat sur Notre-Dame de Paris puis sur les Champs Elysées. En outre, difficile de croire que les très britanniques David Niven et Deborah Kerr puissent incarner de bons citoyens français..

Mais comme souvent, chez Preminger, tous les clichés hollywoodiens sont transcendés par une mise en scène virtuose. L'idée géniale ici, consiste dans le choix des couleurs. Contrairement aux habitudes établies, les scènes du présent sont en noir et blanc et le flash-back, qui représente l'essentiel du film, est en couleurs.. L'utilisation du scope est toujours magistrale: Preminger nous y a habitués. Jacques Lourcelles a tout à fait raison quand i affirme: "c'est, plus nettement encore que les autres films de Preminger, un film de plasticien autant que de dramaturge".

Et puis il y a la présence émouvante de Jean Seberg, qui dans le rôle de Cécile, fait des prodiges. Sensible, légère, elle est en parfait accord avec l'univers de Sagan: une innocence teintée d'insolence. Godard n'est pas allé chercher très loin son personnage féminin de A bout de souffle. Dommage que ce pur talent qu'était Jean Seberg ait eu une carrière aussi malheureuse..


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De Freddie D., le 28 décembre 2006 à 13:03

C'est vrai qu'elle aurait pu faire une grande carrière. Elle laisse l'image de la vendeuse de journaux de A bout de souffle, de la pucelle de Saint Joan, mais a hélas trop tourné de mauvais Chabrol, ou de Paint your wagon ou de Airport, pour laisser une empreinte profonde. C'était une comédienne intelligente et charismatique, et c'est vraiment dommage.


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De William Bostock, le 7 septembre 2011 à 00:54

Jean Seberg gave a luminous, riviting performance in Bonjour Tristesse. How interesting that I'm told the French had no problem with accepting her as Joan of Arc and the girl from Sagan's best-selling novel, Cecile, but many Americans disparaged these performances. Arthur Laurents, who came from Brooklyn, did the screenplay adapatation of Sagan's brilliant novel, and made scathing comments on her all of his life, jusrt dying recently at 93. Her murder in 1979, never properly investigated by authorties, was a tragic loss, she could have gone on to give the cinema many more great performances. The failure of the prestigious Academy to nominate her for an Oscar for LILITH is certainly an egregious oversight. She lives on in her films and we must be thankful for that.


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De vincentp, le 17 septembre 2012 à 22:59
Note du film : 3/6

Visuellement superbe, mais ce film n'est pas très réussi, par la faute d'un scénario peu consistant. La farandole située à la trentième minute est par exemple complètement ridicule, et reflète des clichés américains à propos de la France (accordéon, etc…). Le jeu des acteurs, grimaçant à souhait, renvoie à une époque révolue. Deborah Kerr fut infiniment plus performante dans bien d'autres films (Black narcissus, Dieu seul le sait par exemple). David Niven était lui fait pour jouer des officiers de l'armée britannique, et semble ici complètement égaré sur la côte d'Azur… Navré, je ne partage pas du tout l'avis de l'excellent Verdun, y compris sur la prestation de Jean Seberg…

Je relèverai comme élément intéressant de Bonjour tristesse le générique d'ouverture de Saul Bass, et des très belles images de la méditérannée.


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De verdun, le 18 septembre 2012 à 20:55
Note du film : 4/6

Je revois un peu ma note à la baisse.

Je suis d'accord avec les arguments de Vincentp; ce sont d'ailleurs les mêmes que je faisais il y a plusieurs années malgré ma note très positive.

Le film reste beau, notamment sur le plan visuel, voire innovant. Vous l'avez peut-être revu comme moi à la cinémathèque dans une très belle copie. Le sentiment de mélancolie est très bien rendu et seule différence avec vous, je trouve toujours Seberg bien et son dernier plan très beau.

Preminger s'est affronté à un roman culte, ce qui est toujours périlleux et n'a pas totalement réussi dans sa tâche même si le résultat reste honorable, sachant qu'il avait la qualité essentielle pour adapter Sagan: du style.

Il y a des films comme celui-là qui perdent un peu à la revoyure; en revanche Le cardinal ou Bunny Lake a disparu, revus durant cette rétrospective, n'ont rien perdu de leur éclat.


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De vincentp, le 18 septembre 2012 à 23:36
Note du film : 3/6

Tu peux me tutoyer… Cinémathèque ? Plus le temps ! Mélancolie ? Je n'ai pas été touché par cet aspect, mais il est possible que certains spectateurs aient ce ressenti. C'est ce qui fait tout le charme du cinéma ! Le cardinal ou Bunny Lake me paraissent d'une autre trempe ! Nous sommes tous d'accord pour louer l'immense talent de Preminger !


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