Forum - La Nuit du chasseur - Le plus abouti des clairs obscurs du cinéma
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Forum : La Nuit du chasseur

Sujet : Le plus abouti des clairs obscurs du cinéma


De jipi, le 22 décembre 2006 à 10:32
Note du film : 6/6

Le noir et blanc sublime et surréaliste de Stanley Cortez épaulé magistralement par la musique envoutante de Walter Schuman décore le plus abouti des clairs obscurs cinématographique.

La luminosité traversée semble irréelle calquée sur l'œuvre meurtrière qu'elle abrite

Confrontés à un double challenge crise/traque, John et Pearl deviennent opérationnels et indépendants dans la douleur en se fabriquant par la résistance une ossature physique et intellectuelle adaptée à cette poursuite tenace qu'il faut gérer parallèlement à un besoin de se nourrir afin de ne pas s'affaiblir.

Le procès des adultes est flagrant, une enfance crasseuse abandonnée par un environnement incapable de lutter devant une crise tenace se retrouve en pleine nature livré aux environnements les plus hostiles.

John devient invincible malgré un visage cerné façonné sous une lune flamboyante et une eau scintillante abritant une faune animale indifférente au désespoir des hommes.

Première et unique œuvre de l'excellent comédien Charles Laughton la nuit du chasseur est une émeraude extra terrestre située sur les alpages d'une contemplation éternelle. Une adoration inconditionnelle sur un travail hors du commun que l'éternité ne pourra jamais reproduire.


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De paul_mtl, le 22 décembre 2006 à 12:31
Note du film : 5/6

C'est surprenant que ce film tres sombre n'est pas deja été commenté sur ce site cinema en noir.

Oui Jipi, excelente mise en scene de Charles Laughton (unique réalisation de cet acteur anglais) et excelente interpretation de Robert Mitchum pour un fait divers de serial killer. Plusieurs critiques parlent de chef d'oeuvre incontournable pour ce film qui fut cepedant un échec commercial à l'époque (1955) et qui a empeché d'autres réalisations. C'est sans doute dommage mais le theme tres sombre et le contenu du scenario me laisse un doute certain.

A part le vetement de curé qu'il revete et certains propos subversifs interessants ca reste encore hollywoodien avec le(a) bon(ne) en blanc et le méchant en noir. En somme une vision chrétienne et dualiste de la vie, le bien et le mal, dieu et le diable, le paradis et l'enfer, le jour et la nuit, le blanc et noir … Plus crétin tu meurs

Qu'a voulu nous dire l'auteur et le réalisateur ?

  • Que l'habit ne fait pas le moine. Certes les spectateurs adultes le savent.
  • que la doctrine chretienne crée des brebis naives pretent à l'abattoir avec ce genre de dérapage criminel.
  • qu'il ne faut pas croire pas les choses sur leur simple apparence respectable que ca soit une personne habillée en pretre ou une bible dite sacrée qui contient un revolver. Faites donc fonctionner votre intelligence et raisonnement.

Que font fonctionner les critiques ? plusieurs interpretations possibles.

Le film de Scorsese Cape Fear est plus intense/violent mais avec une approche psychologique et sociologique assez interessante de l'ex-prisonnier récidiviste qui a passé 25 ans en prison pour un crime (viol) qu'il n'a pas commis. De Niro s'en donne à coeur joie dans son rôle sadique et sarcastique.

Malgré la qualité de ces films je suis tjs un peu réfractaire à en parler. Pourquoi ? La crainte que tout ces films sur des détraqués criminels donnent des idées à des malades mentaux en manque d'inspiration et de sensations fortes.


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De droudrou, le 22 décembre 2006 à 13:26
Note du film : 5/6

Je vais me faire flinguer ! Eh oui ! Malgré mes 63 hivers capricorniens, je n'ai toujours pas vu La nuit du chasseur… Et, en plus, comble de l'horreur, j'ai le bouquin dans ma bibliothèque. Impardonnable d'autant que j'aime beaucoup Charles Laughton – Robert Mitchum – Shelley Winters… J'en ressens toujours la curiosité. Mais il conviendrait que je fasse l'acquisition du DVD et qu'ensuite je m'isole totalement pour regarder le film et lire le livre ensuite.

Cependant, à la lecture de la présentation de Jipi, je reconnais qu'il ne m'incite pas à vouloir combler cette lacune. Pour le peu que je connais du film, j'aurai la nette impression que notre ami Jipi a oublié quelques détails qui en font tout l'intérêt. Qu'il cherche à bien situer le cadre de l'histoire, okay, mais je crois qu'il oublie beaucoup de choses dans sa présentation. C'est un film dont a beaucoup parlé depuis sa sortie, tant au niveau des cinéphiles que des amateurs d'un certain suspens. Il y a une imagerie. Il y a tout un cadre. ON dispose de beaucoups d'écrits qui le concernent. J'aurai la nette impression que notre ami Jipi a pris un gros acompte sur les fêtes et qu'en petite forme, il nous a fourni son texte…


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De Impétueux, le 22 décembre 2006 à 13:46
Note du film : 5/6

Un peu comme vous, Droudrou, j'ai attendu un âge respectable pour voir cette Nuit du chasseur, il y a une dizaine d'années, film dont on me chantait merveilles sur tous les tons.

Et comme il advient quelquefois, en ce genre de circonstances, j'ai trouvé que la réputation était assez au delà de la réalité ; bon film, et davantage, certes ; de là à en faire un sommet insurpassable…


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De PM Jarriq, le 22 décembre 2006 à 13:52
Note du film : 4/6

Laughton a signé, non sans humour, une fable, dont le croque-mitaines est un méchant loup déguisé en prêtre, et la bonne fée, une vieille dame s'occupant des orphelins. Personnellement, j'avais découvert le film à la télé, au Ciné Club, et avais été très séduit. La photo, certains cadres très "BD", le jeu maîtrisé des deux enfants, et surtout Mitchum en totale roue libre, m'avaient laissé une forte impression. Depuis, La nuit du chasseur est devenu LA référence d'à peu près tout le monde. Chaque célébrité interviewée ou presque, le cite comme son film de chevet. Du coup, et peut-être par snobisme, je trouve effectivement que le film est toujours très joli et poétique, mais qu'il n'y a pas non plus de quoi se pâmer.


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De droudrou, le 22 décembre 2006 à 14:25
Note du film : 5/6

PAUL MTL : QUEL EST CE FILM DE SCORSESE QUE TU NOUS CITES ET DONT TU NE NOUS DONNES PAS LE TITRE ?


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De jipi, le 22 décembre 2006 à 14:46
Note du film : 6/6

Droudrou mon texte n'est qu'une goutte d'eau dans un océan à traverser, je ne m'exprime que sur 1% du produit, le reste appartient à la collectivité de DVD toile.


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De PM Jarriq, le 22 décembre 2006 à 14:48
Note du film : 4/6

Si, si… Il donne le titre : c'est Les nerfs à vif.


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De jipi, le 22 décembre 2006 à 14:49
Note du film : 6/6

Nerfs à vif avec Mitchum aussi qui s'extasiant devant le centre Pompidou eu ces mots "Quelle belle distillerie!"


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De jipi, le 22 décembre 2006 à 14:55
Note du film : 6/6

Je reconnais avoir été plus attentif au comportement des enfants qu'a celui du précheur fou. La bravoure de John apprise sur le tas lors de la fuite est extraordinaire, ses reflexes sont ceux d'un adulte avant l'heure.


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De jipi, le 22 décembre 2006 à 15:01
Note du film : 6/6

Bravo Paul, chapeau pour ce beau texte, je pense exactement comme toi avec une shelley Winters acceptant sciemment d'être immoler, ce film possède des images fortes, traumatisantes, la première fois que j'ai vu la fameuse scène de la voiture dans le lac, j'étais très jeune, ça m'a flingué le moral. La fin est un peu décevante avec cette belle confrontation finale hélas mal conclue. Harry Powel est un peu un Joseph Bouvier illuminé anarchique laché dans la nature avec une référence biblique de base attenuant ses scrupules, je me demande si Bertrand Tavernier ne s'est pas inspiré en partie d'Harry powel pour le personnage de Galabru. Je ne peux m'empécher de comparer "La nuit du chasseur" à "La vengeance aux deux visages" unique réalisation (A confirmer) de marlon Brando, deux films forts certainement trop en avance.


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De droudrou, le 22 décembre 2006 à 15:09
Note du film : 5/6

Les nerfs à vif n'a rien à voir avec "La nuit du chasseur". D'autre part, le film de Scorsese n'est qu'unpâle remake de "Cape Fear" de J. Lee Thomson. Mitchum et Peck se sont parodiés dans ce film où ils apparaissent en figuration…


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De paul_mtl, le 22 décembre 2006 à 15:17
Note du film : 5/6

@droudrou

Tu as raison Cape Fear 1991 est un remake de Cape Fear 1962 mais il s'inspire aussi bcp de La nuit du chasseur d'ou ma légere confusion.

Va voir le film plutôt que de rester avec ton souvenir du roman et on en reparlera apres.


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De Urspoller, le 6 juin 2007 à 17:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Unique film réalisé par l'immense Charles Laughton. Un chef-d'oeuvre de suspense. Avec un Mitchum dans le rôle de sa vie! Fraîchement accueilli à sa sortie, il mérite néanmoins éloges et dithyrambes. C. Laughton nous livre un véritable bijou brillamment interprété par une vraie gueule du cinéma: le grand Robert Mitchum. On sent tout de suite l'influence du cinéma expressionniste allemand avec ses éclairages et ses ombres accentuées et surdimensionnées. Les décors et l'histoire participent à cette ambiance de conte macabre. La mise en scène est excellente et soignée à l'extrême, chaque plan est étudié afin de nous plonger dans ce monde irréel qui nous rappelle l'innocence enfantine et en même temps nous terrifie. Il s'agit ici d'un opus qui à chaque projection nous surprend encore et encore. Car il est bourré de problématiques et de détails symboliques. Offrant une réflexion sur la religion et ses interprétations fallacieuses (qui sont plus que jamais d'actualité), le sexe, l'onirisme, le conservatisme puritain et sur divers thèmes sociétaux. En sus, il est agrémenté d'une bande sonore magistrale et parfaitement utilisée. En fait, certains joyaux sortent du lot et semblent être en dehors du temps. La nuit du chasseur en fait partie et mérite totalement la réputation flatteuse qui accompagne ce métrage.

Ce film montre qu'avec peu de moyens (pas de courses poursuites ou d'effets spéciaux sophistiqués bien sûr) on peut faire peur. On ne voit rien d'explicite, mais le simple fait d'entendre H.Powell appeler les enfants avec sa voix mielleuse suffit à vous faire frissoner. L'intelligence du scénario et son interprétation en font un film noir incontournable. Mais, et c'est là où l'on reconnait le génie de ce film, on ne peut le restreindre ce film à un unique genre. La beauté de la photographie, des moments de poésie et une peinture sociale d'une amérique à la dérive en font un film complet qui n'a presque pas pris de rides en un demi siècle.


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De Impétueux, le 6 juin 2007 à 23:24
Note du film : 5/6

La lecture des quatorze ou quinze messages de ce fil est édifiante : je n'ai aucune raison de suspecter la bonne foi de ceux qui tiennent La nuit du chasseur pour un grand film, récipiendaire des terreurs de l'enfance et paré de qualités de réalisation incontestables et adaptées admirablement à la violence du sujet.

Et n'ai aucune raison, non plus pour revenir sur ce que j'ai écrit, et ce que pensent certains ; c'est un exercice de style un peu vain, à quoi on ne croit pas vraiment, et qui bénéficie d'une aura tout à fait disproportionnée à son importance réelle.

Après ça, que chacun s'y retrouve !


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De Urspoller, le 7 juin 2007 à 08:22
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Allons bon! Le sieur Impétueux aime à accueillir les néophytes par le truchement de propos gentiment acides afin d'imposer sa pensée qu'il croit la meilleure et d'une incommensurable sagesse. Eh bien, oui, je confirme mes impressions sur ce métrage onirique, malgré les dires de cet exégète, creuset de tous les savoirs et propriétaire de la connaissance universelle, qui se permet de mettre en corrélation deux points antinomiques à savoir un forum (qui si je ne m'abuse demeure un lieu de discussion ouverte) et « exercice de style vain » selon lui. J'exècre ce genre d'attitude fascisante qui consiste à s'asseoir sur les opinions des autres parce qu'elles ne sont pas vraiment en adéquation avec les idées de ce drôle de zig imbu de ses deux neurones se bousculant dans la zone de son cervelet étriqué.

Alors, in fine, je confirme placer La nuit du chasseur au panthéon des oeuvres cinématographiques. Si, vos goûts diffèrent des miens, je peux tout à fait le concevoir mais je vous rappelle, telle une dame chargée de l'étiquette à la cours de France au XVe ou XVIe siècle, les règles élémentaires de bienséance et de savoir vivre. Et puis, rien ne sert de faire étalage de votre savoir en utilisant mal à propos des adjectifs comme le mot récipiendaire qui est ici inadapté. Alors, vous, qui êtes prompt à donner des leçons de syntaxe ou d'orthographe à autrui, balayez devant votre porte! A bon entendeur.


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De Impétueux, le 7 juin 2007 à 09:52
Note du film : 5/6

Eh bien donc ! Quelle dégelée ! Et une dégelée que je n'estime pas devoir mériter, et qui me semble même assez incongrue, si l'on se réfère aux échanges que j'ai eus avec ce nouveau contributeur, Urspoller, que je trouvais jusqu'alors subtil et de commerce agréable, et surtout apportant une grande qualité d'analyse à ce site.

Résumons les faits pour ceux qui ne les auraient pas suivis : sur le fil d'un film très estimable, mais assez oublié, Malpertuis, d'Harry Kümel, Urspoller dépose un message remarquablement écrit et argumenté ; il donne au film la note de 6 ; si je le rejoins sur l'intérêt du film, je me permets de lui indiquer que ces questions de notation forment le fonds d'une discussion des habituels contributeurs de DVD Toile : note-t-on un film pour sa valeur artistique (j'écris ce mot par commodité) intrinsèque, ou parce qu'il occupe une place particulière (et pleinement justifiée, pour des raisons qui nous sont propres, à chacun) dans notre cœur ; je lui donne deux exemples sans jouer  – me semble-t-il – au démiurge péremptoire et intolérant ; en fait, je suis ravi qu'un nouveau nom vienne s'ajouter aux dernières recrues, DelaNuit, ou Sépia.

Je lis un message de ce même Urspoller sur le fil de La nuit du chasseur ; fort bien écrit et argumenté ; mais, comme Droudrou, comme PMJarriq, je n'adhère pas totalement à ce film ; je l'écris, sans agressivité, et même dans un balancement argumentaire qui ne me ressemble pas tant que ça.

Et je reçois une volée de bois vert, que je juge totalement imméritée et très excessive… Quelle mouche vous pique, Urspoller ? Vous n'admettez pas que des anciens vous expliquent – se permettent de vous expliquer – les pratiques ou tentent de vous initier aux habitudes, au mode d'emploi, aux débats passés et présents d'un site d'habitués ? Quelle drôle de mentalité !…

Quant à récipiendaire, mis en place de réceptacle, que vous eussiez jugé correct, je le maintiens ; j'aime que les mots dérivent un peu ; surtout dans ce genre de films.

Je ne m'explique pas votre hargne, mais croyez bien qu'elle ne me fait pas trembler…


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De PM Jarriq, le 7 juin 2007 à 10:26
Note du film : 4/6

A croire qu'il y a certains films – et La nuit du chasseur en fait certainement partie – qu'il est interdit de critiquer, de remettre en question, de descendre de leur socle. Oser émettre une réserve sur le film de Laughton, serait comme discuter le titre de "meilleur film de tous les temps" à Citizen Kane, ou dire qu'en s'ennuie gentiment aux films de Truffaut. Là, on frôle le tabou !


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De Urspoller, le 7 juin 2007 à 12:04
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je réitère mon estime pour ce magnifique métrage, mais je conçois très bien que d'aucun puisse émettre des réserves ou exprimer des réticences. Je ne suis pas à ce point obscurantiste comme la Sainte Inquisition, je sais accepter et respecter les opinions d'autrui même s'il m'est permis de ne point les partager. Néanmoins, je m'irrite -eh oui, je crois que ça a dû se voir !- des jugements irrévérencieux portés a posteriori et des remarques acerbes peu constructives de part de membres dont pourtant j'apprécie nombre de leurs interventions. Comme PM Jarriq qui vole amicalement au secours de son coreligionnaire mais qui se fourvoie aussi en arguant que certains ne puissent accepter la critique sur tel ou tel métrage soit disant déifié incongrûment et placer sur un piédestal. Là encore, j'y vois un manque flagrant de considération pour les avis d'un tiers, car initialement, mon but était simplement de défendre un opus qui me ravit à chaque vision. Chacun a ses défauts et ses vices, personnellement, je ne trouve pas dévalorisant de placer ces films à l'ambiance onirique, tels La nuit du Chasseur ou Les Disparus de Saint-Agil sous ma modeste égide. Car, je ne me permettrai jamais de porter des jugements sur les choix ou les goûts des membres, mais que je sache, il n'est pas interdit de discuter, de débattre, de présenter des arguments sans pour cela appréhender un déversement de fiel ou pire une altière indifférence comme le message préalable à mon endroit d'Impétueux qui m'a fait sortir de mes gonds.

Par contre, n'y voyez aucune hargne, aucune haine, car mon but n'est absolument pas de chercher querelle mais bien de laisser ça et là mes avis qui ne sont pas paroles d'Evangile. Je ne prétends pas avoir la science infuse. D'ailleurs, je ne saurai me le permettre et conçois que des membres « expérimentés » me donnent des conseils sur les us et coutumes ou le modus operandi des démarches à effectuer surtout pour un néophyte du dialogue en ligne, mais d'un autre côté, permettez-moi de donner mon avis… In fine, si défendre une œuvre ab imo pectore, doit par trop déranger les caciques et les oligarques en place, alors je regagnerai paisiblement ma grotte ou ma caverne comme tout Ours Polaire à l'approche de l'hibernation.

PS: je dois avouer au grand dam de ma grand-mère posséder un caractère de cochon.


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De starlight, le 7 juin 2007 à 12:17

Nous sommes nombreux à être des "ours polaires" qui ont encore leur mot à dire avant de rejoindre la grotte pour hiberner !… Ce qui m'inquiète, c'est que le réchauffement de la planète va retarder le processus d'endormissement… On aura encore de belles journées devant nous pour partager nos idées dans une sérénité toute relative !…


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De Gaulhenrix, le 7 juin 2007 à 12:21

Nous avons, donc, tous, les mêmes valeurs !

Décidément, les avatars semblent se multiplier sur le site…


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De Impétueux, le 7 juin 2007 à 12:49
Note du film : 5/6

Je prends donc ces explications comme celles d'un ours mal léché…mais attaché comme nous tous à la défense des films qu'il aime, et c'est très bien ainsi.

Loin de moi de fuir le libre débat, la confrontation, la polémique, même ! J'ai défendu ici assez de nanards indéfendables et attaqué, au contraire, des films qui jouissent d'une estime à peu près générale pour contester à qui que ce soit de batailler pour ses points de vue inguine et rostro !

Dites du bien de qui vous voulez ! Nous nous retrouverons souvent, nous éloignerons quelquefois (ou le contraire, comme avec l'ami RdeT !) mais n'oublions pas, entre gens de bonne compagnie, un zeste d'humour et de distance !!


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De DelaNuit, le 7 juin 2007 à 20:43
Note du film : 5/6

Certes, de la distance et de l'humour ! Messieurs, souriez-vous et serrez-vous la main (virtuellement j'entends, quoi que ?)

Allons, entre un impétueux et un ours polaire, il est sans doute peu étonnant que surviennent quelques coups de gueule – voire de griffes… C'est dans l'ordre des choses. Vous êtes tous deux animés par une semblable passion du cinéma (avec forcément des avis divergents) et lorsq'on a des atomes crochus, il est normal de s'accrocher !

Surtout quand on a un caractère de cochon, ainsi que certains l'avouent. Sur le cochon dans l'homme ou l'homme dans le cochon, je vous recommande d'ailleurs les oeuvres de l'enchanteresse Circé alias Silvana Mangano dans Ulysse

Ajoutons que, tous autant que nous sommes, nous n'aimons pas seulement les films pour leurs qualités intrinsèques, mais aussi pour ce qu'ils touchent en nous, et ce que nous projetons de nous même en eux, ce qui nous conduit parfois à adorer ou détester des oeuvres qui n'en demandent pas tant. Et après tout, c'est bien notre droit. mais du coup, nous avons du mal à suporter les critiques vis à vis de certains films car nous les aimons tellement qu'ils font presque partie de nous… et une critique vis à vis d'eux nous touche finalement personnellement.

Donc, soyons conscients de cela, et prenons de la distance. Ainsi, par exemple, bien qu'ayant mis la note de 6/6 à Malpertuis (et oui, Impétueux, c'était moi et non l'ours…), j'admets volontiers que l'excellence de ma note tient avant tout à mon goût personnel pour ce film, et quelles que soient ses qualités, je comprends tout à fait que d'autres y trouvent un intérêt moindre.

En ce qui concerne La nuit du chasseur, puisque nous sommes sur le forum de ce film, je trouve que cette oeuvre est très bien réalisée, originale dans son histoire, belle dans ses images (ah, le cadavre de Shelley Winters dans sa voiture sous l'eau avec les cheveux flottants, quelle image !), prenante dans son interprétation. Pourtant je ne lui donne que 5/6 parce que ce film me touche moins que d'autres, pour une raison très simple, je le ragarde sans pouvoir me projeter dans aucun des personnages, qui me semblent tous trop loin de moi. Ce critère est purement subjectif et n'exprime que ma propre sensibilité, je l'affirme et le revendique.

Bonne soirée Messieurs


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De Impétueux, le 8 juin 2007 à 18:43
Note du film : 5/6

Je laisserais volontiers DelaNuit pacificateur et serein apporter la touche finale à une querelle qui n'avait pas de raison d'être s'il ne me fallait faire amende honorable et constater que mon gâtisme est plus avancé encore que je ne le croyais puisque c'est à Urspoller et non à lui que je croyais avoir tenu les propos qu'on jugera, selon le cas, pédagogiques ou sentencieux sur le fil de Malpertuis !

Mille excuses donc d'avoir pris la Nuit pour l'Ours (ou le contraire) – ce qui, soit dit en passant – justifie moins encore l'algarade d'Urspoller qui me reprochait d'accueillir les néophytes par le truchement de propos gentiment acides afin d'imposer sa pensée qu'il croit la meilleure. Mais bon, restons-en là, l'incident est clos.

Admettons une bonne foi pour toutes que nous avons tous le droit de dire beaucoup de bien et beaucoup de mal de TOUS les films, à condition soit de donner à nos phobies ou enthousiasmes une solide argumentation, soit d'en faire un trait d'esprit drôle, soit d'y employer une mauvaise foi qui, à un certain niveau peut atteindre les sommets !

Tout cela, vous le savez bien, n'a que l'importance dérisoire que nous lui donnons…


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De Xaintrailles, le 10 novembre 2007 à 11:21
Note du film : 4/6

La Nuit du chasseur : gentille bluette simpliste et moralisatrice pour enfants de moins de treize ans qui semble le fruit d'une collaboration entre Walt Disney et Alfred Hitchcock. Collection des poncifs et des personnages traditionnels du cinéma pour le jeune public à laquelle il ne manque guère que le bon Noir dévoué à ses maîtres et qui croit au bon Dieu (il est vrai qu'il y a déjà la vieille dame américaine qui mène énergiquement sa petite troupe d'orphelins sur le chemin du ciel, ça aurait fait double emploi). La curieuse réputation de chef d'oeuvre de ce film inoffensif et bien pensant auprès des cinéphiles français s'explique peut être par l'idée qu'un bon Américain se doit d'être resté un grand enfant naïf comme l'agneau qui nait ?


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De Freddie D., le 10 novembre 2007 à 12:25
Note du film : 3/6

Comme certains ici, je n'ai jamais porté La nuit du chasseur aux nues, mais je pense qu'il a atteint son statut de classique indiscutable par ses qualités plastiques : la photo essentiellement, le sens du cadre, les idées visuelles (les tatouages de Mitchum, les décors de studio). Pour le reste, ce n'est guère qu'un petit conte de fées, avec ce que ça comporte de magique et d'inquiétant.


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De Xaintrailles, le 5 février 2008 à 17:00
Note du film : 4/6

Je remarque que Freddie D, bien qu'il fasse avec raison l'éloge des qualités techniques de ce film, lui attribue tout de même une note inférieure (3/6) à la mienne (4/6).


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De Freddie D., le 5 février 2008 à 17:57
Note du film : 3/6

C'est sans doute dû à une lassitude sur le sujet, la sensation que le film a été pas mal galvaudé, un peu trop porté aux nues, et que – en ce qui me concerne, en tout cas – il a beaucoup perdu de son mystère. Peut-être dans quelques années…


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De urspoller, le 8 mars 2008 à 18:50
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je lis ici ou là des propos oscillant entre indifférence et acerbité pour qualifier ce métrage majeur. Je ne nie pas que d'aucuns ont le droit de clouer au pilori des œuvres médiocres à leurs yeux. Mais, je trouve réducteur de sérier La nuit du chasseur comme une niaise bluette sous prétexte d'onirisme ou d'atmosphère élégiaque.

Enfin, comme ma mauvaise foi est proverbiale, je vais faire montre d'équanimité et accepter les avis sans sortir mes griffes acérées à l'endroit des contributeurs las des contes oniriques seulement dignes des enfants de moins de treize ans (dixit). Laisser accroire que cette pépite doit être réserver à des êtres immatures froisse évidemment ma susceptibilité puisque j'éprouve toujours autant de plaisir à chaque vision de l'unique film de l'atrabilaire Charles Laughton, qu'à mirer les indéniables appas d'Ingrid Bergman ou à vibrer à un métrage d'Alfred Hitchcock.

Et puis, nombre de billevesées ou d'apophtegmes ont déjà été écrites sur cette œuvre que vitupérer à hue et à dia ne changerait rien à l'affaire. Il appert que chacun s'est forgé sa propre opinion sans être insincère. Ainsi, j'ai bien peur de me battre contre des moulins à vent. Mais, rien n'atténuera la dilection que j'éprouve envers de sublime spectacle onirique.


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De littlecat, le 9 mars 2008 à 09:47
Note du film : 6/6

Mais oui, bien sûr que c'est un chef-d'œuvre ! Ne serait-ce que pour la personnalité des acteurs réunis dans ce film. Le cinéma est un art populaire à plusieurs niveaux.


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De urspoller, le 9 mars 2008 à 12:08
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Bienvenu(e) au club, Littlecat! Au moins, en ce jour d'élection, ne boudons pas notre plaisir lorsqu'un contributeur vient apporter ses suffrages à cette pépite onirique. J'en profite pour appeler tout un chacun à effectuer son devoir de citoyen en glissant subrepticement son bulletin -pardon ses bulletins puisqu'il y a deux élections simultanées- dans l'urne!


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De louloulupus, le 27 février 2009 à 16:19
Note du film : 6/6

La Nuit du chasseur est un pur chef d'œuvre par la finesse et la poésie de la réalisation et surtout par le jeu absolument fascinant de Robert Mitchum. Il campe le personnage trouble du pasteur avec perfection, séduisant et dangereusement inquiétant à la fois, rares sont ceux qui réussissent avec brio cette combinaison. Ce n'est pas par consensus que j'en fais un chef d'œuvre, je l'ai découvert enfant et vu et revu adulte. Le charme ne s'est jamais rompu, il fait partie de ces rares films qui peuvent se voir et se revoir sans lasser, parce que l'intrigue n'est pas tout, elle n'est même pas importante. Acteurs, personnages, photographie, musique,… tout concourt à la beauté du film et à son charme particulier. Je n'ai jamais vu d' équivalent, rien à jeter. C'est une pièce rare, originale, envoûtante, qui a laissé son empreinte dans ma mémoire. J'aime ce film. J'adore aussi Robert Mitchum.

L'un d'entre vous parlait des Nerfs à vif de Scorcese: ce piteux remake de Cape Fear (film , qui d'ailleurs ne devait son intérêt qu'au jeu de Mitchum, à nouveau très inquiétant) ne brille que par son absence de mesure et son côté grand guignol à mille lieues de la délicatesse de traitement de la Nuit du chasseur. Vaine agitation!


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De Gilou40, le 21 août 2010 à 22:38
Note du film : 3/6

Je fus très heureuse l'autre soir de voir que la nuit du chasseur nous était proposée à un prix très abordable. Ils ont eu le bon goût de mettre ce film en numéro deux dans la collection, ce qui lui confère donc un prix très attractif. Ça ne durera pas…

J'ai entendu parler de ce film depuis des lustres. "Incontournable" par-çi, "chef-d'œuvre" par là, je me pourléchais les babines à l'idée de découvrir cette pépite dont je ne connaissais que la fameuse image des mains de Robert Mitchum :

J'ai vu. Et bien laissez moi vous dire que cette réputation de "Chef-d'œuvre" est très usurpée. Je ne dis pas que c'est un mauvais film, mais il ne mérite surement pas les louanges que je lis en ces lieux. On m'explique que c'est l'unique passage de Charles Laughton derrière la caméra. Alors peut être n'aurais je pas du m'imprégner des commentaires dithyrambiques lus et entendus au fil des années. Mais je ressors de cette projection déçue. L'idée de départ est fort bonne, et formidablement éclairée. Mais ca devient vite du n'importe quoi. On bascule du suspens à l' hilarité en une seconde. Il y a des scènes qui ont l'air complètement déjantées par rapport au fil conducteur du film. Par instants, les mimiques de Mitchum sont tellement ridicules que l'on croirait un bêtisier. La façon dont il court derrière les enfants, dans l'escalier de la cave, ressemble à du Tex Avery ! Et les hurlements de débile qu'il pousse quand la mamie le met en joue, ca aussi, bêtisier ! Et je ne parle pas des prêchis-prêchas de ces prêcheurs, très en vogue à l'époque (et encore aujourd'hui) et qui colle à une Amérique assez nauséeuse.

Je ne sais pas si Laughton a voulu créer un genre, ou bien si il s'est planté. Les gros plans sur les animaux pendant que les enfants descendent la rivière en barque sont grossiers. Les grosses toiles d'araignées sont très visiblement faites en cordes, les crapauds démesurément grands. Tant qu'à cette scène ou on suit la marche des gosses dans l'écurie, pourquoi avoir placé la caméra sous les pis des vaches ? Lesquels défilent en rangs serrés…Il y a quelque chose qui m'échappe.

Et puis il faudra m'expliquer comment ce truand, tout pasteur soit- il, refuse les avances d'une fort jolie femme, le soir de leur mariage ! Là, c'est carrément la The twilight zone ! Ça existe sur notre bonne vieille planète, ça ?

Shelley Winters est quand même plus désirable que dans L'aventure du Poséidon…Et puis ces ombres chinoises qui reviennent très souvent… C'est voulu, ça aussi, ou c'est raté ? Les enfants on pourtant bien du talent. Ils sont beaux et incarnent bien l'enfance, avec tout la magie que cela implique. Et certains moments sont assez jouissifs. Le plan que l'on attend pas, de la femme flottant entre deux eaux est très prenant.

Alors je ne sais pas qui aurait pu mieux prendre en mains cette histoire. Il est incontestable qu'il y avait matière à faire un très grand film. Mais le plus célèbre de nos Quasimodo, avec Anthony Quinn, n'a pas eu la main très heureuse. Oui, déçue…


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De verdun, le 15 septembre 2014 à 23:56
Note du film : 4/6

Je rejoins de nombreux contributeurs ici présents pour m'étonner de l'enthousiasme que suscite ce film chez de nombreux critiques et cinéphiles.

Certaines images sont inoubliables mais le film souffre d'un rythme incertain et manque d'enjeux dramatiques forts: une fois que les enfants se sont réfugiés chez Lilian Gish, le film n'a plus guère d'intérêt.

Certes Robert Mitchum est grand mais on l'a connu plus menaçant (cf Les nerfs à vif) ou plus surprenant (cf Celui par qui le scandale arrive).

Certes on y trouve de la poésie visuelle mais on peut en dire autant pour La griffe du passé, Laura, La soif du mal et j'en oublie…

Ceci dit je ne l'ai pas vu depuis longtemps mais ce film me semble surestimé, et je ne suis pas le seul à le penser ici: tant mieux.


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De JIPI, le 16 septembre 2014 à 09:44
Note du film : 6/6

Personnellement je me suis principalement attaché aux magnifiques clairs obscurs de la photo de Stanley Cortez. Je vous rejoins, c'est vrai que des l'apparition de Lilian Gish, le soufflet commence à perdre de sa volumétrie le tout agglutiné dans un final un peu trop bâclé mais quelles images!


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De Impétueux, le 3 avril 2015 à 16:25
Note du film : 5/6

Il faut avoir bien de la patience et disposer de pas mal de temps pour lire la longue suite de messages accumulée ici sur La nuit du chasseur. On y trouve de tout, des plaidoyers enflammés, des descentes en flamme, des digressions plus ou moins pertinentes, des rêveries et des informations. Mais enfin ! Ça donne une idée, avec une certaine vigueur polémique, de l'intérêt porté à un film mythique.

Comme je l'ai découvert tardivement, il y a seulement douze ou quinze ans, sur la foi enthousiaste de quelqu'un qui m'est cher, j'avais, comme il est souvent de règle en ce cas, été plutôt déçu par l'unique réalisation de Charles Laughton, m'attendant à plus angoissant et plus cruel. Et ma déception devait tenir aussi à la mauvaise impression causée par les dernières séquences que tout le monde, j'ai l'impression, s'accorde à voir ratées et même un peu ridicules.

Revue et débarrassée de tous les suspenses qui pèsent inévitablement sur une première vision, La nuit du chasseur m'a fait bien meilleure impression et je rehausse ma note, sans la porter toutefois au sommet, parce que la fin, vraiment, est d'un tarte insupportable. Et ceci malgré la qualité du jeu et la beauté du sourire de Lillian Gish, dont je comprends en faisant sa connaissance ainsi, qu'elle ait été une des vedettes les plus adulées du cinéma muet.

Bien sûr, le périple des deux petits est magnifique, tourné au gré d'une rivière enchantée, plus bienveillante que maléfique. Laughton appuie sans doute un peu trop sur la symbolique – John (Billy Chapin) et Pearl (Sally Jane Bruce) vus à travers l'architecture compliquée d'une toile d'araignée apparaissent comme s'ils étaient de pauvres moucherons – mais il filme cela comme les enfants aiment qu'on leur raconte les contes de fées et de terreur : dérive sous les étoiles, silence de la nuit, douceur de la rivière… cette rivière où leur maman assassinée est immergée, la gorge tranchée. Juxtaposition du merveilleux et de l'abominable : exactement les récits les plus célèbres, de Blanche neige à Barbe bleue.

C'est naturellement Barbe bleue qui est le plus intéressant personnage. J'ignorais complètement que notre Landru national avait fait des émules aux États-Unis, alors que le roman dont est issu le film est directement inspiré, paraît-il, des aventures d'un croquemitaine nommé Harry Powers, qui sévit au début des années 30 en Virginie occidentale. Sans recherches approfondies, je ne puis dire si ce Powers séduisait ses futures victimes par le biais d'un évangélisme exalté, comme le fait Harry Powell/Robert Mitchum.

Voilà, à mon sens, la plus belle idée de La nuit du chasseur et ce qui en fait le meilleur, dans ses deux premiers tiers : avoir situé l'aventure lors de la Grande dépression qui suivit la crise de 1929 et avoir fait du grand méchant loup un évangéliste séducteur comme le Serpent, cruel comme une bête féroce et animé d'une haine fondamentale de la chair comme les puritains qui tiennent tant de place dans l'histoire des États-Unis. (Je me retiens, puisque nous sommes aujourd'hui en pleine semaine Sainte, de dire tout le mal que je pense de l'esprit de Libre examen et de la lecture littérale de la Bible, toutes choses qui permettent les plus épouvantables cingleries interprétatives).

Robert Mitchum allume ce démon de toute une flamme démente ; admirable séquence de la glaçante nuit de noce où la malheureuse Willa Harper (Shelley Winters) prend en un instant conscience de la folie qu'elle vient de commettre, tout en refusant de l'admettre… (Au fait a-t-on remarqué que l'actrice (dont je ne connais pas plus que ça l'abondante filmographie) était un peu vouée aux rôles d'épouse… utilitaire, puisque sept ans plus tard, elle interprétera Charlotte Haze, la mère bafouée de Lolita ?).

Il n'est que plus regrettable que Laughton ait bâclé le dernier tiers de son film pour en faire une histoire sucrée où, comme on l'a remarqué plus haut, Powell se conduit comme un personnage de dessin animé, dont on ne croit pas une minute à la malfaisance, qui glapit lorsque Mrs Cooper/Lillian Gish lui tire dessus et qui sort en bêlant, légèrement blessé, de la grange où il s'est réfugié lorsque les policiers arrivent… On peut se demander d'ailleurs pourquoi ils ont été appelés si tard ; c'est là encore l'espace du conte, qui induit que le temps d'une nuit se déroule, mais à ne pas toujours marquer cette dimension, le réalisateur déçoit.

Ah ! Un truc rigolo qui n'a pas de rapport direct avec l'esprit du film : à un moment donné, pendant la fuite des enfants, il y a une séquence sur un feu de camp animé par un prêcheur ; plans sur un hibou et une tortue qui paraissent écouter… Eh bien je gage que John Landis s'est inspiré de cette idée dans son merveilleux western parodique Three amigos lorsque les trois cow-boys chantent Blue shadows au crépuscule mordoré sous les mêmes regards animaux.


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