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Forum : Lame de fond

Sujet : Insolite !!


De verdun, le 5 juin 2006 à 22:59
Note du film : 3/6

Cet étrange mélodrame matiné de film noir,est une des oeuvres les plus étranges de Vincente Minnelli.

Avec le sublime ballet "the girl hunt" , c'est la seule fois -ou presque que Minnelli s'approche de façon lointaine certes, mais quand même, du film policier.

Est-ce aussi une des oeuvres les moins convaincantes de Vincente Minnelli? Non, mais on préférer de nombreuses autres oeuvres évidemment dans sa magnifique filmographie.

Deux problèmes surgissent ici. D'une part, le mélange des genres a du mal à convaincre: est-on ici dans le film policier? Dans le film fantastique ? Dans le drame psychologique ? On ne sait pas trop et de là naît une certaine frustration.

D'autre part, si le jeune Robert Mitchum fascine dans un type de personnage marginal assez minnellien, Robert Taylor est plus que moyen. C'est peut-être toute le paradoxe de l'oeuvre de Minnelli qui est contenu dans cet élément. Minnelli a eu grâce à la mgm des moyens colossaux et une esthétique affinée, mais cette même maison de production a parfois coupé ses films, comme Quinze jours ailleurs, lui a imposé des acteurs comme Glenn Ford dans Les quatre cavaliers de l'apocalypse, a lissé son propos.

Si Lame de fond n'est pas le chef-d'oeuvre absolu de l'auteur, sa réédition est souhaitable et il annonce de façon captivante les chefs-d'oeuvre que sont Comme un torrent, Celui par qui le scandale arrive, Les quatre cavaliers de l'apocalypse, etc..

Il mérite sans doute mieux que le 3/6 que je lui attribue !!


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De vincentp, le 16 mai 2013 à 23:19
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Cela me transporte dans un autre monde…

Il s'agissait d'un des quelques Minnelli que je n'avais pas encore vu (en raison peut-être d'une réputation en demi-teinte). Je n'en ai pas cru mes yeux, ce soir, véritablement renversé dans mon fauteuil. Undercurrent, film d'atmosphères et d'ambiances, doublé d'une étude de caractères, est réalisé tout simplement de façon magistrale par Vincente Minnelli et à mon avis atteint une qualité artistique exceptionnelle. Y-a-t-il eu un metteur en scène américain aussi fin et intelligent, plus doué dans le domaine de la réalisation que Minnelli ? Il me semble que non. Certes, le scénario de ce film semble exagéré à quelques moments très courts mais cela est bien peu, si l'on met cet élément en rapport avec la maestria de la mise en scène. Quelle fluidité dans ce récit par exemple ! Les séquences s’enchaînent les unes à la suite des autres avec un grand naturel, sans aucun temps mort. Undercurrent est porté par une grande douceur, avec des éclats sombres et inquiétants. Les plans utilisés (souvent très sophistiqués, via l'emploi de miroirs, par exemple) contribuent à bâtir cette atmosphère.

Sur le fond Undercurrent construit un univers parallèle à celui de la bonne société américaine que nous connaissons, à partir de peu de choses (parfois des regards ou des gestes simples, des dialogues ordinaires), globalement à partir du travail lié à la mise en scène. "La crainte du réel, le besoin vital de se réfugier dans son rêve et de l'imposer au monde" (Jean Douchet) est effectivement au cœur de cette oeuvre. Outre la mise en scène de Minnelli, le scénario écrit à plusieurs mains, la photographie en noir et blanc de Karl Freund, la musique et l'interprétation sont magnifiques. De nombreuses séquences sont très impressionnantes (subjectivement, pour ma part), notamment quand l'héroïne franchit la frontière qui sépare le monde réel (pour elle) pour se réfugier dans un monde imaginaire (31° minute par exemple). J'ai également adoré la façon dont le personnage de Robert Mitchum (exceptionnel) est introduit physiquement dans le récit.

Add-on 17/05 : excellents commentaires d'analyse de Douchet, synthétiques et pertinents au sein de l'édition dvd de Wild side (très belle image), pour éclairer certains aspects de ce film de Minnelli, soulignant la modernité de la mise en scène du cinéaste (surtout si l'on prend en considération ce qui était produit à son époque -ce film date de 1946-). Soulignant à juste propos également le travail sur le jeu de l'ombre et de la lumière (en phase avec le sujet du film, les deux personnages masculins principaux passant de l'un à l'autre), oeuvre de Karl Freund, très expérimenté collaborateur ayant longuement travaillé pour le compte du cinéma expressionniste allemand des années 1930.


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