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Forum : Orgueil et préjugés

Sujet : Franche réussite


De PM Jarriq, le 17 février 2006 à 09:38
Note du film : 5/6

Je n'ai pas vu la version télé datant de '95, mais celle-ci est une franche réussite, grâce à un casting parfait et surtout au soin apporté à la mise en scène, qui échappe au conventionnel de ce genre de films d'époque (Raison et sentiments ou pire, Vanity fair) pour soigner les cadrages, les effets sonores et visuels. Keira Knightley, fermement dirigée (elle minaude moins que de coutume) est rayonnante, face à ses parents : Sutherland, qu'on n'a pas vu aussi bon depuis JFK, et l'horripilante Brenda Blethyn, idéalement distribuée. Pride and prejudice est une heureuse surprise, dans un genre où on n'en attend plus, et rien que pour cela vaut le détour. Les raccourcis narratifs, le passage entre rêves et réalité, tout cela est parfaitement maîtrisé, comme dans Le temps de l'innocence de Scorsese, sans jamais briser la fluidité du récit.


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De droudrou, le 2 juin 2006 à 18:16
Note du film : 6/6

Hé ! C'est annoncé pour le 14 août 2006…

En attendant : rien ne vous empêche de lire ou relire le roman de Jane Austen : c'est bien, c'est même très bien et quand on sait quand il a été écrit, on découvre à quel point il y avait une modernité dans le traitement des différents protagonistes de cette oeuvre… ce qui en rend plus sympathiques encore les diverses adaptations qui ont pu être réalisées.

J'ai beaucoup aimé ce film, l'ambiance qui s'en dégage, les personnages, l'image. Je suis d'accord quant à ce qui a été dit à propos de Sutherland. J'ai beaucoup aimé l'adaptation qui en a été faite par Bollywood. Je sais que je ferai l'acquisition de l'adaptation TV.


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De droudrou, le 16 août 2006 à 19:09
Note du film : 6/6

Je réponds à moi-même… Faut le faire !…

J'ai donc revu "Orgueil et préjugés" en version DVD.

J'avoue tout de suite que je n'accroche pas avec la version française.

C'est donc en version originale sous-titrée que j'ai repris ma lecture.

Le charme opère immédiatement et on pourra émettre toute critique que l'on voudra, je trouve que la mise en scène est impeccable, que ce soit dans les scènes de masse ou dans les scènes "dites intimistes". Quant à l'image, elle est toujours très belle et la bande musicale convient très bien à chacun des instants.

Au niveau des bonus, ils sont extrêmement intéressants.

La fin alternative me paraît faiblarde. Le choix de l'avoir supprimée n'est nullement à regretter à moins que le film n'ait été projeté ainsi à l'origine… Dans la mesure où l'on sait quel avenir le jeune couple se réserve, il n'est pas utile d'en rajouter plus.

Les autres bonus valent de s'intéresser dans la mesure de l'éclairage qu'ils apportent au film, à l'époque et à l'environnement.

En ce qui concerne les commentaires du metteur en scène, ils permettent de mieux situer l'adaptation du roman de Jane Austen.

Donc : bien ! pour ne pas dire : très bien !


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De Impétueux, le 2 mai 2018 à 21:43
Note du film : 5/6

Est-ce parce que je suis en ce moment plongé avec délice dans le deuxième tome en Pléiade des Œuvres romanesques complètes de Jane Austen (Mansfielsd Park, Emma, Persuasion) que j'ai pris tant de plaisir à retrouver le ton si particulier, fait de distance policée et d'humour calme de la grande romancière anglaise, en regardant Orgueil et préjugés, une des adaptations les plus récentes d'un de ses livres les plus connus et les plus réussis ? C'est bien possible, mais je crois aussi que la pieuse façon de présenter à l'écran les pratiques et les façons d'être de cette société courtoise, affable, corsetée, contraignante – c'est-à-dire civilisée – mérite beaucoup d'admiration tant elle reproduit, sans s'en moquer, moins encore en paraissant les mépriser, des usages qui pourront paraître aux sauvageons d'aujourd'hui plus éloignés que ne le seraient les pratiques de Cromagnon si on les restituait ; et qui, de fait, en sont bien davantage abyssalement lointaines.

Je suis d'ailleurs absolument étonné que ce film, qui fait appel à un minimum de connaissances historiques et sociologiques ait pu être tourné, dans le cadre d'une production franco-anglo-étasunienne avec, manifestement, beaucoup de moyens et une distribution internationale. Et tout cela pour un public qui n'en aura certainement pas perçu le quart du tiers de la saveur, pour n'avoir pas compris la hardiesse du récit de Jane Austen et donc n'avoir pas perçu les transgressions que l'histoire recèle. On ne le dira jamais assez : l'Angleterre n'est pas la France : sa noblesse s'est emparée d'une large part du pouvoir en obligeant Jean sans Terre, le frère de Richard coeur de Lion (le souverain pour qui se bat le cher Robin des bois) à lui abandonner nombre de ses prérogatives, lors de la promulgation de la Grande charte (Magna carta) en 1215, après notre victoire à Bouvines. Cette aristocratie terrienne, en face de dynasties multiples, faibles, controversées, a conservé sa substance des siècles durant. L'État n'a pas, comme chez nous, décapité les féodaux : nul Richelieu, Outre-Manche, qui arase les orgueilleux châteaux. Une multiplicité de propriétaires terriens et un prolétariat rural qui se soumet entièrement. Au sommet, la noblesse, richissime (et qui le demeure encore aujourd'hui) ; en dessous, la gentry qui connaît des sorts divers.

L'audace d'Orgueil et préjugés est de faire se croiser l'une et l'autre classe. On voudra bien considérer que le peuple n'est là-dedans pour rien du tout ; dans les romans de Jane Austen, il n'existe littéralement pas, il n'a pas de vie autonome : les nombreux régisseurs, serviteurs, agriculteurs ne sont là qu'en profils perdus, pour délacer les robes des dames et cuisiner des gigots de mouton, sans qu'on les voie jamais. Il serait vain et niais de s'en indigner : tout simplement le regard passe au-dessus.

La préoccupation principale de l'aristocratie est naturellement de garder son rang en essayant d'empêcher quiconque de parvenir à son empyrée. Celle de la gentry est de ne pas s'enfoncer ou, au mieux, d'escalader une marche. Mais dès qu'une famille de cette classe sociale (qui, au demeurant, s'enfonce graduellement dans la gêne financière) est dotée de cinq filles à marier, les choses pour elle, deviennent d'une complexité infinie. À dire vrai, voilà qui fut jadis l'angoisse existentielle de la petite bourgeoisie, en France y compris : qu'on se souvienne seulement des manigances de Mme Josserand (Jane Marken) dans Pot-Bouille, qui essaye désespérément de placer ses filles, quitte à les vendre à bas prix.

On comprendra mieux ainsi l'obsession de Mme Bennet (Brenda Blethyn) et sa facilité roublarde à tout accepter pour se débarrasser de ses filles, jusqu'à consentir avec joie et en tout cas sans scrupule à céder la très jeune Lydia (Jena Malone), qui n'a que 15 ans, mais s'est enfuie avec une canaille, Wickham (Rupert Friend). Une de casée ! Et bonheur extrême de voir la très jolie Jane (Rosamund Pike) courtisée par le riche Bingley (Simon Woods). Mais qui aurait pu penser que la plus fantasque, la plus primesautière, la plus spirituelle des filles, Elizabeth, Lizzy (Keira Knightley) parviendrait à gagner l'amour du sombre, réservé, hautain Darcy (Matthew Macfadyen), encore plus riche que tout le monde et présumé inatteignable ?

Un peu plus de deux heures de film pour en arriver à une conclusion qu'on ne pouvait que prévoir dès les premières images ? Certes ! Mais deux heures ravissantes, enchantées, intelligentes, tournées avec une très grande abondance de moyens (paysages, maisons, châteaux, costumes, figurants) et avec beaucoup de fidélité d'esprit au roman. Je ne dirai pas que c'est du cinéma bouleversant, mais c'est du cinéma consciencieux et fidèle. Est-ce qu'on ne peut pas en être ravi ?


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