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Forum : En suivant la flotte

Sujet : Un univers factice


De vincentp, le 1er juin 2006 à 09:16
Note du film : 4/6

Ce type de film n'avait pour ambition que de distraire le public, dans une époque bien difficile sur un plan social et économique.

L'univers de paillette qui lui sert de toile de fond apparaît aujourd'hui bien factice, et l'on se demande parfois si l'on n'a pas affaire à une parodie de comédie musicale, avec ses personnages qui passent leur temps à se saluer béatement, dans des décors de carton, avec des sourires à faire pâlir d'admiration tous les orthodontistes de la planète, et à susciter la convoitise de toutes les marques de dentifrice. Et l'on se prend à espérer, mais vainement, l'arrivée à l'écran de Woody Allen, avec sous le bras la rose pourpre du Caire pour débrider l'ensemble.

Curiosité : Randolph Scott, en jeune premier gominé, qui prouve qu'il a su faire autre chose dans sa carrière que de décrotter son Appaloosa : à savoir, étreindre une belle amazone, mais pudiquement pour ne pas affoler l'armée de censeurs, que l'on imagine suivre tout cela de très près. Quant à Fred Astaire, qui fait dans ce film feu de tout bois, on lui sait gré aujourd'hui d'avoir intégré ses galipettes et ses claquettes dans des récits heureusement plus ambitieux sur un plan cinématographique (avec Minnelli notamment) que ce type de bluette !


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De brgr, le 2 décembre 2006 à 16:12

je vous trouve un peu dur. c'est tout.


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De vincentp, le 2 décembre 2006 à 17:45
Note du film : 4/6

Bigre !

Il faut préciser, pour la jeune génération, que la série des 5 (?) comédies musicales de Mark Sandrich avec Fred Astaire et Ginger Rogers constitue un ensemble d'anthologie. Outre ce film et son cadre d'opérette (dont je n'ai pas apprécié la mise en scène), Top hat, L'Entreprenant M. Petrov, Swing time -celui-ci réalisé par George Stevens- sont des très belles réussites. Des must du genre.

Nb : Il y a également Gay divorcee (pas encore vu).

Ginger Rogers et Fred Astaire furent des fabuleux danseurs.

Astaire était peut être un peu moins charismatique que Gene Kelly, mais était un danseur-né. L'idole de ma grand-mère ! Chacun de ses numéros de danse mérite notre admiration, certains d'entre eux sont à couper le souffle (notamment dans Ziegfeld Follies avec Lucille Bremer, un des plus grandes danseuses de sa génération). Il convient de voir et de revoir chacun de ces films pour cela.

Des réussites éclatantes qui mettent en évidence le fait que le cinéma, plus qu'un divertissement, est un Art (j'ai eu cette révélation, un jour, en regardant Beau fixe sur New-York).

Donc, Bigre, ne vous bloquez pas sur ce point de vue très subjectif concernant ce film. Je crois que nous sommes d'accord sur la belle qualité de l'oeuvre de Sandrich, Rogers et Astaire.


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De Impétueux, le 2 décembre 2006 à 20:11
Note du film : 3/6

A mon sens, le meilleur de la série, c'est Top hat (n°128 de ma liste imm….) et je médite un long message reprenant tout ce que ce genre a pu apporter au cinéma…

Fred Astaire, plus charismatique que Gene Kelly ? Je ne dirais pas cela… C'est un autre type de danseur, plus ailé, plus raffiné, plus distingué, mais moins athlétique, moins proche, moins contemporain…

Il était fait pour des féeries (votre exemple de Ziegfeld follies est parfait), pour illustrer des mondes qui ne cessaient de se défaire, Europe d'avant 14, Etats-Unis d'avant la Dépression… Le bizarre est qu'il les ressuscitait presque…


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De Impétueux, le 8 septembre 2015 à 18:25
Note du film : 3/6

Revu hier En suivant la flotte (1936), et un peu déçu de cette re-vision qui me conforte dans la préférence que je porte à La joyeuse divorcée et au Danseur du dessus du même Mark Sandrich et de la même année 1935 ; l'anecdote n'est ni plus ni moins invraisemblable – et n'a pas, non plus, d'ailleurs, la moindre importance – mais elle est très tarabiscotée, ce qui n'est pas précisément recommandé dans ce genre de films où la linéarité de l'histoire va de pair avec l'éblouissement que l'on doit ressentir de la conjugaison de la musique et de la danse et ne réclame donc pas la moindre complexité (je reconnais qu'il peut y avoir là-dessus de grandes exceptions). Tout simplement parce qu'on n'a pas vraiment envie de suivre une aventure, dont on sait d'avance qu'elle connaîtra une heureuse issue, mais de n'avoir qu'un fil minimum prétexte à des numéros.

Sur ce plan là, En suivant la flotte est plutôt mal cousu, plein de péripéties répétitives et semble interminable, ceci alors même (et peut-être parce que) ces numéros chantés et dansés m'ont semblé plus courts, moins denses que dans les autres films de Sandrich. La séquence terminale, qui dans le genre, est censée représenter le bouquet final du feu d'artifice est extrêmement courte et n'a pas d'éclat particulier, par exemple. Tout cela est dû sans doute en partie au fait que le film est adapté d'une pièce à succès, transformée artificiellement (et qui a donné lieu, paraît-il, à plusieurs autres adaptations filmées).

Si Ginger Rogers et Fred Astaire sont toujours des danseurs aussi éblouissants que dans les films de l'année précédente, et si la mise en scène de Mark Sandrich les sert avec la même efficacité, je trouve aussi que la musique – du même Irving Berlin est assez au dessous de celle qu'il avait réalisée pour La joyeuse divorcée et Le danseur du dessus.

Bref, c'est assez terne et décevant, et les jeunes gens qui désirent savoir ce que pouvait être la joie de vivre il y a soixante-dix ans doivent plutôt regarder un autre film de Sandrich.


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