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Sujet : Le premier chef-d'oeuvre de Minnelli


De vincentp, le 12 mai 2006 à 21:17
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Le magazine "Arts" dit de ce film en 1965 : "on peut donner dix films de de La Patelière, de Clouzot, ou de Cayatte pour une seule séquence du chant du Missouri, celle ou les enfants se déguisent pour Halloween. C'est le fantastique de l'enfance, avec ses terreurs, ses audaces, sa liberté de l'imaginaire qui triomphe." C'est aussi une séquence clé, située au milieu du film, et qui lui donne tout son sens. Elle lui donne en effet une tonalité sombre et inquiétante qui tranche avec la façade des apparences, sucrée et colorée, présentée avant et après. Comme dans Gigi quelques années plus tard, ce film revêt bien deux dimensions, qu'un spectateur attentif peut percevoir. C'est aussi une séquence très personnelle, propre à l'univers du metteur en scène ou son esprit onirique -et quelque peu tourmenté- se manifeste pleinement. Il confia d'ailleurs que c'est cette séquence loin de la guimauve hollywoodienne qui le décida à tourner le film.

Mais on peut ajouter que cette comédie arrive à faire vibrer la corde sensible du spectateur basique que nous sommes en donnant vie à toute une famille du début du siècle, filmée dans sa vie quotidienne. Des mouvements de caméras très sophistiqués alliés à un sens de l'observation hors-norme nous introduisent au coeur de celle-ci et nous en restituent de façon magnifique les petits détails de chaque moment de la journée.

L'utilisation de la couleur atteint des sommets. De mémoire, les deux dernières séquences sont un tableau vivant composé de teintes vertes et marron et un autre bleu et rouge. Il a également été beaucoup admiré dans ce film la façon dont Minnelli a utilisé les lumières naturelles et artificielles (celle des bougies accompagne par exemple le déplacement des personnages).

Le premier chef-d'oeuvre de Minnelli, qui l'imposa comme metteur en scène, mais qui doit aussi beaucoup au producteur Arthur Freed qui porta le projet du film à bout de bras, puis accompagna sa réalisation, en en suivant toutes les étapes de fabrication.


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De Impétueux, le 29 mai 2007 à 18:53
Note du film : 5/6

Je découvre votre message, cher Vincentp, au moment où j'allais déposer le mien, en tous points semblable dans l'enthousiasme manifesté, mais bien moins nettement argumenté dans la qualité de l'analyse !

Comment, d'une histoire assez banale, presque mièvre, en tout cas très anodine (des jeunes filles rêvent à l'amour, leurs jeunes sœurs sont espiègles et joueuses, un couple vit paisiblement dans une certaine prospérité, une ville se prépare à un événement notable, mais nullement tragique – de ce tragique qui fait les bons scénarios haletants – ) comment d'une histoire où l'Histoire n'est qu'à peine présente, arrive-t-on à réaliser un film aussi délicieux et profond ?

Comment, alors qu'on ne voit pas la moindre trace qu'aurait pu laisser la guerre de Sécession (il est vrai terminée quarante ans auparavant et où l'État du Missouri n'a pas joué un rôle majeur), alors qu'on n'aperçoit ni Noir, ni ouvrier, mais uniquement des bourgeois prospères, que la vie semble se passer entre fêtes pour grands ou petits, réunions de familles, petits chagrins et secrets tendres, comment ce film n'apparaît-il pas purement artificiel ?

Une première réponse, un peu formelle, peut sans doute être donnée par la date de sa réalisation : en 1941, compte tenu d'un contexte international qu'on pourrait qualifier de tendu si l'on ne craignait pas d'aller trop loin dans la litote, en 1941, il n'est tout de même pas question de montrer une image sombre des États-Unis.

Mais je crois qu'il y a bien davantage : la magie de Minnelli : Vincentp cite fort opportunément la virtuosité du maniement des caméras et l'utilisation fastueuse de la couleur (et c'est vrai : c'est un chatoiement exceptionnel, même dans les séquences nocturnes et hivernales).

Vincentp omet pourtant de citer la qualité extrême de la musique portée par le talent immense d'une Judy Garland au sommet de son talent (elle a 22 ans) et qui possède un abattage, un brio, une justesse de ton sublimes ; et comme les chansons de Hugh Martin et Ralph Blane sont dans tous les inconscients des cinéphages (et en premier lieu le célébrissime Trolley song, mais aussi Skip to My Lou et les autres), toute cette joie de vivre donne un film magnifique qu'il serait dangereux de ne pas voir…


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De DelaNuit, le 29 mai 2007 à 19:58

A vous lire, Messieurs, je réalise soudain ne jamais avoir vu – hormis quelques extraits – ce grand classique de la comédie musicale et de Minnelli, alors que je ra folle de l'un et de l'autre. Comment est-ce possible ?

Il me faut réparer dès que possible ce manquement !


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De vincentp, le 1er janvier 2012 à 22:26
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Revu ce soir en bluray. L'image est forcément de qualité, mais sans être exceptionnelle. Les chansons ne sont pas traduites en français ce qui dommage pour les non-anglophones car elles orientent le sens du film.

Le chant du Missouri est un beau film sur les illusions de chaque tranche d'âge de la vie. Les aspects musicaux et les ruptures de ton (liées à Halloween) donnent de l'ampleur au sujet. Le travail sur la lumière et la couleur est somptueux. Il faudra être bien reposé et dans une humeur favorable pour apprécier au mieux ce récit. Ce n'était pas le cas pour ma part ce soir (lendemain de réveillon oblige), et j'ai un peu souffert.


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