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Sujet : Le Sauveur et l'Arme à l'Oeil


De spontex, le 19 octobre 2005 à 10:01

Bonjour,

Y a-t-il un lien entre ce film, récemment diffusé sur France 3 (le 10/10/2005), et L'Arme à l'Oeil (Eye of the Needle) de Richard Marquand avec Donald Sutherland ?

Les intrigues me semblent tellement proches…


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De verdun, le 13 juin à 22:41
Note du film : 5/6

Pendant l'occupation, un soldat anglais en fuite (Horst Buchholz) est recueilli par une jeune fille, Nanette (Muriel Catala) qui lui trouve une cachette dans le grenier de la ferme familiale, à l’insu de ses parents pétainistes. Elle finit par s’éprendre du beau soldat…

Premier des deux films réalisés par Michel Mardore, critique au Nouvel Observateur et aux Cahiers du cinéma, Le sauveur est l'un des films les plus atypiques et les plus étonnants du cinéma français des années 1970. Presque un Objet Filmique Non Identifié.

Il est assez difficile d'y voir l'influence d'autres cinéastes, à la date de sa sortie (1971), ce qui est assez étonnant de la part d'un réalisateur aussi cinéphile que Mardore. C'est plutôt la littérature (Sade, Le Nouveau Roman ?) qui semble avoir inspiré Le sauveur. En revanche, son ton dérangeant semble annoncer Lacombe Lucien et d'autres films sur l'Occupation tournés ultérieurement.

Le sauveur, dont le titre est inspiré par les paroles de "Maréchal nous voilà", décrit bien cette période trouble que fut l’occupation. Mais ce film est avant tout une fable à la portée universelle et intemporelle, qui retrace l'éveille à l'amour d'une jeune fille grâce au parachutiste qu'elle a recueilli. Une scène montrant les deux amants se baignant nus dans la rivière puis se séchant au soleil s'avère digne des grands peintres français du XIXe siècle, grâce à la photo de William Lubtchansky et au choix parfait des extérieurs.

Mais ce jeu de la séduction va se révéler extrêmement dangereux. Le sauveur est non seulement une fable sur les premières amours de la jeune Nanette mais aussi une parabole quasi-biblique sur l'omniprésence du mal. Le récit repose sur un rebondissement ingénieux que je ne préfère pas éventer. L'alternance entre scènes de tendresse et scènes d'angoisse créée un sentiment d'inconfort renforcé par la partition de Pierre Jansen, musicien fétiche de Claude Chabrol à la même époque.

Les deux acteurs sont remarquables: Horst Buchholz a rarement eu l'occasion d'exprimer son talent de la sorte et sa jeune partenaire Muriel Catala, préférée à Isabelle Adjani, est parfaite de candeur et de féminité.

Malgré quelques scènes moins réussies dans sa deuxième moitié, Le sauveur est l'un des grands bijoux méconnus du cinéma français des années 1970 grâce à sa liberté de ton et son pessimisme, et à une absence de volonté de plaire assez typiques de l'époque.

Un film hors-normes, qui reste trop peu connu malgré sa disponibilité en DVD, et même sur Youtube.

PS: à Spontex: dans les grandes lignes il y a des ressemblances entre les intrigues du sauveur et de L'arme à l'oeil mais aussi des différences importantes dans la narration, les personnages, la temporalité, les informations données au spectateur. Et je ne pense pas que Ken Follett se soit inspiré du scénario de Mardore. Mais sait-on jamais…


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