Forum - The Mission - Critique
Accueil
Forum : The Mission

Sujet : Critique


De dumbledore

The Mission se trouve être un étrange croisement entre le cinéma de John Woo et celui de Ozu. Croisement des plus étonnants car ces deux cinéastes sont à l'opposé l'un de l'autre. Et pourtant. De chez John Woo, on retrouve le thème classique dans le cinéma asiatique et emprunté à la culture américain de "films de voyous" avec bodyguards, patron marié à une femme trop belle, femme tabou de laquelle l'un des bodyguards va tomber amoureux, le tout agrémenté de scènes d'actions, etc. D'Ozu, on retrouve des cadres très posés, très composés, le travail (si ce n'est la réflexion des films de la seconde partie de sa carière) sur l'absence de mouvement, la maitrise de l'action, aussi bien de son propre corps que de son être par rapport aux autres.

Car l'idée de génie du film, ce sont les scènes d'actions, et surtout une, celle du centre commercial où la "scène d'action" se réduit en réalité à une scène "d'immobilité". Le principe se retrouve dans les westerns italiens de Leone, mais il atteint ici une valeur spirituelle impressionnante.

L'ironie du film, c'est que cet immobilisme d'action trouve un pendant plutôt amusant : durant tout le film, les personnages (les bodyguards) s'ennuient (sublime scène de foot) et attendent avec impatience de l'action !

Pour finir sur la référence à John Woo, on peut résumer le film à la présence d'une idée visuelle forte, mais à un scénario convenu et attendu…


Répondre

De vincentp, le 16 avril 2007 à 16:42
Note du film : 5/6

Dumbledore m'excusera mais je n'ai pas trop vu trace de Ozu (*)(**) dans ce film (pas de réflexion sur le temps qui passe, par exemple, ou sur les conflits de génération, pas de personnage féminin en quête de mariage) mais plutôt de Sergio Leone, Quantin Tarantino, et Takeshi Kitano (Sonatine, Hana-bi). Voire aussi de certains films de Kurosawa (comme Sanjuro ou Le Garde du corps) : dosage subtil de scènes d'action, d'humour, et d'instants plus contemplatifs, mais filiation thématique également (l'apprentissage, l'audace, le sens de l'honneur).

Points forts de The mission : des scènes d'action à couper le souffle, une mise en scène ingénieuse (on ne s'ennuie pas une seconde, des ellipses narratives surprenantes entretiennent un excellent suspens). Et puis ces gangsters, dont le patron est installé dans une entreprise bon chic bon genre -avec secrétaires tirées à quatre épingles-, sont bien caractérisés, et s'imposent comme des personnages sympathiques et crédibles. Derrière l'action, une véritable psychologie, et un petit aperçu d'un bout du monde.

(*) Même si le parrain a des faux-airs de Chishu Ryu, acteur emblématique de Ozu. (**) Il me semble que l'on peut trouver trace de Ozu dans tout le cinéma asiatique, vu le caractère énormissime de son oeuvre.

Bravo Johnnie To !


Répondre

De Gaulhenrix, le 22 avril 2007 à 01:31
Note du film : 4/6

Une fois de plus, vincentp expose avec pertinence les mérites du film. The Mission est, en effet, une bonne surprise pour sa musique en leitmotiv, sa structure qui joue sur le contraste entre les moments d'attente et les tirs nourris des fusillades qui les interrompent. John To fait penser à Tarantino en mettant en scène des personnages simples, respectueux, mais impitoyables ; en proposant un scénario malin (l'ennemi reste invisible et on ne sait qu'à la toute fin du film qui en veut au chef de la Triade) ; et en pratiquant systématiquement le mélange des genres : les scènes comiques succèdent aux moments dramatiques, et inversement – tension ET dérision. Enfin, comme il est dit précédemment, la mise en scène en impose (Cf. l'attaque dans le centre commercial). Cela dit, on peut aussi comprendre que certains spectateurs soient allergiques à ce type de cinéma…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.0033 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter