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Forum : Prêtres interdits

Sujet : Un ton simple et léger

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De Sedna, le 4 juillet 2005 à 13:05

Ce film à l'air très intéressant… j'aimerais bien qu'il soit édité en dvd pour pouvoir découvrir l'histoire de ce film qui a l'air très touchant… Merci de me prévenir.


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De Rita, le 26 octobre 2005 à 18:09
Note du film : 6/6

J'aimerais que le DVD serait disponible, c'est en effet un film touchant que j'aimerais

posséder en format DVD.


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De Tamatoa, le 13 février 2014 à 15:42
Note du film : 4/6

Je pensais, au vu du titre, avoir affaire à un film grave, avec des âmes torturées par des turpitudes séculaires concernant un sujet qui, du premier pape Pierre à Jean paul II a fait noircir bien des pages et s'étioler bien des coeurs. Or je fus surpris par le côté simple, leger que Denys de La Patellière décida d'employer pour traiter du célibat des prêtres. Ce fut là son dernier film. Léger ne veut pas dire "par dessus l'épaule"" . Mais il insiste joliment sur l'évidence : Un prêtre est un homme avant d'être un prêtre. Qu'un prêtre ne ressemble pas forcémment Fernand Sardou dans Le curé de Cucugnan. Voyez Montgomery Clift dans La loi du silence. Belmondo dans Léon Morin, prêtre, Lambert Wilson dans Hiver 54, l'abbé Pierre, Mathieu Kassovitz dans Amen et j'en oublie.. Et c'est au son de divers concertos de Vivaldi, lui-même prêtre, dans une campagne berrichonne, sentant bon la liberté des vents, forte de ses couleurs tièdes bien éclairées que la divine Claude Jade va devenir Cet obscur objet du désir et tourment permanent pour tant de soldats de dieu. Mais loin d'être un problème insurmontable, la clarté va se faire très vite dans le coeur d'un Robert Hossein bien inspiré dans son jeu et fort crédible en homme de dieu qui prend ses responsabilités. Nous sommes en 1936 et il faut faire avec les terribles évènements qui se préparent. C'est beaucoup pour un homme, aussi croyant soit-il. L'amour inattendu, un enfant à venir, la politique qui cingle et une hiérarchie ecclésiastique qui condamne fermement. A ce propos, des scènes piquantes nous sont offertes. Entre un Louis Seigner, Monseigneur inflexible et un formidable Claude Piéplu abbé un peu las de toutes ces hypocrisies dites chrétiennes et qui défend son ami Hossein :

"-Monseigneur, les ordres et les exigences imbéciles de la hierarchie ecclésiastique quand on a la gestapo au cul, je trouve ça un peu léger. Vous me trouvez vulgaire ? Peut-être, mais dans certaines circonstances, je trouve ce langage plus clair et plus causant que le latin !…-".

Ce film se distingue par son manque de désespoir. Et c'est tant mieux. Quand je dis qu'il est léger, c'est qu'il va à l'essentiel sans tortures métaphysiques de toutes sortes. L'amour plus fort que tout. L'amour qui n'empêche nullement la croyance la plus ancrée. Denys de La Patellière semble vouloir en finir avec ce problème vieux comme le monde. Et du sourire de Claude Jade qui résume tant de choses, à la conscience propre de Robert Hossein, l'évidence de l'amour prend ses aises et même si la guerre y mettra un terme, le message passe, tranquille, comme le vent dans les arbres.. Le seul reproche, tout petit, que je fais à ce film, c'est que par moments, il nous semble nous retrouver dans Le petit monde de Don Camillo avec ses problèmes politiques bien appuyés. Mais le maire du village, Pierre Mondy n'est pas Peppone Bottazzi et il rend ce trop plein de manoeuvres et de grenouillages plus acceptable. Parce que trop souvent, à mon goût, le sujet essentiel s'égare pour faire place à un film très politisé. Mais peut-être que cet "essentiel" paraissait tellement logique et sans plus besoin d'explications que Denys de La Patellière a voulu combler avec les évènements de l'époque.

En tous cas, c'est un film bien agréable, sincère, qui nous rappelle que bien des hommes de foi souffrent et officialisent de ce dont nous abusons. Le célibat forcé des Prêtres, ce n'est pas un interdit biblique, mais une décision prise au Moyen-Age lors d'un concile, pour éviter qu'il ne s'établisse des dynasties de curés de père en fils dans les paroisses, chose qui avait allègrement commencer à se faire pour que soit prise une telle décision. Mais ce film, plein de sagesse, est surprenant de part sa simplicité.

Celle qui veut que le coeur a ses raisons que la raison ignore


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De Arca1943, le 13 février 2014 à 17:11

Voilà en tout cas une recension qui donne très envie de voir le film.

Mais notez, Tamatoa, que la merveilleuse Claude Jade n'en avait pas fini avec ce grave thème de l'amour terrestre interdit au clergé catholique: puisque deux ans plus tard, en 1975, elle sera la religieuse dont Go Kato tombe amoureux dans Cap du Nord, un film de Kei Kumai. Film qui, chose incroyable, n'est pas disponible sur DVD en France…


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De verdun, le 2 janvier 2021 à 23:24
Note du film : 4/6

Pour répondre au message précédemment posté par Impétueux sur le fil des Miserables, la filmographie de Robert Hossein en tant qu'acteur ou réalisateur, souvent réduite à Angélique ou quelques belmonderies multidiffusées, recèle effectivement de nombreuses perles qu'il serait bon d'exhumer. Certaines ont été discrètement rééditées (Le monte-charge, La part des lions), d'autres sont carrément ignorées de nos jours comme ce Prêtres interdits de 1973, disponible naguère sur YouTube.

J'ai pour ce film, à l'instar du regretté Tamatoa, une certaine bienveillance.

L'argument est le suivant. Une jeune fille de bonne famille, Françoise (Claude Jade), fait une chute de bicyclette. Elle est soignée par l'abbé Jean Rastaud (Robert Hossein). Ils se revoient et se lient bientôt d'amitié. Malgré les mises en garde, leur amitié se transforme au grand jour en un amour réciproque. L'intervention de l'ami de Rastaud, l'abbé Ancely (Claude Piéplu), n'y change rien.

Le thème traité principalement est celui du célibat des prêtres, thème en vogue en 73 puisqu'on le retrouve à la même époque dans la chanson "le curé" de Michel Sardou: moi qui suis le jeune curé de la paroisse abandonnée, etc…. Le film traite d'une histoire d'amour, entre un abbé et une jeune femme, qui dérange un petit village encore très chrétien dans les années 1930. Le conservatisme de la société et bien évidemment de l'Église sont pointés du doigt.

Cependant, un deuxième thème majeur apparaît: celui de l'engagement politique de l'homme d'Église. le contexte de la seconde guerre mondiale a une grande importance dans la seconde moitié du film: Ancely, grand ami de Rastaud, est lui aussi vu comme un marginal puisqu'il a des sympathies, mal vues par sa hiérarchie, pour la résistance et les communistes. La différence c'est que quelques décennies plus tard, en 1970, Ancely, à qui l'Histoire a donné raison, est monté en grade tandis qu'un homme d'Église amoureux d'une femme n'est toujours pas concevable.

Comme le soulignait Tamatoa, Prêtres interdits est une histoire mélodramatique traitée sans lourdeur excessive. Le scénario pose un regard intéressant sur la place des ecclésiastiques face aux évolutions de la société française du XXe siècle. La présence parmi les auteurs de Jean-Claude Barreau, ancien prêtre devenu essayiste bien connu, est à souligner. La réalisation de Denys De La Patelliere est académique voire plan-plan mais le rythme très soutenu de la narration rend le visionnage de ce film très agréable.

C'est de la qualité française qui sait faire preuve de bon goût comme en témoigne la bande-originale, signée par un certain Vivaldi. Mais comme beaucoup de films français des années 1960-70-80, c'est la puissance de la distribution qui emporte l'adhésion. Hossein est irréprochable. On retrouve avec plaisir Claude Jade ainsi que Pierre Mondy et Louis Seigner dans des rôles secondaires. Accordons une mention spéciale à Claude Piéplu qui emporte d'autant plus l'adhésion que son personnage prend de l'épaisseur au fil du récit.

Prêtres interdits est un joli film populaire de qualité, chose rare en 2020. Denys de La Patelliere a fait bien pire, notamment les multidiffusés Le tatoué et Le tueur. C'est une œuvre facile d'accès et toujours d'actualité puisque l'Église n'a guère évolué, contrairement à ce que souhaitent les personnages principaux.

Alors pourquoi donc ce film a-t-il disparu ainsi des radars ?


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