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Sujet : Critique


De dumbledore, le 24 mai 2005 à 11:04
Note du film : 3/6

Ah ! Revoir un film de Vincente Minnelli est toujours un régal. Par son univers d'abord, toujours très coloré, aux décors vastes et incroyables (on a droit ici à un bureau de professeur qui ressemble véritable loft et à un toit d'immeuble appartenant à une jeune fille populaire, sans vraiment le sou) qui sentent le studio à plein nez. Un film de Vincente Minnelli est toujours une sorte d'hommage aux années d'or d'Hollywood la grande, d'Hollywood la belle.

Il y a de toute cela dans Melinda : un petit goût suranné, une odeur de fleurs séchées. Cela est d'autant plus marqué dans ce film qu'il est l'un des derniers du réalisateur et surtout l'un des derniers films de l'ancien Hollywood, puritain, bien pensant et surtout éloignés des considérations du moment. Ce film à l'eau de rose racontant les aventures d'une jeune femme qui désire s'arrêter de fumer et qui recourt pour cela à un psychologue est bien loin des soucis des jeunes femmes de cette époque plongée en pleine guerre du Viet-Nam. Même le fait que le psychologue découvre qu'elle a des vies passées, qu'elle a subit de nombreuses réincarnations ne va pas non plus dans le sens d'un réalisme de l'époque !

Mais il y a une belle énergie dans ce film qui finit par accrocher le spectateur un peu nostalgique. Il y a évidemment la bonne idée d'allier deux star de la chanson, une d'hier (Yves Montand) et une de l'époque (Barbra Streisand). Le mélange fonctionne plutôt bien et la palme revient de loin à Barbra Streisand qui jubile avec une folle énergie dans l'incarnation du personnage de Daisy Gamble. Paradoxalement, on peut dire trop. Elle est en effet tellement truculente, drôle et décalée qu'on a bien du mal à trouver de l'intérêt à son autre personnage dont elle est la réincarnation et qui paraît fade, tragique. Comme le film repose sur l'idée que Montand préfère "celle d'avant" à "celle-ci", on a bien du mal à la suivre et à le comprendre… et du coup le film prend un coup dans l'aile.

Le fait est que ce hiatus est assez parlant, assez révélateur même de cette époque dans laquelle s'inscrit le film. Certes, l'histoire, les personnages ne sont pas ancrés dans la réalité des années 70 mais ce hiatus, lui, l'est clairement. Des gens comme les dirigeants des studios, des scénaristes ou bien même de Minnelli lui-même ont pour image idéalisée cette femme du siècle passé, alors que la génération suivante trouvera sans doute plus de charmes à cette jeune femme mal éduquée, sans grand respect pour ses paires/pères…

Alors bien évidemment, à côté de tous les intérets que possèdent le film, il faut reconnaître que ce n'est pas un grand Vincente Minnelli. La mise en scène est souvent un peu pompeuse, notamment dans ses moments musicaux finalement très secondaire par rapport à l'histoire. Le film s'étire également un peu en longueur et finit par une fin à la fois surprenante et presque incompréhensible.

Pas un grand Vincente Minnelli certes, mais un Vincente Minnelli tout de même !


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De verdun, le 15 octobre 2015 à 22:00
Note du film : 4/6

A ranger dans les Minnelli moyens car c'est trop long, trop inégal, trop bancal.

Néanmoins, contrairement à Un numéro du tonnerre, c'est un film très personnel. Et original. Car on retrouve le thème de prédilection du cinéaste: un personnage qui tente d'imposer la primauté du rêve sur la réalité forcément plus terne. Ici le professeur Chabot Yves Montand est amoureux de Melinda qui est non pas un personnage réél mais un personnage du passé réincarné aujourd'hui en Daisy Barbra Streisand et veut tout faire pour imposer cette romance irréaliste.

Comme l'écrivait Dumbledore dans son précédent message, c'est un film maladroit dans sa tentative de mettre au goût du jour psychédélique la comédie musicale à l'ancienne et l'époque du psychédélisme, de la contre-culture, de la couleur orange.. Mais cette tentative pour le cinéaste de mettre son cinéma au goût du jour s'avère assez passionnante et touchante. La présence de Jack Nicholson, future légende du Nouvel Hollywood, est symbolique de cette envie d'avancer avec son temps. On retrouve cette contradiction dans la forme: on retrouve de beaux décors mais une photo plus crue, plus "seventies" que du temps glorieux de la MGM.

Certaines séquences peuvent figurer dans une anthologie du cinéaste: à Brighton, Melinda séduit son amant. Le professeur parvient à dialoguer en champ/contre-champ avec Melinda. Juché sur les toits, il lui demande de revenir alors qu'elle a pris la fuite.

Il faut supporter Barbra Streisand, ici inhabituellement érotisée dans son incarnation de Melinda. En revanche, Montand est très sobre et constitue un parfait contrepoids à l'exhubérance de sa partenaire. A noter la médiocrité de la version française, totalement incongrue: l'acteur français ne s'est pas doublé lui-même et parle avec la voix de Michel Gatineau, doubleur de Michael Landon dans La petite maison dans la prairie.

Un film inégal, difficile d'accès, qui gagne certainement à plusieurs visions.. Mais ce n'est nullement un ratage.


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