Forum - Les Mariés de l'an deux - Cavalcade entre les échafauds
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Forum : Les Mariés de l'an deux

Sujet : Cavalcade entre les échafauds


De PM Jarriq, le 19 juillet 2004 à 08:28
Note du film : 5/6

Rappeneau a fait un nouveau montage ? Quelle drôle d'idée… Ce qu'avait fait Sautet peu avant sa mort sur plusieurs de ses films n'était guère convaincant et on espère au moins (sans grand espoir) que les deux versions seront visibles en DVD. Espérons aussi que ces méthodes ne vont pas se généraliser, car je les trouve plus que douteuses.


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De PM Jarriq, le 11 avril 2005 à 08:52
Note du film : 5/6

En fin de compte, Rappeneau n'a pas effectué de remontage de son film (si c'est le cas, il est difficilement discernable), mais un réétalonnage complet qui lui donne le lustre qu'il n'avait jamais eu par la faute d'un tournage en Roumanie et de labos incompétents. Beau travail ! "Les mariés" demeure une belle réussite, un parfait exemple du mouvement incessant à l'écran : chaque péripétie en entraîne une autre, il n'y a pas de temps mort, tout s'enchaîne par magie et le mot "fin" laisse un peu épuisé. Belmondo d'un dynamisme inouï et Jobert minaudante mais très photogénique, forment un beau couple de cinéma (à voir dans les suppléments l'interview d'époque où ils ne peuvent visiblement pas se supporter !) et les seconds rôles sont parfaits. On aperçoit un jeune Patrick Dewaere en volontaire rigolard. De la belle ouvrage vraiment, soigné et intelligent. Pas sûr que Rappeneau ait fait mieux depuis.


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De Arca1943, le 11 avril 2005 à 13:16

Rappeneau, en voilà un autre selon mon coeur. J'avais bien aimé Le Sauvage, tentative réussie de comédie américaine à la française… Et plus encore peut-être le pari étourdissant de ce Cyrano dans la versification d'origine. Le Hussard sur le toit m'a moins passionné (celui-là, pour le coup, il pourrait le remonter, pour le condenser un peu : il y a un bon 15 minutes de trop, dans ce film, bien u'il porte sur le Risorgimento !).

Mais surtout, je tiens à exciter la jalousie de Jarriq et Impétueux : eh, eh, eh, moi, Les Mariés de l'an II, je ne l'ai jamais vu ! Aussi, si je mets la main sur ce DVD, j'aurai le plaisir de la découverte !

Arca


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De PM Jarriq, le 13 avril 2005 à 18:56
Note du film : 5/6

Et puis, cher Arca, il y a Laura Antonelli… Et elle est belle, dans ce film. Mais belle !


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De Impétueux, le 13 avril 2005 à 19:55
Note du film : 5/6

Cette ironie narquoise ne vous honore pas, mon cher Arca !!! Tsss, tsss, tsss !

Et si je vous disais, moi, que, grâce à vous et à votre force de conviction, je vais quelque jour découvrir La grande guerre ou L'armée Brancaléone !! Hein ? Comme vous avez ouvert des tas de pistes, dont bon nombre m'étaient ignorées, je vous rends la pièce et j'attends, dans la perspective d'une retraite que je prendrai le plus tard possible mais qui se profile tout de même avant la décennie, que tout ce que vous nous avez donné envie de savourer soit édité.

Ah ! détail du gionien absolu que je suis : Le hussard sur le toit, s'il met en scène un Angélo Pardi dont le cœur défaille d'enthousiasme pour le Risorgimento, le Hussard, donc, n'est ni le film, ni le roman de ce grand mouvement d'unification : le roman, c'est la suite du Hussard, qui s'appelle Le bonheur fou, dont je ne crois pas qu'on ait jamais songé à tirer un film (c'est trop foisonnant, un peu lourd ; ce n'est pas le Giono que j'aime). Pour faire rêver vos passions d'Italie, je vous rappelle la dernière phrase du Hussard (roman) : Il voyait venir vers lui au galop des montagnes roses, si proches qu'il distinguait sur leurs flancs bas la montée des mélèzes et des sapins. " L'Italie est là derrière " se disait-il. Il était au comble du bonheur.

Le Bonheur fou commence après.

Tout cela nous éloigne beaucoup des délicieux Mariés de l'an II, qui sont gracieux, drôles, gais et sonores. (Cinq étoiles à la musique de Michel Legrand. Moi qui -je vais vous faire une confidence ! – n'ai pas beaucoup d'admiration pour la Révolution française (c'est même une litote), j'ai toujours trouvé à ce film beaucoup d'allure… Un reste du XVIIIème siècle, sans doute, du temps que les marquises étaient si ravissantes, avant qu'on les coupe en deux.


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De vincentp, le 13 avril 2005 à 22:00
Note du film : 6/6

Laura Antonneli n'a-t-elle pas été défigurée suite à une opération esthétique qui a raté ?


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De Arca1943, le 14 avril 2005 à 12:07

Elle a bien été défigurée, mais si ma mémoire est bonne, ce n'était pas une opération de chirurgie esthétique. Plutôt un stupide accident. Je fouille le dossier et je vous en reparle.


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De Arca1943, le 14 avril 2005 à 12:08

" L'Italie est là derrière " se disait-il. Il était au comble du bonheur."

Et il avait bien raison ! Je vous comprends d'avoir vos réserves vis-à-vis de la Révolution française. Après tout, c'est vrai que ses méthodes étaient parfois un peu tranchantes. (Même si comme l'écrivait fort justement Ambrose Bierce, «au fond la guillotine n'est qu'un léger chatouillis à la base de la nuque».) Que voulez-vous, il faut croire que les idées de Beccaria (Traité des Lois et des Peines) n'étaient pas encore parvenues, ou trop tard, en terre de France…

«Nous devons arriver à la démocratie sans en passer par un Cromwell», répondait Cavour à ceux qui demandaient qu'on établisse la dictature du Roi. Il aurait pu dire tout autant : sans en passer par un Robespierre. Aussi, il ne faut surtout pas se laisser impressionner quand on tombe sur des historiens français (ou britanniques, ou américains) qui présentent l'Unité italienne comme une «révolution manquée» : sa grandeur fut justement – un peu, dirais-je, comme celle de Mandela – d'avoir réussi à éviter un terrible bain de sang en préférant, chaque fois que c'était possible, la voie de la diplomatie et de la politique.

Non, croyez-en mon coeur de vieux libéral : le Risorgimento, c'est plus propre !

Ceux qui se plaignent que je ne parle pas de cinéma ici pourront se ressourcer en (re)voyant Domani Accadra, Allonsanfan, Le Guépard, Au nom du Pape Roi

Arca1943


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De Impétueux, le 9 mars 2008 à 18:42
Note du film : 5/6

En revoyant une nouvelle fois ce film qui est peut-être, c'est vrai, le meilleur de Jean-Paul Rappeneau, je me faisais la réflexion qu'il dépeignait étonnamment bien ce que pouvait être l'état d'esprit des Français, au bout de quelques années d'agitation sanglante et comment Napoléon Bonaparte avait pu cueillir finalement sans grande difficulté un pays qui aspirait à la stabilité d'une nouvelle époque.

Comme le remarque excellemment un des intervenants des riches suppléments du DVD, la fastueuse musique de Michel Legrand allie et alterne habilement, selon les séquences, les parties de clavecin et les structures mélodiques de l'Ancien Régime et les amples scansions majestueuses de l'Empire ; eh bien selon les séquences, là aussi, on est tout aussi révulsé d'horreur devant le fantoche sanguinolent joué à merveille par Julien Guiomar, évidente incarnation du sinistre Carrier, qui noya dans la Loire près de 5000 personnes, qu'attristé de l'étroitesse d'esprit et de la morgue d'aristocrates malsains qui ne peuvent comprendre que le Monde a changé.

Je ne mets pas la Terreur et l'aveuglement sur le même plan, certes : ce qu'on ressent dans Nantes, c'est une atmosphère d'angoisse et de suspicion permanentes, dans une famine idéologiquement entretenue et Carrier-Guiomar – j'y reviens – parvient à mêler la bonhomie, l'outrance, le fanatisme, la cruauté et la naïveté, naïveté rousseauiste fort bien incarnée aussi par l'excellent Charles Denner, image même de ces dictateurs de la vertu dont la dernière incarnation furent les tendres Khmers rouges.

Du côté royaliste, c'est un peu plus flou : le marquis de Guérande (Sami Frey, vraiment très beau) est d'une dégradante cruauté ; on voit assez que c'est un libertin (au sens philosophique du terme), embarqué par atavisme dans une cause dont il se fiche complètement, finalement, et qui n'a d'autre passion que celle, incestueuse, qu'il nourrit pour sa sœur (il est vrai que c'est Laura Antonelli pour qui il n'est pas illégitime de craquer) ; mais le Prince (Michel Auclair, gluant, comme à l'habitude) est d'une rare veulerie, et Saint-Aubin (Patrick Préjean) est aussi nuisible que ridicule…

PMJarriq le disait parfaitement bien, en inaugurant ce fil : Les mariés de l'An II est un film qui ne s'arrête jamais et qui parcourt, avec le même bonheur de rythme, la France de l'Est à l'Ouest, de Nantes à ce qui pourrait être Valmy…

Distribution impeccable, avec un Belmondo qui était encore un grand acteur, dans un rôle qui lui va comme un gant, et une Marlène Jobert piquante et séduisante à souhait ; puis, outre ceux que j'ai cités, un Pierre Brasseur assez sobre et un Mario David, factotum chouan du Prince, très convaincant.

Scénario élégant, intelligent et vif, musique, images de Claude Renoir, décors d'Alexandre Trauner, moyens importants (le film a été tourné en Roumanie)… fallait-il plus pour tourner cette remarquable réussite ?


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De frety, le 10 mars 2008 à 00:18

Il m'est toujours difficile de ne pas penser à Philippe de Broca lorsque l'on cite Rappeneau tant les deux cinéaste donnent à leurs films une légèreté et un rythme semblable. Ainsi ai-je pendant longtemps cru que Le sauvage était de Broca et cela va de même avec Les mariés de l'an II.

Il est difficile de ne pas penser à Cartouche : même genre de musique, même rythme , même bon goût pour les costumes, l'épique et l'aventure. Les deux réalisateurs utilisèrent souvent les mêmes acteurs généralement Montand Belmondo ou Noiret, sachant trouver chez leurs interprètes la jeunesse, le goût du littéraire ou même du sport !

Il aurait été finalement amusant que les deux hommes travaillassent ensemble un scénario et le missent à jour ! cela aurait pu donner un film à coup sûr abouti, à tout le moins inspiré.

On remarquera aussi dans ces Mariés la présence de Patrick Dewaere à la fin, jouant un Chouan ou je ne sais plus trop quoi ; amusante rencontre entre la révolte post-soixante-huitarde et celle de 1794 .


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De Arca1943, le 10 mars 2008 à 02:47

Des films comme Cartouche ou Les Mariés de l'An II, c'est la meilleure veine de la comédie d'époque à la française, titres auxquels selon les goûts de chacun on pourrait ajouter par exemple La Tulipe noire, Benjamin ou les mémoires d'un puceau, Mon Oncle Benjamin, Dames galantes, Ridicule. Riche filon, pas évident à exploiter – et forcément coûteux, comme toujours avec les films historiques – mais qui vaut vraiment la peine. Je m'ennuie un peu, beaucoup de ce genre de films.


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