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Sujet : Erreur de casting ?


De Le Ju, le 29 avril 2003 à 14:59

C'est un bon film.

Et le contexte historique n'est heureusement pas trop pesant.

Les acteurs sont très bon, les confirmés comme les petits jeunes… mais Isabelle Adjani … Quelle erreur de casting ! Absolument pas crédible dans son rôle de jeune actrice aux dents longues… les foulards (et autres accessoires) ont du mal à camoufler les marques de lifting… dommage!

Mais le film vaut la peine d'être vu !


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De Jean-Jacques, le 30 avril 2003 à 11:01

Sans être méchant, il y a bien longtemps qu'Adjani n'est rien d'autre qu'une erreur de casting.


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De Moonfleet, le 30 avril 2003 à 11:18

Oui mais Rappeneau avait déjà réussi à la canaliser comme il pouvait dans 'Tout feu tout flamme' : il faut être un génie pour y arriver et je lui fais encore confiance :-)


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De Ohwhoho, le 5 février 2007 à 11:43

Isabelle Adjani, une erreur de casting… ce genre de réflexion est affligeante, Isabelle Adjani est et reste une des meilleures actrices du cinéma français en dépis de la médiocrité coutumière des critiques la concernant, au passage revoyez Adèle H., Camille Claudel, Margot ou Adolphe


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De Impétueux, le 29 juillet 2013 à 21:37
Note du film : 3/6

On aimerait bien aimer Bon voyage, en premier lieu parce que Jean-Paul Rappeneau est un cinéaste exigeant, intelligent, rare (Bon voyage est son dernier film et date tout de même de dix ans), qu'il se donne les moyens de faire du vrai cinéma, et non pas du téléfilm. Et puis l'idée de filmer l'effroyable panique qui a saisi la France dans les six semaines de mai et juin 1940 qui ont vu son effondrement, la ratatouille politicienne de la Chambre du Front populaire votant les pleins pouvoirs à Pétain et les premiers germes de la Résistance était belle…

Mais c'est raté, ce n'est pas à la mesure du Rappeneau qu'on aime, qui brille aussi bien dans la comédie virevoltante (La vie de château, Les mariés de l'an II, Le sauvage) que dans l'intelligente adaptation de grandes oeuvres (Cyrano de Bergerac, Le hussard sur le toit). Je ne sais pas très bien pourquoi ça ne fonctionne plus ; ou plutôt, j'ai ma petite idée là-dessus, que j'exposerai un peu plus avant.

Rappeneau s'est entouré de talents incontestables (musique de Gabriel Yared, par exemple) ; il n'a pas manqué de moyens, et aux scènes de panique dans un Bordeaux envahi par la cohue des fuyards il ne manque ni l'aigrette d'un chapeau d'élégante, ni le bouchon de radiateur d'une Delahaye. L'intrigue est cocasse, farfelue, virevoltante, elle se nourrit de coïncidences impossibles, de rencontres inimaginables, d'opportunités invraisemblables, mais c'est une loi du genre et on n'a pas à chipoter son plaisir quand tout est bien enlevé : ce genre de situations fait partie du décor, et en tout cas de l'esprit du récit picaresque et, quand ça fonctionne, on s'y laisse facilement emporter, comme on s'abandonne aux rebondissements des aventures de Tintin.

Patrick Modiano a collaboré au scénario, cosigné avec Rappeneau : c'était donc l'assurance de disposer, sur cette période trouble où les repères s'effacent et où, littéralement, tout est possible, d'un regard complexe, lucide, d'une sensibilité et d'une intelligence qui rabattent les jactances et les certitudes de notre bel aujourd'hui au rang des ignorances crasses. Et de fait, si on n'a pas à aller chercher dans Bon voyage les complexités ambiguës de Lacombe Lucien, on n'est pas non plus dans le simplicissime de la télévision. Si Aurore Clément s'offre une pige (excellente au demeurant, dans un rôle snob et glapissant), on ne devine pas encore les gestapistes sans illusion de l'été 44…

Il y a de très bonnes idées de distribution : des seconds rôles épatants (Michel Vuillermoz qu'on a rarement vu mauvais, en scientifique soucieux du col du fémur de sa maman, Édith Scob, aérienne et détachée) ; des acteurs dont le talent est toujours éclatant : Virginie Ledoyen en bas-bleu scientifique, attachée de physique au Collège de France (on devine qu'elle signera, après la guerre, c'est-à-dire largement après la fin du film, l'Appel de Stockholm, le manifeste des 121, qu'elle adhérera au Mouvement de la Paix et admirera Jean-Paul Sartre et plus encore Simone de Beauvoir et se réjouira de l'élection de Marguerite Yourcenar à l'Académie française). Gérard Depardieu est assez crédible en politicien dépassé par l'ampleur de l'événement ; de toute façon, il disparaît assez vite du paysage, ce qui déséquilibre un peu le film. Mais surtout Yvan Attal, comédien instinctif, toujours juste, toujours saignant, capable d'interpréter tous les rôles. Et Grégori Dérangère (tiens, qu'est-il devenu, celui-là, depuis dix ans ?) porte plutôt bien son rôle de héros presque malgré lui…

Mais, au moment du tournage, alors qu'il avait déjà 32 ans (mais que sa physionomie assez juvénile collait assez bien à son personnage), Isabelle Adjani en avait elle 48 et, si bien maquillée, éclairée et estompée qu'elle était, marquait néanmoins son âge et ne pouvait passer pour l'amie d'enfance de Dérangère ; ces artifices-là, jadis courants, passaient assez bien la rampe, parce que la moindre qualité de l'image et le Noir et Blanc dissimulaient des évidences. Jouer la gamine capricieuse la cinquantaine presque atteinte n'est pas gage absolu de succès.


Est-ce ça qui marque le film, qui fait qu'on se lasse un peu de cavalcades et de trémoussements excessifs ? Je crois que oui. Et c'est bien dommage, parce qu'il est bon de voir, de la plage de Soulac, à l'embouchure de la Gironde, des jeunes gens partir pour Londres rejoindre ceux qui ont choisi le bon camp, parce qu'ils ne se résignent pas à voir leur pays envahi.


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De vincentp, le 30 juillet 2013 à 11:09

Je n'ai pas vu ce film et me garderai donc de formuler un jugement à son égard. Mais peut-on incriminer le semi-échec d'un film, semble-t-il, à une seule erreur de casting ? Il y a peut-être l'emploi de schémas scénaristiques usés jusqu'à la corde. Cette période de l'histoire de France commence à être aussi encombrée. Lacombe Lucien, Monsieur Klein, L'armée des ombres, Le silence de la mer, Un condamné à mort s'est échappé,…, constituent des classiques portant sur cette période de l'histoire de France. Les nouveaux arrivants doivent s'y confronter…

Quant à Isabelle Adjani, dont j'ai apprécié nombre de ses interprétations, il me semble qu'elle est, malheureusement pour elle, en perte de vitesse dès le milieu des années -80. Elle incarnait la jeune fille vive et spontanée des années -70 et ses qualités de cette époque se sont retournées contre elle par la suite. Contrairement à des avis émis sur ce forum, je ne suis pas du tout convaincu par exemple par son jeu de Mortelle randonnée.


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De Impétueux, le 30 juillet 2013 à 12:37
Note du film : 3/6

Je ne crois pas que la période ait été tellement examinée que les récits puissent lasser ; d'ailleurs les Étasuniens n'ont cessé de filmer leur toute petite histoire sous des dizaines d'éclairages : la conquête de l'Ouest, la guerre de sécession, le Vietnam, etc.

L'histoire de la guerre mondiale en France présente tant et tant d'aspects ! On peut se placer en 39 (ce serait intéressant de faire un truc sur la Drôle de guerre) ; en 40 (la débâcle, l'exode, les premiers mois de Vichy) ; en 41/42, les années noires vues du côté de la Résistance, de Vichy ou de la Collaboration ; en 43, l'année de l'espoir ; en 44, l'année de la Libération, mais aussi de l'Épuration ; en 45, les dernières tentatives allemandes… . Collabos, profiteurs du marché noir, résistants de l'Armée secrète, maquisards fuyant le STO, prisonniers évadés, combattants de la France libre…. Il y a encore bien des mines à exploiter…

Plus simplement je crois que Bon voyage ne fonctionne pas bien parce qu'il faut de la magie pour tourner quelque chose de virevoltant, où le spectateur est entraîné ; Rappeneau a réussi cela avec La vie de château ou Le sauvage, mais on rate quelquefois son tour de passe-passe.

Quant à Adjani, et même si j'idolâtre Mortelle randonnée, je crois qu'elle est bien davantage un mythe qu'une actrice…


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De vincentp, le 30 juillet 2013 à 16:00

Cette actrice réalisa des performances théâtrales mémorables dans les années -70, participa à de très bons films. Mais il me semble que son déclin est lié depuis trente ans à celui du cinéma français, que je qualifierais comme étant "en grande difficultés" actuellement, malgré une quantité importantes de bons films. Il manque aujourd'hui les oeuvres phares qui ont été produites en France des années trente jusqu'à la fin des années -60, voire avec un bémol jusqu'au milieu des années -80, et qui ont notamment assuré sa renommée à l'étranger.


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