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Sujet : J'ai honte !


De Impétueux, le 14 novembre 2021 à 19:42
Note du film : 0/6

Autant l'avouer tout de suite et avec quelque ostentation : je viens de replonger dans une de mes plus dégoûtantes passions, dans ma ridicule dépendance aux épouvantables nanards de la grande époque du cinéma français des années 50. Et qui plus est de façon volontaire et obstinée. À l'étal d'un soldeur de DVD, l'autre jour, j'ai repéré sur une pile un peu dissimulée, presque furtive, toute une collection de films invraisemblables à réalisateurs inconnus, à interprètes minuscules ou ignorés, des films qui devaient être projetés dans les lisières les plus extrêmes des arrondissements périphériques et dans les sous-préfectures les plus étriquées de nos belles provinces.

Mais comme ce masochisme-là ne me déplaît finalement pas, j'ai pris un certain plaisir morbide à regarder Folies parisiennes dont un titre alternatif est Pas de grisbi pour Ricardo. De fait c'est une horreur délicieuse, mais qui, grâce à son absolue nullité, dégage un certain parfum. Je tente de me mettre à la place des spectateurs qui allaient voir ça et qui ressortaient de la salle, aux fauteuils de bois, aux néons agressifs, aux murs glabres et poussiéreux sans en être trop mécontents. Je ne suis pas sûr de pouvoir me mettre à leur place, de rigoler à me faire péter la sous-ventrière, comme on disait à l'époque, de prendre plaisir aux bafouillements pénibles de Gabriello, de m'extasier devant la voix de ténor léger de Henry Laurens qui interprète le rôle de Ricardo, petit éclat artistique du film, qui semble être un Tino Rossi de chef-lieu de canton.

L'intrigue – qui ne se déroule qu'en 1h20, ce qui est largement suffisant – est parfaitement insignifiante mais s'amuse à se perdre en ramifications et quiproquos infinis. Elle joue sur plusieurs veines du cinéma comique de seconde zone, inépuisable mine de rigolades des années bon enfant : le folklore marseillais, l'accent, le verbe haut, la consommation assidue de pastis dans des bistrots d'habitués ; puis la bande de gangsters aussi peu malins que dangereux, mais prêts à prendre la mouche sur un regard torve ou un mot mal assuré ; puis encore la nullité assumée de la gendarmerie rurale, qui passe son temps à passer le temps, à jouer à n'importe quoi et à ne rien comprendre à rien ; puis enfin au monde frelaté (mais si peu !) des cabarets parisiens où des girls lèvent la jambe en cadence sur des rythmes syncopés.

Un brave mirliflore phocéen, Ricardo (Henry Laurens), qui écume tous les music-halls marseillais et qui, grâce à sa voix puissante et mièvre (eh oui, ça peut coexister !) remporte tous les radios-crochets du secteur est victime, avec son ami Mandrille (Fransined, le frère de Fernandel) d'un aigrefin, Boudol (Henri Arius) qui se présente comme un impresario influent et lui offre un contrat mirifique aux Folies parisiennes, se prétendant Legorget, le patron de l'établissement.

Grisés par cette opportunité magnifique, Ricardo et Mandrille se dirigent vers la Capitale. Mais à la suite d'un quiproquo idiot et de l'intervention de la belle garce Brigitte (Dora Doll), les deux crétins, suspectés d'être des policiers tombent aux mains de la bande que dirige Bep (Gabriello). Il leur sera difficile de rejoindre Paris où le véritable Legorget (Jean Tissier) est bien interloqué de ce charivari.

J'arrête là, parce que ça n'a aucune importance ; que ceux qui auraient la fichue idée de s'inquiéter se rassurent : tout finira bien.

Le film a-t-il du charme ? Pas vraiment. Y a-t-il deux ou trois répliques qui méritent d'être citées ? On les cherche. Un numéro d'acteur qui amuse ? On ne voit pas trop. Des images de girls affriolantes ? Que nenni ! Il n'y a rien. C'est sans doute pour ça que j'ai passé plutôt un bon moment.


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