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Sujet : Raging bœuf miroton


De Impétueux, le 31 décembre 2018 à 18:16
Note du film : 0/6

Triomphe commercial – peut-être le plus éclatant de Jean-Paul Belmondo avec 5,5 millions d'entrées en France – choisi pour être le premier film diffusé sur la chaîne cryptée Canal + lors de son inauguration, le 4 novembre 1984, L'as des as est une véritable catastrophe industrielle, une nullité qui confine souvent au grotesque et qui perce même souvent le plancher du ridicule, notamment dans les scènes finales censées se dérouler au Berghof de Bertchesgaden qui sont du niveau des pires horreurs de Philippe Clair (avec Paul Préboist). La seule qualité de ce truc pitoyable est l'élégance des tenues portées par Marie-France Pisier, qui parvient, malgré un rôle totalement idiot et insignifiant, à tirer son épingle du jeu.

C'est vrai, je ne suis pas très amateur du travail de Gérard Oury ; en tout cas même si, encore bien jeune, j'ai pu, à leur sortie sur les écrans, apprécier Le corniaud, La grande vadrouille ou Le cerveau, de plus récentes visions m'ont confronté à un cinéma vieillot, nourri d'archétypes d'une grande banalité et animé de plaisanteries de garçon de bain. Mais enfin c'était assez bon enfant et il y avait par ci, par là, deux ou trois gags amusants qui permettaient de faire passer la pilule et de passer à autre chose.

Mais lorsque le réalisateur et sa co-scénariste et fille Danièle Thompson décident de se frotter à la grande Histoire et à se hausser du col en tenant un discours consensuel et humaniste, ça part dans tous les sens. J'avais noté une identique faiblesse dans Rabbi Jacob, des deux mêmes, mais la vivacité, l'énergie de Louis de Funès dans, sans doute, un de ses meilleurs rôles, parvenaient à hausser le film.

|L'as des as, ce n'est rien si ce n'est une suite de séquences mal cousues qui tirent toutes à la ligne et qui ne parviennent jamais à arracher le moindre sourire (à un amateur un peu exigeant sur la qualité, il est vrai ; il a bien dû y en avoir qui ont rigolé à se faire péter la sous-ventrière). Il est vrai que mélanger dans un récit l'abominable folie du national-socialisme en tenant tout un peuple – il est vrai prédisposé à ça – sous le talon de fer du Démon et les péripéties habituellement confiées au grand sourire et aux muscles d'acier de Jean-Paul Boum-Boum Belmondo était une gageure à la réussite improbable. Je ne voudrais pas tomber dans l'hyperbole et la vertueuse indignation, mais enfin, le nazisme, ça ne se plaisante pas, ça ne se ridiculise pas. Je n'ai jamais beaucoup apprécié Le dictateur où l'histrion Charlot tentait ainsi de régler son compte à la Bête. et j'ai un souvenir très gêné d'une monstruosité intitulée Le Führer en folie (de Philippe Clair, comme par hasard) qui faisait honte. (Mais Les producteurs de Mel Brooks, allez-vous me dire ? Eh bien je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas une sorte de fascination masochiste morbide dans la représentation vouée au bide et qui est un immense succès ; se reporter à ce film).

Tous les lieux communs du monde se retrouvent dans L'as des as, toutes les légendes culpabilisantes : on entend encore dire ici et là que les athlètes français aux Jeux de Berlin ont défilé en effectuant le salut nazi alors qu'ils exécutaient le salut olympique institué aux Jeux d'Anvers en 1920 ; on prétend encore qu'Hitler a quitté le stade pour ne pas avoir à saluer Jesse Owens après la première de ses quatre victoires (sur 100 m), alors qu'il est depuis longtemps prouvé que le programme de sa journée ne prévoyait pas qu'il pût être présent à la remise des médailles ; on présente un aristocrate tudesque, Günther von Beckmann (Frank Hoffmann), général d'aviation, comme un des premiers opposants au nazisme, comme si toute l'Allemagne ne s'était pas jetée avec volupté (au moins jusqu'en 1944 !) dans les bras de son Chancelier adulé…

Et puis la fin du film, déjà évoquée, mais vraiment accablante. Hitler (Günter Meisner) s'y voit doté d'une sœur jumelle, femelle frustrée qui ne peut souffrir l'existence d'Éva Braun. Je renonce à aller plus loin tant c'est imbécile. Et cette bouse a réuni 5,5 millions de spectateurs. Étonnez-vous après ça !


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De fretyl, le 3 janvier à 17:48
Note du film : 1/6

Un Belmondo très paresseux en effet… Je ne supporte pas non plus le thème sonore de Cosma.

Il est vrai que mélanger dans un récit l'abominable folie du national-socialisme en tenant tout un peuple – il est vrai prédisposé à ça – sous le talon de fer du Démon et les péripéties habituellement confiées au grand sourire et aux muscles d'acier de Jean-Paul Boum-Boum Belmondo était une gageure à la réussite improbable. Je ne voudrais pas tomber dans l'hyperbole et la vertueuse indignation, mais enfin, le nazisme, ça ne se plaisante pas, ça ne se ridiculise pas.

Dans ce cas je ne pourrai que vous déconseiller les nombreux sketchs et les nombreuses allusions qu'ont pu faire sur scène les provocants Desproges ou Dieudonné qui pour le moins qu'on puisse dire n'y allaient pas avec le dos de la cuillère pour sur scène rire non pas même du simple Nazisme mais plus encore des camps de la mort, des douches, des convois, avec une liberté de ton qui met à la fois mal à l'aise mais dont la dérision est telle qu'il est impossible de ne pas en rire.


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