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Forum : Gente di Roma

Sujet : Avis


De Arca1943, le 12 septembre 2004 à 16:17

Les estimables auteurs de cette fiche sur DVDtoile. com ont rendu à cette comédie de moeurs un très bel hommage en la qualifiant de… "documentaire". Que voulez-vous, c'est qu'elle donne une telle impression de réalité, de vérité…

Le cinéma d'Ettore Scola, comme d'autres, s'est beaucoup ressenti de la crise à la fois culturelle et financière qui s'est abattue sur Cinecittà au cours des années 80. Une crise dont les tenants et aboutissants restent, à mes yeux de spectateur étranger, fort mystérieux – mais passons. J'ai une affection certaine pour Concurrence déloyale, par exemple; mais comparé à ce qu'il a déjà fait sur le même thème, soit comme scénariste (La Marche sur Rome, Anni ruggenti) ou comme réalisateur (Une Journée particulière), c'est sur que ça vole moins haut, ne serait-ce que pour des raisons budgétaires…

C'est pourquoi ce Gente di Roma, que je viens de voir au Festival des films du monde de Montréal, est une très heureuse surprise, que j'accueille avec une sorte de soulagement : ah, maestro, enfin je vous retrouve ! Ettore Scola dans ce film s'est enfin souvenu de ce qu'il a toujours été d'abord et avant tout : un des plus grands humoristes du cinéma, un observateur inimitable des us et coutumes, qui reprend dans ce film le fil perdu (ou en tout cas passablement brouillé, ces dernières années) du fameux commandement du scénariste Cesare Zavattini : "prendre l'homme en filature".

Malgré les sous-titres anglais, ça riait vraiment beaucoup dans la salle bondée où nous nous pressâmes par un dimanche pluvieux pour rire des Romains. La construction du film renouvelle une tradition très italienne qui oscille entre le film choral et le film à sketches; elle nécessite la maîtrise de cet art inimitable que les critiques et les intellectuels italiens ont tant méprisé, et tellement à tort : celui du "bozzetismo", qui permet de croquer un personnage par quelques traits acérés, soigneusement choisis. (Croquer, dirais-je, dans les deux sens du terme ! ). C'est cet art qui permet, par exemple, de raconter l'histoire sans paroles – à cause de la musique techno tonitruante, on n'entend pas un mot du dialogue – de trois lesbiennes qui s'échangent des regards. C'est la fin d'un couple et le début d'un autre, la fin d'un amour et le début d'un autre en à peine une minute, une minute et demie au plus…

"When it's not broken, don't fix it", dit le proverbe américain. (Quand une chose n'est pas brisée, ne la répare pas ! ). Eh bien, il me fait plaisir de retrouver ici intacte la "drive" satirique de A l'italienne, auquel Gente di Roma me fait irrésistiblement penser tant par le fond que la forme.

D'ailleurs, on pourrait même en profiter pour accrocher ce vieux wagon de Nanni Loy à cette modeste mais solide locomotive : pourquoi pas un DVD double des deux films, dans le style hier / aujourd'hui? Histoire de signaler que si les moeurs, en quarante ans, changent du tout au tout (et encore…), pour ce qui est des méthodes pour les attraper sur le vif, on n'a toujours pas fait mieux.

Arca1943


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De Impétueux, le 11 février 2005 à 18:55

Damned ! (comme disent vos voisins méridionaux) Je suis devancé ! (comme s'exclament les personnages des les romans-feuilletons de l'avant-dernier siècle lorsque, parvenant dans la crypte au trésor, ils s'aperçoivent qu'un plus habile ou un mieux informé est passé avant eux!)

Voilà que, par pur hasard, j'aperçois le DVD de ce film dont jamais, jamais je n'ai entendu parler. Comme le grand Scola s'est fait un peu oublier ces temps-ci et que je crains que sa production ne se soit affadie, je n'achète pas le DVD, mais me prépare à mettre un message complaisant sur DVDToile en appelant au secours la compétence universellement reconnue en matière de films italiens d'Arca1943.

Et voilà que je tombe sur sa critique de septembre ! Il a vu le film, le monstre, et il l'a commenté !!!

Bon. Comme ça je vais l'acheter…

Et lui faire une confidence à trois balles : si je n'étais français et parisien, je ne supporterais que d'être italien et romain (et florentin, les années bissextiles) !


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De Arca1943, le 13 février 2005 à 23:38

Moi aussi, si je n'étais pas Montréalais, je serais volontiers de Monreale, en Sicile… Ou peut-être siennois? Mais reste à savoir de quelle contrada : ça ne se choisit pas à la légère. Mais dites, pourquoi «Florentin les années bissextiles?» Il y a là comme une inside joke qui m'échappe… Mais passons. Puisque, devant mon enthousiasme pour L'Homme à l'imperméable, Impétueux a eu la bonne grâce de m'avertir que certains aspects du film pouvaient quand même laisser à désirer – apparemment les bagarres seraient moins réussies que dans The Matrix – je dois lui retourner l'avertissement, en disant bien que, pour le cinéma italien d'aujourd'hui, j'ai tendance à être indulgent, car il faut être indulgent avec les patients comateux en attendant qu'ils se réveillent (et il faut même leur parler, comme nous l'a récemment appris Almodovar). Gente di Roma a été un grand plaisir pour moi, mais ce n'est pas non plus l'oeuvre du siècle, quand même. Par exemple, il y a un sketch qui dure trop longtemps pour rien avec les drapeaux du PDS (ex PCI) sur la piazza… (Alors, camarade Scola, on fait campagne?). C'est un film fait de bric et de broc, avec des moyens réduits, où la parole occupe une grande place. Un peu inégal, aussi, comme la plupart des films construits sur ce principe (au fond, même Les Monstres est inégal). Cela dit, je ne me dédis pas non plus : c'est bien le Scola le plus drôle depuis des années. D'autres l'ont dit avant moi, mais voilà : ils sont fous, ces Romains !


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De paul_mtl, le 30 juin 2006 à 05:19
Note du film : 2/6

Ce documentaire m'a plutôt décu. 4/10

Scola nous montre le racisme contre les immigrés.

Ok parfait et quoi d'autre ?

la vie a Rome de ses habitants.

L'idée de départ peut paraitre interessante mais la réalisation est un peu trop molle.

Une approche minimaliste qui n'est pas modeste mais un peu pretentieuse et agacante.

J'avoue avoir usé plusieurs fois de la touche >>

Peut être le moment de prendre ta retraite Ettore et de laisser la place aux jeunes talents italiens.

Ne crois tu pas ?

Et un grand merci pour ton travail passé.


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De vincentp, le 25 décembre 2009 à 22:51
Note du film : 4/6

Bon film contemporain, chronique sociale conduite sur un mode humoristique assez réussie… avec en particulier ces dialogues détonants entre personnages enterrés, dans la grande tradition de la farce bouffonne italienne. Gente di Roma rappelle certains films de Jim Jarmush (Une Nuit sur Terre), ancrés dans le réel, relativisant les clivages sociaux, via quelques instants de la vie de gens ordinaires. Au-delà des clivages sociaux : le citoyen romain éternel, gesticulateur, imaginatif, et si possible bien sapé… C'est à dire Jules César, dont on aperçoit la statue ?


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De Arca1943, le 31 août 2011 à 19:02

Il a formé avec Ruggero Maccari un des trois tandems stables de la comédie italienne puis de la comédie à l'italienne (les deux autres étant Age-Scarpelli et Benvenuti-De Bernardi), passé réalisateur au milieu des années 60 avec un succès grandissant, il avait relativement bien survécu à l'effondrement du genre à la fin des années 70, passant à un cinéma plus "d'auteur" avec des films comme Le Bal ou La Nuit de Varennes (que j'admire même si je n'y suis pas aussi attaché qu'à ses satires populaires). Avec Macaroni, il effectua un retour à la comédie qui fut très mal vu par la critique. Sa production subséquente, malgré un beau film comme La Famille, me laisse plus dubitatif. Mais comme dernier film, Gente di Roma, tout en n'étant pas le Pérou, est plus qu'honorable et boucle la boucle en permettant à Scola de renouer avec sa meilleure veine, fondée sur l'observation humoristique des moeurs et un sens très professionnel de la caricature.

Il va me manquer. Je vais lui écrire pour tenter de le persuader de faire son come-back !


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