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....lointain, hélas !


De Impétueux, le 14 septembre à 15:04
Note du film : 2/6

C'était l'époque où Jean-Paul Belmondo, immense vedette, alternait entre des rôles de policiers désinvoltes et peu attentifs au Code de procédure pénale et des parodies où il pouvait donner le meilleur de lui-même. Tout au moins lorsque les scénarios étaient à la hauteur et que le réalisateur était Philippe de Broca qui lui avait donné un des deux ou trois meilleurs rôles de sa vie dans L'homme de Rio. Mais après Le Magnifique, en 1973 (déjà un double rôle !) et surtout L'Incorrigible en 1975, Broca a dû sentir que la veine était un peu lasse. Le public en demandant encore et encore, c'est Claude Zidi qui s'y est collé pour tourner L'Animal en 1977.

Zidi était une sorte d'assurance tous-risques pour les producteurs à qui il faisait gagner beaucoup d'argent, avec la série des films des Charlots, engagée par Les bidasses en folie en 1971, avec La moutarde me monte au nez de 1974 (pour profiter du succès du lunaire Pierre Richard, avec L'aile ou la cuisse – un des moins mauvais films de Louis de Funès. Claude Zidi n'est d'ailleurs pas dépourvu de tout talent, puisqu'en 1984, il mettra en scène les excellent Ripoux. C'est donc lui, en 1977, qui reprend le flambeau des parodies de Belmondo, avec une distribution dense, qui se paye même le luxe de placer au premier plan féminin Raquel Welch, une des jolies filles les plus spectaculaires du cinéma et que, dans le film, on détaille sur toutes les coutures. Ce qui n'est évidemment pas un reproche.

Le reste de la distribution, autour des deux stars, est solide: les amis fidèles Julien Guiomar et Charles Gérard, mais aussi Aldo Maccione, qui comptait, à l'époque ; et une kyrielle de têtes jadis connues (Henri Génès, Mario David) ou qu'on allait bientôt connaître (Josiane Balasko, Richard Bohringer). Et les invités d'une séquence : Claude Chabrol, Johnny Hallyday, Yves Mourousi Jane Birkin. Pour qui pense comme moi que la qualité d'un film passe beaucoup par la qualité des seconds rôles, voilà un bon point !

De prime abord le scénario ne paraît pas mauvais et le regard placé sur les utilités du cinéma, ceux qui courent le cachet et sont tenus pour des moins que rien par toute la smala des réalisateurs et assistants, des directeurs techniques et des acteurs de premier rang est intéressant ; ceci même s'il est loin d'être aussi acide qu'il pourrait l'être et tourne trop à la farce. Michel Gaucher (Jean-Paul Belmondo), ce cascadeur minable et maladroit qui rate à peu près tout ce qu'on lui demande et entraîne dans ses malchances sa ravissante fiancée Jane Gardner (Raquel Welch) n'est pas mal dessiné.

Pourtant le début du film est assez poussif et ne s'accélère que lorsqu'intervient l'autre élément du scénario : la parfaite ressemblance de Gaucher avec Bruno Ferrari, idole chérie du public mais trouillard majuscule qui ne veut pas prendre le moindre risque dans un film censé être d'action. L'efféminé Ferrari, perpétuellement entouré d'une cour de folles piapiatantes, doit donc être doublé. Et au casting, évidemment c'est son sosie parfait qui est retenu. Cette partie de l'histoire n'est pas du tout réussie ; et pourtant, paradoxalement (ou non ?), c'est là que Michel Audiard claque ses meilleures répliques (mais enfin il ne s'est pas foulé beaucoup).

Toujours est-il qu'il y a beaucoup de scènes pénibles et languissantes. Belmondo fait ce qu'il peut, virevolte et cascade, réussit même un réel exploit en se débattant avec un avion, mais ne parvient pas à sauver L'animal de la médiocrité.


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De verdun, le 30 août 2014 à 11:36
Note du film : 2/6

Même en ne s'attendant pas à un grand film, revoir L'animal fut une bien sévère déception…

Certes, le générique disco accompagné de la musique de Vladimir Cosma est sympa. Certes Raquel Welch est resplendissante même si sa voix est doublée. Certes les cascades sont restées spectaculaires. Certes Aldo Maccione est plus sobre qu'à l'accoutumée. Certes le scénario contenait des idées intéressantes telles le double rôle de Belmondo ou la peinture de tous ces sans-grades du cinéma. Certes quelques rares scènes comme ce qui se passe dans le château évoquent les réussites de De Broca.

Mais il en résulte un film d'une grande platitude, plombée par un scénario inconsistant, et un humour extrêmement lourd et répétitif. Les effets comiques tombent le plus souvent à plat, notamment l'incarnation douteuse par Bébel de la star homosexuelle maniérée. Cela aurait pu donner une comédie à l'italienne féroce mais il en résulte un produit commercial inabouti, peu aidé en outre par une mise en scène sans éclat et une photo plate et parfois datée (on a connu Claude Renoir plus inspiré).

Revoir L'animal est bénéfique: il prouve que la médiocrité de la comédie française à succès ne date pas d'hier.


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