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Bond dé(cons)truit


De verdun, le 12 octobre à 23:07
Note du film : 2/6

James Bond a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide : il s'agit de sauver un scientifique qui vient d'être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d'un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes technologiques…

Repoussé plusieurs fois suite à la pandémie, le vingt-cinquième James Bond produit par Eon Productions est enfin sorti en salles ce mercredi 6 octobre. C'est dire s'il était attendu par les fans.

Hélas, Mourir peut attendre est encore plus agaçant que son prédécesseur, 007 spectre.

Plus agaçant parce qu’encore plus long. Cette fois-ci on en a pour 2h43 de projection ! Pourquoi pas bientôt un Bond aussi long que Guerre et paix ? Et il va de soi que rien ne justifie cette durée « fleuve ». Le film est trop souvent interminable. Plus grave, le scénario est de la même trempe que celui de 007 spectre, à la fois plat et terriblement alambiqué. Etait-il nécessaire de mobiliser pas moins d’une demi-douzaine d’auteurs pour accoucher d’un script aussi fourre-tout, obscur, et incapable d’exposer clairement les faits et les motivations du personnage, notamment celles de méchant ? Cela ne sert à rien d’être passéiste mais on peut tout de même regretter la fluidité de Goldfinger et de Dr No. Et même les épisodes de la période Roger Moore les plus ratés avaient au moins le mérite de DIVERTIR.

Plus agaçant car encore plus politiquement correct. Toutes les aspérités du personnage ont été gommées. Bond devient féministe. Son matricule 007 a été confié à une jeune femme de couleur et Q milite pour les droits des « gays ». Je n'ai rien contre les idées "woke" mais je pense qu’elles ont davantage leur place dans un meeting de Sandrine Rousseau que dans les aventures du héros inventé jadis par Ian Fleming.

De toute évidence, les auteurs ont voulu faire leur Au service secret de sa majesté, comme en témoigne la réutilisation de la musique de John Barry et de la chanson « We have all the time in the world » de Louis Armstrong. Mais ici ça ne marche pas parce qu'il est difficile de croire au couple Craig-Seydoux. Et dans Au service secret de sa majesté, le romantisme allait de pair avec la cruauté (du final) alors qu’ici tout semble gnan-gnan.

On peut retenir des qualités visuelles, quelques bons moments, des scènes d’action réussies, la superbe Ana de Armas et quelques surprises que je ne dévoilerai pas ici.

Accueilli avec scepticisme lors de sa nomination en 2006, Daniel Craig a incarné de façon marquante le personnage, sans toutefois égaler Sean Connery. Et deux des films auxquels Craig a participé, Casino Royale et Skyfall peuvent d’ores et déjà être considérés comme des classiques de la saga. Mais à la fin de Mourir peut attendre, on a le sentiment d’avoir assisté à la déconstruction de JB, devenu bien sage et ennuyeux, pour ne pas dire à sa destruction. Et ce alors que le public réclame 007 comme en témoigne le fait que les films précédents ont remporté un triomphe historique !

Et maintenant, que va t-il advenir de la saga ?


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