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Seul contre tous


De Viator, le 31 mars à 12:57
Note du film : 5/6

Extrait de la revue "Séquences ", avril 1962

En Angleterre, à l'occasion d'un vote de grève dans une usine, plusieurs ouvriers manifestent leur opposition parce qu'ils jugent futiles les raisons invoquées par ceux qui réclament un arrêt de travail. Ils continuent donc à occuper leurs fonctions à l'usine mais, à la suite de représailles, tous finissent par se retirer sauf un. Celui-ci, Tom Curtis, par fierté personnelle, refuse de se laisser dicter sa conduite par des menaces. Après entente avec les patrons, le travail reprend mais Curtis est mis en quarantaine par ses compagnons. Sa position est portée à la connaissance du public par les journaux et la télévision. Des jeunes ouvriers attaquent alors Curtis et le blessent gravement. Joe, un ami de la victime qui s'était jusque là tenu prudemment en dehors du conflit, corrige alors d'importance le jeune voyou. Puis il se présente devant les ouvriers qui veulent déclencher une nouvelle grève pour faire expulser Curtis de l'usine et leur fait comprendre l'injustice qu'ils vont commettre.''

La réalisation.

La principale préoccupation du réalisateur semble être d'assurer l'authenticité dans son film; on se sent loin des studios : l'usine, le logement exigu de Curtis donnent l'impression du vrai grâce à l'attention apportée aux détails. La démarche des acteurs colle au réel de même que le dialogue qu'on leur fait dire. L'ensemble du film a été photographié dans une lumière atténuée, ce qui lui donne une atmosphère de grisaille bien adaptée au milieu représenté et l'apparente quelque peu aux œuvres du néo-réalisme italien.Le rythme du film est plutôt vif, tout en s'adoucissant dans les scènes d'intimité. La montée de la tension se traduit par le montage rapide qui caractérise certaines transitions.Green semble d'ailleurs affectionner les transitions à effet de surprise : une conversation commencée entre le patron et le surintendant de l'usine se continue sur une même phrase mais en un autre lieu entre le surintendant et le délégué syndical. Certains de ces effets sont d'ailleurs plutôt mélodramatiques : ainsi un plan des enfants de Curtis se fige soudain pour devenir une photographie illustrant un article de journal, article qu'on épingle à un babillard en enfonçant une punaise à travers le visage du garçonnet.

Un travail d'équipe.

''The Angry Silence" est la première collaboration de Forbes avec Attenborough (et leur première production commune pour leur société Beaver Films). Richard Attenborough, qui se trouve être en même temps le producteur du film et son principal interprète, a confié à un reporter de la revue « Newsweek », l'origine du Silence de la colère. — « Brian Forbes et moi étions à tourner un film comme acteurs en Lybie; un jour que nous nous reposions pendant une tempête de sable, nous nous plaignions mutuellement du fait que nos talents n'étaient pas appréciés à leur juste mesure et qu'ils avaient souvent été mal employés. Nous décidâmes alors de former une compagnie de production, la Beaver Films. Michael Craig, un autre acteur, était là lui aussi et devant notre décision il s'écria : « J'ai une merveilleuse idée de film ». Après avoir entendu son projet, nous sommes tombés d'accord : c'était ce qu'il nous fallait, un drame d'actualité ». C'est d'ailleurs Guy Green, le réalisateur du film qu'ils tournaient alors, Sea of Sand, qu'Attenborough et Forbes choisirent pour la mise en images de leur projet. Green avait fait surtout jusque là des films d'action à thème policier ou guerrier, v.g. S.O.S. Pacific, The Snorkel, mais il a à son crédit des films plus importants comme The Mark et Light in the Piazza. Attenborough continue : « D'abord personne ne voulut nous avancer d'argent à moins de rendre notre sujet un peu plus « sexy ». Enfin British Lion accepta de nous financer à condition pour nous de réduire substantiellement le budget du film. Je m'aperçus que nous ne pouvions décemment couper qu'une seule chose : nos salaires. C'est ainsi que Michael Craig, Pier Angeli, Bryan Forbes, le réalisateur Guy Green et le compositeur Malcolm Arnold, acceptèrent de travailler pour rien… pas un sou. Nous ne comptions pour être payés que sur les profits éventuels.''

Le film remporta le prix FIPRESCI de la Berlinale 1960, et fut nommé à l'Oscar du meilleur scénario original en 1961.

Entretien avec Michael Craig ici :

Blu-ray de l'édition restaurée parue en 2016, chez "Studio Canal" (pas de sous-titrage en français).


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