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Rareté absolue et occasion manquée


De vincentp, le 9 février à 22:50

Merci Verdun pour ces excellentes chroniques consacrées aux films de Fleischer, bien argumentées, avec un vocabulaire de tous les jours. En additionnant ces chroniques, avec celles d'autres contributeurs sur d'autres types de cinéma, j'ai le sentiment qu'on défriche peu à peu sur dvdtoile.com le cinéma d'auteur, le mettant à portée du grand-public. A chacun d'en juger…


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De verdun, le 4 février à 23:21
Note du film : 2/6

Rareté absolue, projetée ce soir dans le cadre de la rétrospective que la cinémathèque consacre actuellement à Richard Fleischer, The incredible Sarah est une biographie de l'actrice Sarah Bernhardt (1844-1923), sortie sur les écrans britanniques en 1976.

Le projet était prometteur car il s'agit du seul et unique biopic consacré à la plus importante actrice française du XIXe et du début du XXe siècle. De plus le rôle-titre a été donné à une des plus grandes comédiennes de l'époque, la britannique Glenda Jackson, qui venait de recevoir son deuxième oscar pour A touch of class. Et confier la réalisation à Fleischer, auteur de La fille sur la balançoire, somptueuse reconstitution des années 1900, semblait également une riche idée.

Hélas le résultat à l'écran est très décevant. Malgré la beauté des décors, des costumes, de la photo de Christopher Challis, un joli score de Elmer Bernstein et une interprétation irréprochable de Glenda Jackson, The incredible Sarah est un film figé et conventionnel qui aligne platement quelques épisodes de la vie glorieuse de la grande Sarah. Certes on peut sauver deux scènes homériques où l'on voit la comédienne casser le décor, la séquence représentant Sarah infirmière sur le front franco-prussien et le final mais le reste fait naître un sentiment d'ennui poli. On ne sent jamais la patte de Richard Fleischer tant la mise en scène est dénuée de souffle et de personnalité.The incredible Sarah donne l'impression d'avoir été réalisé par l'un des illustrateurs académiques du cinéma britannique de la même époque tels que Charles Jarrott ou Anthony Harvey. Nous sommes bien loin des biographies excentriques mais passionnées de Ken Russell.

Les conditions de production expliquent sans doute la relative médiocrité du résultat. Comme l'expliquait Richard Fleischer dans le livre que Stéphane Bourgoin lui a consacré en 1986: "Avec incredible Sarah, on a le cas d'un film dont le concept original était excellent et qui fut complètement sabordé par ses producteurs, les gens du "Reader's digest". Petit à petit ils "assainissaient" le scenario en y retirant tous les éléments scandaleux ou choquants". Ceci explique le désintérêt, perceptible à l'écran, de Fleischer pour ce film malgré sa joie d'avoir travaillé avec Glenda Jackson.

Quoiqu'il en soit le vrai et grand biopic -non aseptisé – sur l'incroyable Sarah reste à faire.


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