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Un excellent cru 1936


De Impétueux, le 3 septembre 2015 à 19:36
Note du film : 3/6

Le point de vue du météore (sur ce site) Florian est intéressant, bien argumenté et bien écrit. Mais moi-même grand amateur de Duvivier, j'ai bien du mal à le partager… Parce que tout de même…

Tout de même, deux ans avant cet Homme du jour de 1937 il y a eu La Bandera, un an auparavant La belle équipe et la même année Pépé le Moko et Carnet de bal, deux ans plus tard La fin du jour. Quelques uns des plus grands films du cinéma français. Et l'aimable pochade interprétée par Maurice Chevalier dénote énormément dans le paysage. Boulimique de cinéma, Duvivier ne pouvait vivre sans tourner, sans apporter sur les plateaux sa rigidité glacée et la rigueur de son regard technique. D'où, je suppose, l’immixtion dans sa filmographie de cette petite comédie agréable qu'on pourrait croire réalisée par un excellent artisan comme Henri Decoin.

Où est le pessimisme fondamental, viscéral, absolu de Duvivier là-dedans ? J'entends bien qu'on pourrait le trouver dans le récit de l'aventure de ce brave Alfred Boulard (Maurice Chevalier), électricien des faubourgs qui sauve la vie d'une grande comédienne, Mona Thalia (Elvire Popesco) en lui donnant son sang, puis est happé avec Suzanne (Josette Day) sa fiancée sans talent dans le monde du spectacle où ils ne recueilleront, l'un et l'autre, que des avanies. Le choc des mondes, l'humiliation des prolétaires devant les mondains, l'impossibilité de rattraper le train qui s'enfuit, la sage résignation des humbles devant les puissants… Oui, tout cela aurait pu, aurait dû donner à Duvivier assez de fiel, mais on n'en voit guère de trace. Il est vrai qu'il n'est pas foncièrement méchant comme l'était Claude Autant-Lara qui, de ces différences de classe fait dans La traversée de Paris un merveilleux et définitif constat.

L'homme du jour vaut beaucoup par ses acteurs. Ceux qui supportent Elvire Popesco en auront leur content.Les seconds rôles très typiques de ces trognes excentriques qu'on reconnaissait à l'écran sans en connaître le nom, Marcel Vallée toujours sublime crapule, Robert Pizani qui jouait souvent les homosexuels évaporés, Charles Granval, silhouette habituelle des films de Duvivier, tout comme Aimos, au destin ambigu… Renée Devillers sera bien meilleure quand elle aura pris quelques années de plus ; Josette Day n'a que l'intérêt historique d'avoir été la compagne de Marcel Pagnol et d'avoir incarné la Belle dans un des films les plus faux et les plus décoratifs du cinéma français.

Et Maurice Chevalier alors ? Ah, grande question ! L'homme du jour a évidemment été filmé pour permettre aux sages populations de la Creuse et de la Haute-Saône d'admirer sur les écrans cette immense vedette internationale dont on n'imagine pas aujourd'hui le succès planétaire qu'il a reçu. Aux temps où les chanteurs de variété étaient aussi des saltimbanques, des mimes, des acteurs, il est tout bonnement exceptionnel, dans Y'a d'la joie, dans Prosper dans Ah, Paris !, visage, voix et attitude mêlés. Mais c'est un monde enfui. On n'imagine pas, depuis des années, qu'un chanteur puisse regarder son public avec tant d'amour.


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De Impétueux, le 12 mai 2011 à 22:46
Note du film : 3/6

Eh bien, c'est précisément cela qui est bizarre : une accumulation de messages survenant, depuis quelques semaines, sur des films français rares d'avant-guerre. La récurrence et l'abondance de messages consacrés à ces œuvres connexes et marginales m'intéressent, mais me laissent un peu perplexe. Nous avons ici connu tant et tant de stupéfiantes agressions !

Enfin ! Nous verrons bien…


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