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Voici les derniers messages de ce forum :

Un sommet mésestimé du péplum


De DelaNuit, le 9 juillet 2012 à 16:31
Note du film : 6/6

L'un n'empêche pas l'autre… Et les romains ont eu les mêmes questionnements avec les jeux du cirque !


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De Tamatoa, le 9 juillet 2012 à 16:30

Du rififi chez les hommes, le rouge est mis, L'Affaire Thomas Crown, L'Arnaque, cinéma de loisir, n'ont jamais gangréné les esprits faibles ! Je veux dire qu'il y a eu une dérive notable dans le cinéma de pur loisir. Les dents de la mer, ça bouffe peut-être les hommes mais ça mange pas de pain. Doberman est un hymne gratuit à la violence ! Je me demande si c'est notre société qui inspire le cinéma ou est ce le cinéma qui "inspire" une partie de notre société ?


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Le rire des dieux


De vincentp, le 9 janvier 2012 à 20:20
Note du film : Chef-d'Oeuvre

A froid, je rejoins les bons arguments employés par Delanuit en tête de ce fil. La chute de l'empire romain est une analyse fine et brillante du pouvoir, de la psychologie de groupes politiques dans des contextes particuliers (fin de règne)… Et le sujet de base, la chute d'un empire, est parfaitement traité. Il manquait sans doute à la Rome de cette époque, basée sur la force, des mécanismes juridiques, et une déconcentration du pouvoir à ses frontières, pour perdurer (*). Je crois que la démonstration du récit dans ce sens, située à hauteur d'homme mais qui n'oublie jamais de s'élever au dessus de la mêlée du quotidien, est très convaincante. Jamais grandiloquente en tous cas (l'introduction du récit est une grande réussite en la matière).

La chute de l'empire romain reprend le canevas habituel d'une tragédie grecque (avec ses ressorts familiaux et psychanalytiques), que l'on retrouve souvent dans les films de Anthony Mann, y compris ses westerns (L'homme de la plaine par exemple). Le cinéaste, j'imagine, a du accentuer cet aspect du récit.

Une des forces du récit est d'éviter tout manichéisme. Le César Commode fait d'ambitions et de complexes est un être nuancé. Le sénat est constitué d'êtres réfléchis, mais aussi manipulables. Les choix politiques ou autres sont le fruit d'un processus complexe d'élaboration auquel nous sommes associés. Ce récit nous amène à réfléchir et à nous poser la question suivante : que ferions-nous à la place de ces personnages ? Nous désisterions-nous par exemple en faveur du candidat le plus légitime pour exercer le pouvoir ?

La musique est très élaborée (on y entend presque les "rires des dieux", par l'emploi répétées "de notes aiguës -a-t-elle inspirée celle de Patton?-), et je trouve supérieure à celle de Ben-hur (dans un registre comparable). Les plans sont de bout en bout magnifiques (ceux de la nature, mais aussi ceux du forum). Un travail somptueux sur la couleur, l'éclairage, les décors évidemment. J'ai été ébloui par une scène (en particulier) : l'entrée des troupes dans le forum immense, coloré en rouge sur fond blanc, et par la force du mouvement de la masse que contient cette séquence. Une chorégraphie de masse, en quelque sorte.

Ce film, comme Delanuit le suggère, était en avance sur son époque, par à la fois sa forme et son fond. Il n'est pas étonnant qu'il ait inspiré par exemple Gladiator.

Il est clair d'autre part que le support blu-ray rend justice au travail, au professionnalisme, au perfectionnisme, de Mann et de ses collaborateurs. Quelle débauche de moyens ! Les pièces du puzzle se mettent en place tout naturellement en haute définition, et l'on prend alors conscience du potentiel incroyable (en terme d'évocation d'idées, et de créations d'émotions) qu'il peut y avoir derrière une oeuvre cinématographique. J'ai eu l'impression d'avoir affaire à une oeuvre d'art gigantesque, en mouvement, en création et renouvellement permanent, qui interagissait avec mon imaginaire.

Je vais regarder avec intérêt maintenant les nombreux suppléments d'analyse de cette édition blu-ray, ainsi que ceux de Ben-Hur avant d'enchaîner, bien chaud, d'autres peplums comme Quo vadis ou La tunique… A suivre, donc !

Mais franchement, n'hésitez pas à investir dans un grand écran (j'ai maintenant un 54 pouces qui va très bien), un bon ampli pour le son (c'est important) et un bon lecteur blu-ray. Vous redécouvrirez de façon très favorable (pour un coût tout à fait raisonnable) de très nombreux classiques réalisés entre 1950 et la fin des années 1970.

(*) Le récit prend quelques libertés par rapport à la liberté historique, nous expliquent les suppléments du blu-ray, mais peu importe : on y croit.

Add-on 10/01/2012 : l'analyse du film par Jean Douchet (focalisée sur les types de plans employés ici par Mann) est très réussie.


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De vincentp, le 8 janvier 2012 à 23:25
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Film admirable, pure merveille cinématographique ! Les superlatifs me manquent pour décrire mon ressenti. Au diable, l'analyse ! Mais comment ai-je fait pour ne pas avoir croisé plus tôt cette fabuleuse réussite (qui porte si bien par le fond et la forme la touche d'Anthony Mann) ? De quoi inciter à la modestie quand on croit avoir établi, comme moi, une planification exhaustive pour découvrir tous les chefs d'oeuvre du cinéma. Il aura fallu le hasard d'une édition blu-ray bienvenue, et une bonne inspiration aussi pour croiser le chemin de La chute de l'empire romain !


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